Voilà, c’était ce matin avant 4h27 que Thomas Coville devait arriver à Brest pour battre l’incroyable chrono réalisé l’année dernière par Francis Joyon en 57 jours 13 heures 34 minutes. Ce matin, Thomas croisait au nord des Açores, à environ 900 milles de l’arrivée, dans 30 nœuds de nord-ouest. Il est attendu à Brest dans la nuit de vendredi à samedi.

 


La course contre la montre est terriblement cruelle (j’en ai déjà parlé dans un billet ci-dessous). Car ce que vient de réaliser Coville mérite peut-être autant d’admiration que l’exploit de Joyon. Cet hiver, et comme les marins du Vendée Globe, Coville a rencontré des conditions particulièrement difficiles et semées d’embûches. Sans parler des icebergs qui bloquaient la route du Cap Horn ! Et pour couronner le tout, hier soir, il a subi l’un des plus gros coups de vent de son tour du monde comme il le raconte sur son site.  « J’avance ce soir par 30 à 45 nœuds dans 8 à 9 mètres de creux, sous trois ris sans rien à l’avant. Le bateau va vite mais il souffre, il monte à la verticale et là, il n’y a pas d’erreurs possibles. Le flotteur au vent est tellement exposé. Les filets avant se sont arrachés avec la force des vagues. »

 

En arrivant à Brest, Coville sera le troisième marin après MacArthur et Joyon à réaliser l’exploit de boucler un tour du monde en solitaire sans escale sur un multicoque. Qui plus est en moins de 60 jours avec à la clé le record des 24h (680 milles en solo !). C’est une performance éblouissante. Malheureusement, Thomas ne recevra pas les honneurs qu’il mérite à cause d’un marin aussi phénoménal que lui mais qui a mis deux jours de moins… Bravo quand même, Thomas. Pas grand monde n’est capable de réaliser ce que tu as fait.