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New York en ordre dispersé !

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En mai, la voile mondiale s’est donnée rendez-vous à New York. Problème (ou pas ?) : il faut y passer quasiment un mois pour vivre toutes les épreuves à venir en ce joli mois…

 

A commencer par les Louis Vuitton America’s Cup World Series qui se déroulent ce week-end devant Battery Park, au sud de Manhattan. Les six équipes dont Groupama Team France régateront dans l’Hudson River avec de nombreux pièges : les courants marins et les courants d’air causés par les grandes tours à proximité. Ce sera l’occasion de revoir Franck Cammas à la barre de l’AC45F qui avait terminé 4e à Oman début mars avec Adam Minoprio aux commandes.

 

Ces régates de catamarans à aile à peine terminée dimanche soir, place aux trois Ultimes de The Transat Bakerly qui devraient débouler sous le pont du Verrazano lundi ou mardi prochain. Partis cet après-midi de Plymouth, les concurrents mettront entre 8 jours (Ultimes) et 25 jours (Class 40, Pen Duick II) pour rejoindre Big Apple.

 

Parmi eux, les monocoques 60 pieds de la classe IMOCA. Pour eux, c’est à la carte pour rejoindre New York. Six d’entre eux ont pris le départ de la Transat Bakerly aujourd’hui (Le Cléac’h, Dick, Meilhat, Tolkien, Josse et Riou). Trois autres sont partis à leur guise à trois jours d’intervalle des Canaries en direction de Newport mi-avril (Destremeau, Heerema, Roura) dans une fausse course baptisée Marina Calero Solo Transat. Quant aux autres inscrits pour la transat retour New York-Vendée, ils ont préféré jouer la carte du convoyage pour rejoindre New York via Newport (Lagravière, Le Diraison, Amédéo, Thomson, etc.)

 

Les arrivées à New York vont donc se succéder tout le mois de mai avant que les IMOCA n’en repartent en course le 29 mai pour cette fameuse transat qui sera le vrai test grandeur nature entre les “foilers“ et les “archimédiens“ avant le grand rendez-vous de l’année, le Vendée Globe.

 

Bref, si vous avez des jours de récup’ à poser avant fin mai, il faut en profiter et filer à NYC, la City of Sails du mois de mai…

 

 

Grandes premières pour la Coupe

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New York, 1901. Charlie Barr, mythique barreur de la Coupe de l’America réalise le premier doublé de l’histoire avec le même bateau, Columbia, qu’en 1899. Un plan Herreshoff avec lequel il humilie une nouvelle fois Sir Thomas Lipton et lui inflige à nouveau un cinglant 3-0 à son nouveau Shamrock II, le même score que contre Shamrock I deux ans plus tôt.

 

115 ans plus tard, la Coupe de l’America est de retour à New York la semaine prochaine pour les Louis Vuitton America’s Cup World Series. Une grande première qui en appelle d’autres.

 

Un mois plus tard, pour la première fois dans la longue histoire de l’aiguière d’argent, des épreuves, même préparatoires, se disputeront sur un lac ! Le lac Michigan lorsque les LVACWS et les six équipes se rendront à Chicago du 10 au 12 juin.

 

Et pour l’occasion, ACEA, l’organisateur de la Coupe de l’America, a prévu encore d’innover avec cette grande plateforme d’une trentaine de mètres à laquelle les bateaux pourront s’amarrer pour faire la fête sur l’eau. Dessus, on y trouvera un DJ, de grands écrans LED et tout ce qu’il faut pour faire la fête tout en regardant les régates des AC45.

 

 

© photo : D.R.

 

La Reine du suspense !

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4 minutes et 4 secondes d’écart après 22 jours de mer… Une paille à l’échelle de l’Atlantique !  Frustrant pour les deuxièmes… Jubilatoire pour les vainqueurs !

 

Depuis sa création en 1992, la Transat AG2R La Mondiale sait concocter quelques arrivées d’anthologie avec larmes et cris de joie mélangés tant les arrivées sont serrées.

 

Mais le record du plus petit écart n’a pas été battu cette année. Il reste la propriété de Jean Le Cam et Roland Jourdain qui, en 1994, avaient devancé les deux cousins Bertrand de Broc et Marc Guillemot de seulement 63 secondes ! Mieux que les 98 secondes de la première Route du Rhum

 

Cette année, les glorieux vainqueurs sont Thierry Chabagny et Erwan Tabarly (Gedimat). A voir cette photo ci-dessous d’ Alexis Courcoux juste avant l’arrivée, on comprend encore mieux le faible écart en distance qui les séparent du tandem Nicolas Lunven / Gildas Mahé (Generali). Quelques centaines de mètres d’écart après une traversée de l’Atlantique de plus de 6000 km !

 

© photo : Alexis Courcoux / Pen Duick OC Sport

 

Skipper officiel du Figaro Gedimat, Thierry Chabagny est enfin récompensé de sa ténacité dans le circuit Figaro. Détenteur du Trophée Jules Verne sur Banque Populaire V avec Loïck Peyron, il courait après une première grande victoire en Figaro depuis maintenant 15 ans…

 

Pour Erwan Tabarly, la maturation a aussi été tardive avant sa première grande victoire en 2013 sur la Transat Bretagne Martinique. Quasiment le même parcours, sur le même bateau, mais en solitaire…

 

Plutôt du genre discret, les deux amis ont laissé éclater leur joie à l’arrivée. Après un joli coup de com’ les premiers jours grâce aux images filmées au large par leur petit drone, ils réalisent cette fois-ci un grand coup avec cette victoire en double dont ils se souviendront toute leur vie. De bon augure à deux mois de la Solitaire Bompard – Le Figaro

 

 

Un Tour bien serré ?

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Après les deux premiers rendez-vous de la saison au Spi Ouest France fin mars et au Grand Prix Atlantique début avril, la hiérarchie commence à se dessiner du côté des Diam 24.

 

En l’absence du podium 2015, constitué pour mémoire de Spindrift, Groupama et Combiwest, le jeu reste néanmoins ouvert cette année pour le Tour de France à la Voile 2016.

 

Quatrièmes du Tour l’an passé, les jeunes de Vannes Agglo – Golfe du Morbihan reviennent avec encore plus d’ambition. Quentin Delapierre et Mathieu Salomon font désormais partie des pros avec un nouveau sponsor, Lorina – Golfe du Morbihan. Vainqueurs d’une des cinq manches du Spi Ouest, ils terminent deuxièmes juste derrière Grandeur Nature Vérandas qu’ils avaient devancé d’une place l’été dernier à la fin du Tour.

 

Peut-on s’attendre à un duel au soleil entre les Bretons et les Méditerranéens menés par la famille Mourniac ?

 

Ce serait sans compter sur un nouveau concurrent sérieux en la personne de Nicolas Troussel, sur Crédit Mutuel de Bretagne. Troisième à La Trinité, puis deuxième à Pornichet, le double vainqueur de la Solitaire du Figaro apprend vite. Troussel ne jouera pas les faire-valoir au mois de juillet…

 

En recrutant Pierre Pennec, barreur de Groupama en 2015, le nouvel équipage de Teva Plichart, Trésors de Tahiti, ne cache pas ses ambitions. Et que dire de la belle victoire à Pornichet du Team France Jeunes skippé par Robin Follin, Champion du Monde de SB20 en 2015 ? Bref, ces cinq équipages vont s’en donner à cœur joie entre Dunkerque et Nice, sans oublier les surprises inévitables que réserve une telle épreuve, mélange de sprints sur l’eau et de marathons à terre entre les étapes.

 

Kiwi Magic à vendre !

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Sans Team New Zealand, la Coupe de l’America n’aurait pas la même saveur tant les Kiwis ont pesé dans l’histoire de l’aiguière d’argent ces trente dernières années. A l’exception de 1992 où ils ont terminé demi-finalistes, les Néo-Zélandais ont toujours disputé les finales de la Louis Vuitton Cup ou de l’America’s Cup (sauf l’édition 2010 exclusive entre Alinghi et Oracle).

 

Cette histoire néo-zélandaise a débuté à Fremantle en 1986 avec trois 12 Mètre JI baptisé New Zealand (KZ 3, KZ 5 et KZ 7) et surnommé Plastic Fantastic pour KZ 3 et Kiwi  Magic pour KZ 7. Parfaitement dessiné par Bruce Farr et skippé par Chris Dickson, KZ 7 a surclassé la concurrence ! Avec ce troisième Kiwi Magic, la Nouvelle-Zélande fit une entrée fracassante dans le monde de la Coupe avec 33 victoires en 34 matchs lors des trois Round Robin. Seul Dennis Conner sur Stars & Stripes 87 réussit à les battre lors du premier Round.

 

En demi-finale, Chris Dickson ne fit qu’une bouchée de Marc Pajot (4-0) et de son French Kiss. Grand favori de la finale, Kiwi Magic s’inclina pourtant 4-1 face à Stars & Stripes 87, le futur vainqueur de cette 26e Coupe de l’America.

 

Aujourd’hui basé à Newport, Rhode Island, Kiwi Magic est à vendre 295 000 $. Sa dernière apparition en compétition fut lors de sa victoire au Championnat Nord-Américain de 12 Mètre JI en 2012. Amoureusement entretenu par plusieurs propriétaires, Kiwi Magic est de toute évidence le plus performant des derniers 12 Mètres JI construits en composite dans le monde. Une légende est à vendre…

 

 

Kiwi Magic KZ 7le plus abouti des 12 Mètre JI est à vendre… © photo : DR 

 

La grande révélation !

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Avec le printemps, les 60 pieds IMOCA refleurissent et ressortent de leurs chantiers hivernaux. Parmi l’ancienne génération, seul Maître Coq, le monocoque de Jérémie Beyou, a opté pour le passage aux foils. Vincent Riou (PRB) y a renoncé par choix, Paul Meilhat (SMA), lui, ne l’as pas eu le choix suite à son accident et les dégâts occasionnés sur le bateau pendant ses trois semaines de dérive.

 

2016 sera l’année de la confrontation entre les foilers et les conservateurs de la dérive classique. La prochaine course, la Transat Anglaise fraîchement rebaptisée The Transat Bakerly, n’apportera pas beaucoup de réponses, si ce n’est de mesurer si les foils sont réellement handicapant au près.

 

Il faudra attendre fin mai et la nouvelle course New York – Vendée pour en savoir un peu plus. Une semaine de portant d’ouest en est à travers l’Atlantique Nord va permettre de comparer plus efficacement la réalité des performances de chacun. Et selon Jean Le Cam, il y aura des rires et des pleurs à l’arrivée en Vendée… Le Roi Jean, toujours à la recherche d’un partenaire pour disputer son quatrième Vendée Globe, se pose les mêmes questions que tout le monde sur la fiabilité et le gain réel de ces nouveaux appendices.

 

Mais en parallèle, le vice-président de la classe IMOCA qu’il est s’interroge surtout sur l’inflation constante des 60 pieds monocoques, malgré l’introduction des mâts et quilles monotypes. La prochaine élection du bureau de l’IMOCA, prévue la semaine prochaine, risque d’être une nouvelle fois animée entre les partisans au passage à la monotypie totale, et ceux qui préfèrent rester en prototype.

 

Oman sur la Coupe ?

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Si la Volvo Ocean Race, un temps étudié, n’est plus d’actualité pour Oman Sail, la Coupe de l’America semble sérieusement intéresser le Sultanat. L’organisation ce week-end du premier Louis Vuitton America’s Cup World Series de l’année était une sorte de galop d’essai pour les équipes de David Graham, le pdg anglais d’ Oman Sail.

 

Et le bilan est plus que positif à l’issue des deux journées de courses en AC45F. A la fois du côté du public qui a répondu présent, mais aussi côté business pour les partenaires des équipes. Un point non négligeable lorsqu’on parle America’s Cup !

 

Lancé en 2008, le programme Oman Sail est devenu un acteur majeur du monde de la voile et emploie plus de 250 personnes, en grande majorité omanaise. La participation d’une équipe omanaise à la 36e Coupe de l’America serait une grande première pour un pays du Moyen-Orient.

 

Un tel choix n’enterrerait pas pour autant une future participation à la Volvo Ocean Race, mais la repousserait de quelques éditions. Selon Sidney Gavignet, interrogé à l’arrivée de la Sailing Arabia EFG – The Tour, la Volvo Ocean Race intéresse toujours Oman Sail, car ce sera un très bon levier de communication pour développer le tourisme. Mais ils préféreraient que la VOR passe en multicoque one design, qui est plus dans la culture d’ Oman Sail et de Sidney qui naviguera encore cette année sur son MOD 70 Musandam – Oman Sail.

 

Cap sur Oman !

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Comme les cyclistes ou les golfeurs, l’hiver les marins mettent le cap sur la péninsule arabique, et surtout vers le Sultanat d’Oman.

 

Cette semaine, c’est l’ EFG Sailing Arabia – The Tour qui se dispute en Farr30 entre Dubaï, Abu Dhabi, le Qatar et Oman. On y retrouve plusieurs skippers et équipiers français dont Sidney Gavignet (EFG Bank Monaco), actuel leader, Nicolas Lunven (Al Mouj, Muscat) ou Cédric Pouligny (Team Zain).

 

Ce week-end, les vitesses vont monter d’un cran devant le golf d’Al Mouj, à Mascate, où les AC45F vont voler pour le premier Louis Vuitton America’s Cup World Series 2016. Même si Franck Cammas, toujours en rééducation, ne sera pas à la barre de Groupama Team France, l’équipage tricolore tentera de se rapprocher du niveau des meilleures équipes que sont notamment Emirates Team New Zealand et Oracle Team USA.

 

Et dans trois semaines, ça volera encore avec le premier Acte des Extreme Sailing Series nouvelle version. Finis les Extreme 40 et place aux GC32. Pas de bateau français mais au moins un équipier avec Nicolas Charbonnier sur Alinghi, double vainqueur en 2008 et 2014, qui fait son grand retour sur ce circuit.

 

La Classe Américaine !

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Dimanche dernier à Clearwater, en Floride, Billy Besson et Marie Riou n’ont encore une fois laissé que des miettes à leurs adversaires ! Une écrasante domination qui leur permet de décrocher un quatrième titre de Champions du Monde d’affilée ! Bravo à nos Marins de l’Année 2015…

 

Même l’immense Jeannie Longo avec ses 13 titres de Championnes du Monde n’a jamais réussi la passe de « quatre à la suite » comme dirait Julien L.

D’autres, l’ont fait avant eux évidemment. On pense tout de suite à Teddy Riner, Antoine Albeau, Sébastien Loeb, Patrice Martin, Félicia Ballanger et bien d’autres Champions du Monde tricolores. Mais ce quatrième titre d’affilée reste une performance assez rare dans le sport français…

 

De quoi célébrer ça dignement, non ?

 

Eh bien non ! les Américains avaient claqué tous leurs billets verts dans le Super Bowl une semaine plus tôt…

 

Pour fêter leur 4e titre, Billy et Marie n’ont eu le droit qu’à un petit podium – de nuit et sans lumière ! – et à un pauvre poster encadré de la baie de Clearwater… Génial ! Allez, circulez, on s’en fout de vos petits catas qui volent !

 

Oui, vous avez bien compris. Pas de drapeau français, pas de Marseillaise, pas de champagne… Et cerise sur le gâteau – si j’ose dire ! – pas de médaille d’or !!! Un Championnat du Monde sans médaille ? Il n’y a que les Américains pour oser ça…

 

Et ça veut organiser les JO à Los Angeles ? Pfff… Allez Paris 2024 !

 

 

Heureusement que Billy et Marie avaient emporté un drapeau dans leurs bagages ! © photo : Laurens Morel.

 

 

La force de la Coupe !

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On le dit et le répète – sans en être totalement sûr d’ailleurs ! – la Coupe de l’America est le plus vieux trophée sportif au monde. Son origine remonte à 1851 autour de l’île de Wight.

 

Depuis 165 ans, cette épreuve hors du commun a fait tourner les têtes des hommes les plus riches, de JP Morgan à Larry Ellison.

 

Mais elle a surtout, grâce à des moyens colossaux, permis de faire progresser l’architecture navale à chaque époque. Et de donner le ton de la voile du futur…

 

C’est d’autant plus vrai aujourd’hui depuis le passage au multicoque.

 

Depuis que la Coupe de l’America se dispute sur des multicoques qui volent sur l’eau – il n’y a que deux ans et demi faut-il le rappeler – tout le monde se met au multi, et tout le monde veut voler !

 

La classe des Moths à foils connaît un succès mondial.

 

Les catamarans de sport à foils se démocratisent, à l’image du Flying Phantom.

 

Cette année, le circuit des Extreme Sailing Series délaisse ses vieux Extreme 40 pour passer aux GC32 qui volent depuis deux saisons.

 

Le World Match Racing Tour ! Oui, ce vieux bastion des défenseurs du monocoque a fini par craquer à son tour ! Les épreuves de match-racing se disputeront désormais sur le catamaran (non volant) M32.

 

Les trimarans Ultimes jouent plus ou moins eux aussi la carte des foils en vue de leur tour du monde.

 

Même les monocoques IMOCA ont adopté les foils ! Bientôt des voiliers de croisière en auront aussi…

 

Même si la Coupe de l’America n’a pas inventé les bateaux à foils – qui remontent aux années 50 – sa puissance entraîne tout le reste de la voile dans son sillage. Car, faut-il le rappeler, l’Hydroptère vole sur ses foils depuis plus de 20 ans ! Un exploit purement franco-français qui n’a entraîné personne dans son sillage…