Excellent régatier, drôle et attachant, Roland Jourdain ne méritait vraiment pas de terminer son Vendée Globe aux Açores, à quelques jours de l’arrivée, alors qu’il occupait la deuxième place depuis 47 jours ! Décidément, Bilou est poursuivi par la malchance sur le Vendée Globe. Après le rail de mât en 2000 qui le prive de la course à la victoire avec Mich Desj, la tête de quille en 2004 qui l’oblige à mettre le clignotant à gauche en Australie, c’est encore la quille qui met un terme à son aventure. Joli titre au passage de Jean-Louis Le Touzet sur Libération.fr, « c’est (malheureusement) la quille pour Roland Jourdain ».

 

©Roland Jourdain/Veolia Environnement/Vendée Globe

L’humour et l’art du déguisement de Bilou

 

Mais il reste un dernier exploit qui n’est pas assez souligné à mon sens. Celui d’avoir réussi à parcourir plus de 600 milles sans quille pour rejoindre le premier port sur sa route. En 2005, au large de Rio, Nick Moloney avait réussi à stabiliser son bateau à l’endroit, ce qui paraissait déjà ahurissant. Une semaine plus tard, c’est Mike Golding qui suscitait l’admiration en terminant troisième du Vendée Globe sans quille, perdue à 50 milles de la ligne d’arrivée. Hallucinant ! Là, l’exploit est, je trouve, encore plus impressionnant. 640 milles parcourus en haute mer ! Comme l’a dit Bilou à la vacation dimanche midi : « un bon marin est un marin qui revient au port avec son bateau. » Bilou est plus que jamais un excellent marin…