Dominic Bourgeois, grand ami d’Yvon Daniel, m’a envoyé hier soir ces deux portraits, photo et écrit, que je vous fais partager.

 

 Yvon Daniel à bord du catamaran Royale Atlantique au départ du dernier Vendée Globe (© photo :  Christine Vannier-Guillemot) 

 

" Yvon Daniel, coureur et ostréiculteur est décédé samedi soir lors d’un accident de plongée à La Trinité/mer. Ce Breton pur beurre était une figure emblématique dans tous ses secteurs d’activité, autant parmi les professionnels de la mer que chez les régatiers, les conchyliculteurs, les élus locaux, les coureurs au large, les sauveteurs de la SNSM… À 49 ans, Yvon Daniel avait vécu toutes les transformations de la plaisance, de la course et de la culture marine. Biologiste de formation, il a couru sur toutes les mers du monde avec les plus grands marins. Souvent en compagnie d’Yvon Fauconnier avec lequel il préparait son trimaran Umupro Jardin et de Jean-François Coste sur Cacharel lors du premier Vendée Globe 1989, il était aussi des périples océaniques aux côtés de Mike Birch (Formule Tag), d’Eric Tabarly (Euromarché), de Gilles Gahinet (J-24), de Philippe Poupon (Formule 40), de François Boucher (Saab), de Loïck Peyron (Lada Poch), d’Alain Gabbay (Charles Jourdan), de Jean Le Cam,… et tant d’autres.

 

Vice champion d’Europe de J-24 et planchiste, il a participé à tous les grands évènements des années 80 à 2009, du Formule 40 aux trimarans Orma, des maxi-multicoques post Québec-Saint Malo 2004, aux Open 7,50, aux Mini Transat, à la Whitbread, aux half et ¾ tonners, aux monotypes du Tour de France à la voile, à la Solitaire du Figaro, et récemment au monocoque Imoca avec Marc Guillemot. C’est avec le skipper de La Trinitaine et de Gitana X, puis de Safran qu’il a le plus navigué ces dernières saisons lors des Grand Prix Orma, puis pour la préparation du monocoque gris avant le dernier Vendée Globe.

 

Mais Yvon Daniel était un homme aux multiples facettes puisqu’il fut aussi du premier Raid en Mer de Chine et de Route de la Liberté avec Gérard d’Aboville et Henri Le Moing, sauveteur sur le canot SNSM de La Trinité/mer, plongeur, redoutable godilleur, plaisantin et souvent tout juste à l’heure ! Généreux, disponible et ouvert sur l’éventail des choses de la mer, il combinait sa passion pour la course avec la direction du chantier ostréicole que son père laissait après sa disparition prématurée, mais aussi avec une société de travaux maritimes. C’est lors d’une intervention en plongée sous les pontons de la Trinité/mer qu’il a exprimé son dernier souffle. Nous partageons l’immense tristesse de sa famille et de ses proches : qu’il navigue en paix dans un autre monde…"