Lorsqu’on discute avec des confrères qui couvrent épisodiquement la voile, leur première réflexion est souvent de dire : « on ne comprend rien à la voile, y a trop de courses ! » Je suis assez d’accord avec ce jugement.

 

Prenez l’hiver 2010-2011 par exemple. Les monocoques Imoca auront le choix entre la Route du Rhum, la Velux 5 Oceans et la Barcelona World Race qui – c’est quand même idiot – se dérouleront toutes les trois au même moment ! Trois courses complètement différentes qui éparpilleront la flotte des 60 pieds et brouilleront le message auprès du grand public. Dommage !

 

Mais ce n’est là qu’un problème de calendrier. En réalité, le plus navrant, ce sont toutes ces nouvelles courses annoncées à tout va, sans logique historique ou sportive, et qui, au lieu de répondre à une demande des coureurs, cherchent simplement à satisfaire un potentiel sponsor, institutionnel ou commercial, qui souhaite communiquer dans la voile. Drôle de raisonnement que de penser que c’est l’offre qui va susciter l’envie ! Résultat : en général ce sont des fiascos sportifs… et des investisseurs intéressés par la voile qui en repartent déçus.

 

 Regardez l’actuel Portimão Global Ocean Race. Avec quatre Class 40 en double et deux Open 40 en solo au départ d’un tour du monde avec escales, comment parler de course ? Avant la mi-parcours, il n’y a plus qu’un concurrent en solitaire et trois en double. C’est assez ridicule.

Souvenez-vous de la Route de l’Equateur. Une première édition financée par une dictature africaine avec trois VO 60 et deux 50 pieds Open au départ. La deuxième édition rassemblait sept Class 40 grassement rémunérés pour participer à une course qui n’attire pas les coureurs, si ce n’est pour ses primes faramineuses. Le tout arrosé de fallacieuses préoccupations humanitaires. Franchement honteux !

Oubliez la Saguenay-Les Sables. Une première transat en Mini 6,50, une deuxième en 50 pieds et puis s’en va. Merci and au revoir…

Disparues aussi toutes ces courses qui n’ont connu qu’une seule édition comme l’EDS Atlantic Challenge, The Race, l’Oryx Quest, la Regatta Rubicon, le Challenge Mondial Assistance, l’IB Group Challenge (Lorient-Nice), l’AS Lease Challenge, etc. Sans parler du fiasco de la reprise du Championnat Orma rebaptisé une saison la Multi Cup et du plantage complet du lancement des MOD 70 qui devaient remplacer les trimarans de 60 pieds…

 

Et que penser de toutes ces courses qu’on nous annonce chaque année au Salon Nautique ou ailleurs et qui ne voient quasiment jamais le jour ?

La World Sailing League : un circuit mondial de catamarans géants monotypes lancé par Russell Coutts et Paul Cayard en février 2007… Avorté.

Lorient-Les Bermudes-Lorient : Gros effet d’annonce pour le retour de cette transat 20 ans après la première et unique édition… Même sort.

La SolOcéane : le premier tour du monde à armes égales sur des monotypes de 52 pieds… Après des mois à recevoir des communiqués chaque semaine, plus rien ; elle a été discrètement reportée de 2009 à la Saint Glinglin faute de concurrents et d’acheteurs potentiels des bateaux.

Vendée-New York, Vendée-Saint Petersbourg et Vendée Arctique (Tour de l’Islande), annoncées à la volée, au détour d’une conférence de presse ou sur un ponton sablais. Elles sont à l’étude paraît-il. Une des trois solutions – plutôt la dernière – serait envisageable pour 2010. A suivre…

Brest Ultime Challenge : un tour du monde en solo en multicoque en 2011… Aura-t-elle lieu ? A partir de combien de maxi-multicoques pourra-t-on vraiment parler de course ?

 

Les effets d’annonces ne sont pas toujours suivis dans la réalité…