Skip to Content

François le Phénomène

Par

Alors que les médias se sont emballés – à juste titre – sur l’exploit de Loïck Peyron, vainqueur à 54 ans de sa première Route du Rhum (pour sa 7e participation), il convient de souligner également la performance majestueuse de François Gabart qui, à 31 ans seulement, a remporté sa première Route du Rhum (en IMOCA) dès sa première participation !

 

Le phénoménal François Gabart n’a disputé que trois courses en solitaire sur le circuit des 60 pieds monocoques… pour trois victoires ! La Transat BtoB 2011 d’abord. Le Vendée Globe 2012-13 ensuite avec deux records à la clé : son chrono époustouflant de 78 jours et celui du plus jeune vainqueur de l’épreuve. Et maintenant la Route du Rhum 2014 avec encore un chrono record au passage (12 jours 11 heures, soit 7 heures de moins que Roland Jourdain en 2006).

 

Pour parachever sa domination sur ce circuit, il a mené la course de bout en bout, en contournant le premier la bouée du cap Fréhel pour ensuite mener la flotte IMOCA sans interruption jusqu’à l’arrivée… Chapeau !

 

François Gabart peut maintenant refermer son chapitre IMOCA pour se concentrer sur la fin de construction de son maxi-trimaran Macif 2 qui sera mis à l’eau en juin prochain. Nul doute qu’avec un tel phénomène de la voile, d’autres records vont tomber…

 

© photo : Alexis Courcoux / Pen Duick

 

Vers un nouveau record ?

Par

Cette 10e édition de la Route du Rhum en a déjà battu deux avant le départ ! Celui du plus grand nombre d’inscrits avec 91 bateaux amarrés à Saint-Malo (85 en 2010) et celui du plus grand voilier jamais inscrit à la reine des transats grâce aux 40 mètres de long du Spindrift 2 de Yann Guichard.

 

Un autre record pourrait bien tomber le week-end prochain. Celui du chrono de Lionel Lemonchois sur Gitana 11 en 2006 avec un temps de référence à battre de 7 jours 17 heures 19 minutes.

 

Si les alizés ne sont peut-être pas encore très fiables sur la seconde partie de l’Atlantique, les conditions météo des trois premiers jours sont en revanche favorables à des vitesses élevées. Avec 20 à 30 nœuds de sud-ouest au départ, donc pas de mer le long des côtes bretonnes, les Ultimes vont très vite atteindre la pointe Bretagne. Les marins solitaires attaqueront dès la première nuit la partie la plus difficile et risquée de ce Rhum : le passage d’un front froid avec bascule de vent du sud-ouest au nord-ouest et une très forte houle avec une mer croisée au large de la mer d’Iroise.

 

S’ils passent les premières 24 heures sans encombres, ils pourront ensuite profiter du toboggan atlantique pour descendre au portant à des vitesses de plus en plus élevées (au fur et à mesure que la mer sera moins casse-bateaux) vers les Canaries.

 

Des conditions météo qui ne s’annoncent pas trop favorables aux “petits“ MOD 70 – à cause de la mer très agitée – ni au très grand  Spindrift 2 – à cause des zones de transition à gérer – mais qui pourrait faire le bonheur des quatre autres concurrents Loïck Peyron, Thomas Coville, Francis Joyon et Lionel Lemonchois.

 

Reste à savoir si le retard pris par Yann Guichard dans les premières 24 ou 48 heures se rattrapera dans les alizés lorsqu’il faudra allonger la foulée ? Un scénario idéal en tout cas pour garantir un certain suspense à cette course… Et décrocher en même temps un nouveau chrono record !

 

MAJ 10.11.14 : Record battu ! Pour sa septième participation, Loïck Peyron a remporté la 10e édition de la Route du Rhum à bord du maxi trimaran Banque Populaire VII. En 7 jours 15 heures et 8 minutes, il bat le précédent record de 2 heures 10 minutes.

ACWS : 5 épreuves en 2015 ?

Par

Alors qu’en France tous les regards sont tournés vers Saint-Malo, les organisateurs de la 35e America’s Cup devraient annoncer ce week-end le calendrier 2015 des America’s Cup World Series (ACWS), le circuit préparatoire couru en AC45.

 

On sait déjà que ces petits catamarans à aile rigide seront dotés de foils monotypes ce qui devrait élever encore le spectacle de ces courses déjà impressionnantes. On savait aussi que ACEA, l’organisateur, avait demandé à chaque challenger d’organiser une épreuve dans son pays. Voici le calendrier qui pourrait être annoncé ce week-end :

 

La première épreuve aurait lieu en juin en Italie du côté de Cagliari. La deuxième à Portsmouth en Angleterre en juillet. La troisième en août en Suède, probablement à Malmö. La quatrième pourrait se disputer aux Bermudes en septembre ou octobre avant de terminer la saison en novembre à Auckland, en Nouvelle-Zélande.

 

La première info à retenir est donc qu’il n’y aura pas d’épreuve ni aux Etats-Unis ni en France en 2015. Team France serait donc le seul challenger à ne pas organiser d’épreuve dans son pays. Il faut dire que le trio Cammas/Desjoyeaux/Kersauson concentre plus logiquement son énergie à réunir le budget de fonctionnement du syndicat français qu’à chercher des partenaires pour organiser une épreuve sur nos côtes. D’autant qu’on évalue à 2 millions d’euros le coût d’organisation d’un ACWS ! Pour seulement deux journées de régates le samedi et le dimanche. Soit quatre à six régates au total !

 

Les prochaines semaines s’annoncent en tout cas cruciales pour l’équipe française qui doit non seulement régler le second million de dollars des droits d’inscription, mais aussi sécuriser au plus vite le budget total pour ne pas prendre trop de retard sur les autres challengers qui travaillent sans relâche depuis l’annonce de la nouvelle jauge en juin dernier…

 

Et le vainqueur est…

Par

 VPLP-Verdier à 99,9 % !

 

Déjà vainqueur en 2010 avec Franck Cammas en classe Ultimes, le tandem VPLP/Verdier avait raté le doublé Ultimes/IMOCA à cause du trublion Roland Jourdain qui, lui, s’offrait un vrai doublé sur le Rhum (2006 et 2010) à la barre d’un plan Lombard puis d’un plan Farr !

 

Mais cette année, le tandem d’architectes à la mode pourrait s’offrir un triplé Ultimes/IMOCA/Multis 50. Voir même un grand chelem pour Guillaume Verdier qui a dessiné les plans de plusieurs Class 40 au départ…

 

En Ultimes, VPLP-Verdier monopolise la flotte avec sept bateaux sur huit au départ. Seul l’Idec Sport (plan Irens/Cabaret) de Francis Joyon échappe à leur coup de crayon.

 

En IMOCA, ils n’ont “que“ cinq bateaux sur neuf au départ ! Mais peuvent compter sur les trois grands favoris François Gabart (Macif), Vincent Riou (PRB) et Jérémie Beyou (Maître Coq) pour leur offrir une première victoire sur le Rhum dans cette catégorie.

 

En Multi 50, C’est chacun pour soi ! Deux plans VPLP, ceux de Loïc Féquet (Maître Jacques) et Erwan Le Roux (FenêtréA-Cardinal) face à l’Actual d’Yves Le Blévec dessiné par Guillaume Verdier seul. Là aussi, trois des quatre favoris avec le plan Neyhousser/Verdier de Lalou Roucayrol (Arkema-Région Aquitaine).

 

Bref, la probabilité pour ce tandem de ne pas remporter le Rhum dans la moindre catégorie serait la conséquence de l’alignement de la lune avec l’étoile polaire et la comète de Halley !

 

12e tour !

Par

La Volvo Ocean Race s’est élancée d’Alicante samedi dernier. Une entame de première étape variée avec des conditions très changeantes en Méditerranée, les filles du Team SCA en tête à Gibraltar et un accueil sacrément musclé en Atlantique… Avec des bateaux désormais identiques aux vitesses donc quasi similaires, tous les ingrédients sont réunis pour faire de cette douzième édition du tour du monde en équipage avec escales une course une nouvelle fois palpitante. Et pourtant !

 

Oui et pourtant, pas facile de s’enthousiasmer pour cette nouvelle édition. Pourquoi ?

 

- Peut-être parce que la dernière avec le retour d’un équipage français 20 ans après La Poste et la victoire historique de Groupama nous avait enflammé et qu’il sera impossible de faire aussi bien cette année en l’absence d’un bateau français ?

 

- Parce que pour l’instant les rares photos et vidéos du bord ne sont pas encore transcendantes et ne nous ont pas plongé dans le cœur même de ce qui rend cette course exceptionnelle, c’est-à-dire la violence des éléments ?

 

- Parce que la proximité de la Route du Rhum nous concentre sur un autre événement majeur et qu’on s’intéressera peut-être plus à la Volvo Ocean Race après le Rhum ?

 

Pourtant, avec dix Français engagés (et même 11 avec l’excellent media man Yann Riou) dont un skipper, Charles Caudrelier (sur Dongfeng Race Team) et notre marin le plus titré en solitaire, Michel Desjoyeaux (sur Mapfre), cette 12e édition possède une jolie touche tricolore (nation la plus représentée !). Alors, ce n’est que le début, cette course dure neuf mois, et nous aurons peut-être tout le temps, cet hiver, de nous plonger dans cette épreuve légendaire.

 

Et vous ? Allez-vous suivre cette 12e édition de la Volvo Ocean Race ? Vous passionne-t-elle déjà ?

 

Michel Desjoyeaux à la barre de Mapfre croise Team SCA le long des côtes africaines… © photo : Francisco Vignale / Mapfre / Volvo Ocean Race

 

Premières loges

Par

Difficile d’être mieux placés que ces touristes pour suivre le départ des régates des Extreme 40 à Nice.

 

L’été joue les prolongations dans la baie des Anges où, si le vent n’est pas très violent, le spectacle est quand même au rendez-vous avec des régates serrées, accrochées et disputées au plus près du public…

 

Très bien parti hier, l’équipage de Groupama, avec Franck Cammas de retour à la barre, leader jusqu’à la 8e et dernière manche du premier jour, se bat encore dans le Top 5 pendant cette deuxième journée. La septième étape du circuit des Extreme Sailing Series se termine dimanche devant la Promenade des Anglais…

 

© photo : Loïc Le Bras

 

Et de six !

Par

Ils seront six nouveaux 60 pieds IMOCA mis à l’eau l’année prochaine en vue de la Transat Jacques Vabre 2015 et surtout du Vendée Globe 2016-17. Six nouveaux monocoques qui répondront à la nouvelle jauge IMOCA et qui sont tous dessinés par… VPLP/Verdier !

 

A défaut d’une monotypie stricte réclamée par près de la moitié de la classe IMOCA, c’est finalement une simili-monotypie que s’imposent d’eux-mêmes les coureurs avec ces six voiliers qui devraient beaucoup se ressembler.

 

Il est toujours étonnant de voir les effets de mode se succéder. Après le cabinet Finot-Conq qui a trusté les victoires pendant une quinzaine d’années – mais avec la concurrence d’autres grands cabinets d’architectes à ce moment-là – les coureurs se sont jetés sur le cabinet Farr dans le sillage de Jean-Pierre Dick, et maintenant sur le tandem VPLP/Verdier dans le sillage de Marc Guillemot.

 

Il y aura six nouveaux bateaux mais seulement quatre moules différents puisque les quatre premiers vont par paire. Ainsi, Safran 2 skippé par Morgan Lagravière qui remplacera Marc Guillemot l’année prochaine et Banque Populaire VIII pour Armel Le Cléac’h seront des sisterships, tout comme le Gitana 16 de Sébastien Josse et le quatrième 60 pieds IMOCA construit pour Jean-Pierre Dick, Paprec-Saint Michel.

 

Les deux derniers VPLP/Verdier à s’être annoncés seront donc issus de deux nouveaux moules. Il y aura le nouvel Hugo Boss du Britannique collectionneur de 60 pieds Alex Thomson et un nouveau venu dans la classe, l’Italien Andrea Mura, qui s’apprête à disputer la Route du Rhum dans la catérogie Rhum avec un Open 50.

 

Nouveaux 60 pieds IMOCA depuis la fin du Vendée Globe 2012-13 :

Nom / skipper / nationalité / architecte / mise à l’eau

1 – Spirit of Hungary / Nandor Fa / Hongrie / Nandor Fa / 2013

2 – Banque Populaire VIII / Armel Le Cléac’h / France / VPLP-Verdier / prévue printemps 2015

3 – Safran 2 / Morgan Lagravière / France / VPLP-Verdier / prévue printemps 2015

4 – Gitana 16 / Sébastien Josse / France / VPLP-Verdier / prévue été 2015

5 – Paprec – Saint-Michel / Jean-Pierre Dick / France / VPLP-Verdier / prévue été 2015

6 – Hugo Boss / Alex Thomson / Grande-Bretagne / VPLP-Verdier / prévue été-automne 2015

7 – Vento di Sardegna / Andrea Mura / Italie / VPLP-Verdier / prévue été-automne 2015

 

Foil semaine à Marseille !

Par

Première édition réussie pour le Marseille One Design avec même un passage au 20h de TF1 la semaine dernière ! Un événement appelé à devenir dans les années futures une épreuve de référence pour les bateaux qui volent, tant la rade sud de Marseille est un stade nautique merveilleux pour accueillir ce genre d’épreuve.

 

A côté des Diam 24, les futurs trimarans du Tour de France à la Voile, les Moths à foils et les GC32 ont survolé la rade sud avec bonheur. C’est la première fois que les GC32 faisaient escale en France, pour cette étape officielle de leur circuit mondial.

 

Ces catamarans à foils représentent l’avenir de la régate accessible aux équipages amateurs de sensation. C’était le cas de Sébastien Rogues, skipper passé par la Mini Transat et le Class 40 avant d’expérimenter ces fabuleux catamarans volants.

 

En attendant la prochaine édition, et peut-être de voir débarquer d’ici là à Marseille les AC45 pour une étape des America’s Cup World Series (on se souvient encore avec émotion du premier Louis Vuitton Act en 2004), il reste aujourd’hui de cette première étape phocéenne de superbes photos, dont celles-ci de Guilain Grenier, visibles également sur son site (ici).

 

© photos : Guilain Grenier

 

 

Adieu Monsieur Carcelle

Par

Yves Carcelle est décédé à l’âge de 66 ans. Bien trop tôt pour nous quitter. Mais qui est Yves Carcelle doivent se demander certains ? Un grand patron comme on en croise plus beaucoup de nos jours…

 

Tous les passionnés de voile, et de Coupe de l’America notamment, peuvent lui dire un grand merci. P-D.G de Louis Vuitton de 1990 à 2012, c’est lui qui a porté à bout de bras la Louis Vuitton Cup pendant toutes ces années. Sans lui, LVMH, la maison mère de Vuitton, aurait certainement arrêté le financement de cette série éliminatoire des challengers depuis bien longtemps. En 2013, la 8e Louis Vuitton Cup, qui n’opposait malheureusement que trois challengers en AC72, était probablement la dernière. C’est Yves Carcelle qui en avait signé le partenariat avant de prendre sa retraite. Il était passionné lui aussi par les bateaux et possédait depuis peu un magnifique yawl en bois de 1918, Runa IV, qui a fait l’objet d’un très bel article de Dominique Lérault dans le numéro 486 d’août 2011 de Voiles et Voiliers (à retrouver ici).

 

Yves Carcelle faisait aussi partie de ces rares patrons qui savent se rendre populaire. Abordable, aimable, souriant, jamais hautain, toujours prompt à la discussion et qui savait mouiller la chemise et animer la piste de danse jusqu’au bout de la nuit lors des mémorables soirées Vuitton qui précédaient les demi-finales de la Louis Vuitton Cup. Sur une base navale, un porte-avion, dans un théâtre rénové ou dans une immense cale de radoub de sous-marin, ces soirées glamour et toujours surprenantes ont marqué tous les marins de la Coupe de l’America qui y ont participé.

 

A sa famille, ses amis, à Bruno Troublé et Christine Bélanger, toute la rédaction de Voiles et Voiliers, par l’intermédiaire de ce blog, leur présente ses plus sincères condoléances…

 

Double page d’ouverture de l’article de Voiles et Voiliers d’août 2011. © photo : Dominique Lérault / Voiles et Voiliers

 

 

Le club des 5

Par

ACEA, organisateur de l’America’s Cup vient d’officialiser l’inscription des cinq challengers en vue de la 35e édition en 2017.

 

Rien de nouveau pour les lecteurs de ce blog qui connaissent depuis des semaines les noms des cinq challengers inscrits : Team New Zealand, Artemis, Luna Rossa, BAR Racing et Team France.

 

A la lecture du communiqué, on apprend – ce dont on ne doutait pas – qu’ACEA se réserve le droit d’accueillir d’autres challengers même si la période d’inscription est close depuis le 8 août.

 

On pense évidemment à l’équipe chinoise, à laquelle tient beaucoup Larry Ellison et pour laquelle il a envoyé Russell Coutts en Chine à plusieurs reprises en début d’année.

 

Mais aussi à l’équipe russe dont le dossier était bien engagé. Mais la guerre civile en Ukraine et les relations diplomatiques tendues entre les Etats-Unis et la Russie ont pour l’instant eu raison de ce potentiel challenger qui, selon les rumeurs, aurait été financé par Gazprom.

 

Enfin, on apprend que Sir Ben Ainslie, maintenant qu’il est officiellement inscrit, va devoir trouver un sponsor principal, suite au retrait de JP Morgan, son partenaire titre depuis 2007. La banque américaine justifie ce retrait en expliquant qu’il ne lui paraît pas opportun de soutenir un projet britannique dans le cadre de la Coupe de l’America face au defender américain !

 

Effectivement, le pauvre (c’est un euphémisme !) JP Morgan s’en retournerait dans sa tombe s’il apprenait que la banque à laquelle il a donné son nom soutenait un syndicat britannique ! Lui qui fut un éminent membre du New York Yacht Club et propriétaire de Columbia qui a défendu avec succès l’aiguière d’argent en 1899 et 1901 avec le célèbre Charlie Barr à la barre… S’il veut réécrire l’histoire et faire un pied de nez à son ancien sponsor, Ben Ainslie devrait se tourner vers la marque de thé Thomas Lipton, dont les Shamrock I et Shamrock II furent battus par le Columbia de JP Morgan !