Connaissez-vous la différence entre un automobiliste anglo-saxon et un français ? L’anglais respecte le code la route par crainte pour sa vie tandis que le français le respecte par peur de perdre des points sur son permis… Une sacrée différence de culture !

 

En plaisance aussi, les Anglo-saxons et les Scandinaves ont toujours eu 20 ans d’avance sur nous les Latins, en termes de sécurité. Et j’avoue – avec une certaine honte – que si cela n’avait pas été obligatoire pour courir en Mini 6.50, je ne l’aurais certainement pas fait.

 

Mais de quoi s’agit-il au fait ? Du stage de survie ISAF – imaginé vous vous en doutez par des Anglo-Saxons – désormais imposé par la FFVoile pour participer à des courses au large. Et comme je compte m’aligner au Mini Fastnet en juin prochain, j’ai donc passé une journée et demie à l’ENV à Quiberon ce week-end pour me remettre à niveau. Au programme : 12 heures d’enseignements dont plus de 3h30 de pratique (extinction d’un feu, nage en TPS, ouverture d’un radeau de survie, embarquement dans le radeau, utilisation de feux à main, etc.)

 

Avec ses faux airs de Corto Maltese et sa gouaille de titi parisien, Thierry Dubois dispense cette formation pour le compte de la CEPIM (Centre de Formation Professionnelle, d’Analyse et de Prévention des Risques), secondé par un sapeur-pompier ex-plongeur de la Marine pour la partie feux à bord et aussi pour tout le côté baignade en TPS autour d’un radeau de survie. Ce qui est loin d’être évident, surtout pour aller sous l’eau avec une telle flottabilité…

 

Thierry Dubois en pleine explication sur la bonne utilisation des gilets de sauvetage. Même sur ce sujet on en apprend encore…

 

Et très honnêtement, à la fin de ce stage, on en ressort convaincu que n’importe quel plaisancier qui possède un voilier, ou même en loue un occasionnellement, devrait suivre cette formation tellement elle est instructive. Loin d’être alarmiste, Dubois oblige à réfléchir à de nombreux aspects de la sécurité en mer. Et on y apprend pas mal d’astuces pour améliorer la sécurité du bateau et de son équipage.

 

Nous étions quatorze stagiaires ce week-end, venus de toute la France ou presque. D’Angoulême à Gravelines en passant par Paris, Granville et bien sûr la Bretagne. Dans le lot, plusieurs propriétaires-skippers sont repartis bien décidés à modifier un certain nombre de points sur leur voilier pour le rendre plus sûr.

 

Exercice d’allumage de feux à main. Chaque stagiaire y passe. Il est surprenant de voir le nombre de systèmes différents d’allumage. Percussion, tirette vers le bas, tirette sur le côté… Mieux vaut connaître le modèle que vous possédez pour les utiliser à bon escient le jour où…

 

Thierry Dubois prépare une fusée parachute pendant qu’un fumigène se consume derrière lui. Preuve de la défaillance possible de certaines, la première n’est pas partie !

 

Thierry Dubois – l’un des rescapés du Vendée Globe 96-97 – ne se contente pas de partager sa grande expérience en la matière. Depuis cinq ans qu’il dispense cette formation, il s’est enrichi des expériences des autres – notamment les stars de la course au large, eux aussi obligés de participer à ce stage – mais aussi d’expériences involontaires comme ce jour de l’année dernière où une fusée parachute lui a explosé dans la main, le brûlant au 2e degré. A force d’ouvrir des radeaux, d’allumer des feux à mains et de tirer des fusées parachutes presque tous les week-ends entre février et mai, il en connaît désormais un rayon sur toutes les marques et tous les modèles du commerce. Et à l’entendre, il y en a, très souvent les moins chers, qu’il vaut mieux ne pas acheter pour ne pas se retrouver avec un radeau de très mauvaise qualité ou des fusées défaillantes.

 

Bilan – et je me répète – ce stage est vraiment très, très instructif. Et à mon sens, il ne devrait pas être obligatoire que pour les coureurs du large. Mais la législation n’étant pas prête de changer de ce côté-là, je vous invite tous, vous plaisancier, à suivre un tel stage.

 

Info pratique : ce stage coûte 370 euros (-10% pour les membres de la Classe Mini), est valable 5 ans et s’adresse également à des plaisanciers soucieux de leur sécurité. Il y en avait d’ailleurs un parmi treize coureurs ce week-end… Alors, ne réfléchissez pas, allez-y. Ce stage est également organisé à Marseille, Lorient et aux Sables d’Olonne.

 

PS : à suivre dans quinze jours, le PSC1 (ou brevet de premiers secours), lui aussi obligatoire pour régater sur le circuit Mini.