Les décisions rendues lundi soir par le jury international (à lire ici) me surprennent énormément.

 

Concernant Vincent Riou :

Bien sûr, il y a un préjudice, et bien sûr il mérite réparation. C’est une véritable injustice pour Vincent Riou d’être privé de la fin de course. Mais j’avoue rester très perplexe par la décision rendue. Malgré toute l’admiration que j’ai pour l’acte réalisé par Vincent pour sauver Jean Le Cam, je ne comprends pas bien la logique qui veut qu’on lui attribue à l’arrivée la place qu’il occupait au moment du sauvetage et de son avarie de gréement.

 

Car si on pousse ce raisonnement qui ne prend donc pas en compte la distance restant à parcourir ni la position de ses concurrents, on peut donc imaginer que si Jean était en tête au moment de chavirer et Vincent le premier arrivé sur zone, peu importe avec 5 minutes d’avance sur d’autres coureurs, il aurait été classé vainqueur ex-æquo !!! c’est aberrant, non ?

 

Et qu’en est-il des 7000 milles restant à parcourir ? Soit plus d’un quart du parcours ? Oubliés, tout simplement…

Donc, une nouvelle fois, si on pousse le raisonnement jusqu’à l’absurde, si Jean avait chaviré trois jours après le départ, Vincent serait donc classé 1er, 3e ou 15e (en fonction de sa place du moment) sans avoir effectuer le tour du monde ???

J’avoue ne pas comprendre que ces deux points essentiels (distance et concurrence) ne soient pas pris en compte.

 

Et je suis tout aussi effaré de la décision prise concernant Armel Le Cléac’h.

 

Pour le sauvetage et l’assistance auprès de Yann Eliès, Marc Guillemot est crédité de 82 heures de bonification, soit deux heures de plus que l’estimation de routage réalisée par Météo France pour évaluer le temps perdu. J’applaudis des deux mains.

Mais alors pourquoi l’estimation de Météo France de 22 heures perdues par Armel est diminuée de moitié, sous prétexte, selon la décision du jury, que « pour tenir compte des aléas de navigation sur une distance aussi longue, l’estimation est diminuée de 50% et donc ramenée à 11 heures. »

 

La distance est pourtant beaucoup moins longue que celle de Guillemot !

Moi toujours pas comprendre.

 

Si quelqu’un peut m’expliquer, je suis preneur…

 

MAJ le 13/01 : Bernard Bonneau, le président du Jury, est passé aujourd’hui au PC Course du Vendée Globe et nous avons eu une longue discussion intéressante sur les décisions du jury.

Il en ressort que, même si ce n’est pas écrit noir sur blanc, le jury a tenu compte de nombreux autres paramètres. Et la décision n’aurait pas été la même si c’était arrivé deux jours après le départ. En revanche, cela ne l’aurait pas dérangé de déclarer deux vainqueurs si Vincent était en tête à ce moment-là ! Cette décision est une première dans l’histoire de la course au large et, forcément, elle fait débat car il n’y a pas de solution parfaite. Le souci du jury était avant tout que personne ne soit lésé, ni Vincent, ni ceux encore en course. Ils ont cherché un consensus en toute objectivité. Pour le coup, il faut reconnaître qu’aucun coureur n’a réclamé contre ces décisions qui satisfont tous les marins qui se sont exprimés sur le sujet. Dont acte…

Finalement, le principal point de cette histoire qu’il ne faut pas oublier est que ce pauvre Vincent ne méritait vraiment pas de finir son Vendée Globe à Ushuaia. Il est décidément poursuivi par la malchance. Après son démâtage sur la Barcelona, le requin pèlerin dans la Transat anglaise, la blessure au pied dans l’Indien, ses efforts, son talent, sa ténacité et son parcours tout en prudence ne sont  décidément pas récompensés. 

 

MAJ le 14/01 : Je me suis permis de changer mon premier titre après ma longue discussion avec Bernard Bonneau et de transformer l’adjectif "aberrantes" par "surprenantes" plus conforme désormais à mon sentiment concernant les décisions rendues par le jury…