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Monthly Archives: mai 2009

Hasard des calendriers…

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 En moyenne, en période de grandes courses comme le Vendée Globe, la Route du Rhum ou la Transat Jacques Vabre, je reçois près d’une cinquantaine de communiqués de presse par jour. En dehors de ces grands événements, cela tourne entre vingt et trente. Je ne les lis pas tous en entier, mais les parcours au moins tous en diagonal.

 

J’ai reçu aujourd’hui un communiqué sur la Seychelles Regatta. En temps normal, je n’y aurais pas prêté beaucoup attention, si ce n’est pour regarder quelle star de la voile est allé se dorer la pilule dans un petit paradis pour régater sur des bateaux de croisière – en l’occurrence des catas de location !

 

Mais le hasard du calendrier a voulu que je reçoive ce communiqué deux jours seulement après l’info à la hune de Jean-Luc Gourmelen sur notre site et titré le “cul-de-sac des Seychelles“ (à lire ici) racontant l’augmentation de la piraterie autour de l’archipel paradisiaque.

 

Alors du coup, j’ai lu le communiqué en entier avec plus d’attention. Et certaines déclarations n’ont plus le même écho lorsqu’on a lu juste avant l’article sur les pirates. Ainsi, le Directeur Marketing de l’Office de Tourisme des Seychelles, Mr Alain Saint-Ange, déclarant à la remise des prix : « ceci reflète avec exactitude que les Seychelles ne sont pas seulement un endroit parfait pour la voile, mais aussi pour savourer la diversité extraordinaire qu’elles offrent. » Une diversité qui se passerait bien de la mauvaise publicité que renvoie la piraterie. Bien sûr, cela ne concerne pour l’instant que les abords des Seychelles et ne remet en cause ni la tranquillité des palaces ni celle des loueurs de bateaux. Juste celle des tours-du-mondistes qui avaient planifié un détour par l’Océan Indien. Mais quand même…

 

Sinon, pour revenir à cette première Seychelles Regatta, dix stars de la voile ont tenté de régater sur des Leopard, Nautitech ou Lagoon et, comme d’habitude, à la fin c’est Michel Desjoyeaux qui gagne !

 

L’autre challenge

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 Actuellement, tous les passionnés de la Coupe de l’America attendent avec impatience le dénouement de la 33e édition pour enchaîner rapidement sur la 34e. Il reste des questions en suspend, comme la date exacte – bien que la cour de New York ait confirmé février 2010 ce qui va à l’encontre du Deed of Gift – mais aussi le lieu, même si Valence tient la corde, une surprise suisse n’est pas à exclure – verdict début août – et enfin le nombre de participants puisque les Italiens de Green Challenge ont déposé un projet de défi. Seront-ils acceptés par les Américains ? Auront-ils le temps de construire un trimaran ? Réponse sous peu…

 

Pendant ce temps, alors qu’on attend de voir s’affronter les plus incroyables trimarans jamais construits au monde, une bande de nostalgiques suédois s’est mis dans l’idée de reconstruire une goélette de 1852, Sverige, pour défier l’illustre goélette américaine, America, à l’origine de la Coupe éponyme.

 

Le logo du challenge suédois Sverige

 

Rappel historique

Le 22 septembre 1852, soit tout juste treize mois après la victoire d’America dans la Coupe des 100 Guinées autour de l’île de Wight, les Suédois entrent pour la première fois de l’histoire sur la scène de la régate internationale. Sverige (Suède en suédois) affronte ce jour-là America en duel autour de l’île anglaise. La goélette suédoise mène la course jusqu’à ce qu’une petite avarie de gréement l’handicape et permette à la goélette noire de s’imposer.

 

La goélette America représentée par le peintre Theodore Walter en 1851

 

160 ans plus tard, les Suédois veulent prendre leur revanche et défient le New York Yacht Club de reconstruire à l’identique la goélette America pour une double confrontation à Stockholm puis à Newport en 2012. Parmi les membres suédois de ce défi, on retrouve deux très grands noms de la voile suédoise, Pelle Petersson et Gurra Krantz. L’équipe suédoise estime à 3,5 millions d’euros le budget global pour reconstruire Sverige à l’identique, soit une goélette de 30 mètres de long pour 270 tonnes de déplacement.

 

Il ne reste plus qu’à les inviter à Brest 2012 et leur proposer un troisième challenge dans la rade de Brest…

Sacrés Anglais ! (2)

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 S’ils n’existaient pas, il faudrait les inventer !

 

Seuls les Britishs sont capables d’articles sérieux bourrés de dérision à l’image de cet article de Yachting Monthly titré « Les marins font de meilleurs amants : c’est officiel ».

 

Et accompagné de cette photo que je vous laisse apprécier (surtout vous Mesdames !).

 

Vous pouvez lire l’article en anglais dans son intégralité ici.

 

Vous y apprendrez qu’une étude de quatre ans portant sur 2000 couples néerlandais a mis en valeur l’effet de l’environnement sur la virilité des hommes.

 

Je vous passe les détails de l’étude, et surtout les méthodes et expériences diverses, pour en arriver directement aux conclusions.

 

« Les personnes ayant une activité de loisirs outdoor présentent un résultat bien supérieur à ceux qui n’en ont pas. Et ceux qui ont coché “bateau/voile“ parmi leurs trois principales activités affichent, en moyenne, un score presque deux fois supérieur à n’importe quel autre groupe. Idem pour la case occupation : ceux dont le travail était coché comme “maritime“ ont réalisé un score là aussi nettement supérieur à ceux qui travaillent sur terre. »

 

Dont acte. Vive la voile !

 

Et merci aux Néerlandais pour leur charmante étude, et aux Anglais pour leur humour impérissable…

 

Quel rapport ?

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 Autant j’écrivais dans un billet précédent tout l’intérêt à mon sens du stage de survie ISAF que je recommande une nouvelle fois à tout plaisancier régulier ou occasionnel, qui possède ou loue un bateau, autant je ne comprends pas bien pourquoi on nous impose depuis cette année de passer le brevet PSC 1 (brevet de secouriste) pour faire de la course au large…

 

le célèbre logo de la Croix-Rouge

 

Attention ! Je ne dis pas que cette formation est sans intérêt. Bien au contraire. C’est du bon sens civique et tout le monde devrait passer le brevet de secouriste. Je suis donc ravi de l’avoir fait et de connaître enfin les premiers gestes à réaliser… dans la vie de tous les jours. Mais quel rapport avec la course au large ? Aucun.

 

Seul le massage cardiaque pourrait être pratiqué en mer. Et encore. Ça ne sert qu’à maintenir la victime en attendant les secours. La technique pour aider une personne qui s’étouffe ? Allez, c’est vrai, celle-là pourrait servir.

 

Pour le reste, j’imagine mal mettre mon co-équipier en PLS (position latérale de sécurité) dans un bateau en mouvement. Quant à savoir qu’il ne faut pas manipuler quelqu’un présentant un traumatisme, ne pas donner d’eau sucrée à une personne qui vient de faire un malaise vagal (pour des raisons juridiques il paraît) et qu’il faut appuyer fortement sur une plaie pour stopper l’hémorragie en attendant les secours, je trouve ça très instructif pour le quotidien, mais totalement hors sujet pour la course au large.

 

Je comprends mieux l’agacement de Thierry Dubois lorsqu’il a évoqué la chose au cours du stage ISAF. « Vous allez faire un don de 60 euros à la Croix-Rouge pour apprendre à sortir une personne d’une pièce enfumée ! » ironisait-il. Pas complètement faux…

 

Auparavant, un module médical était appréhendé pendant le stage ISAF. Certes pas très long, mais au moins il était adapté à la course au large, ou à la plaisance hauturière.

 

Quitte à nous obliger à suivre de telles formations, autant que ça corresponde au maximum aux situations qu’on risque de vivre en mer. Non ? Les coureurs du Vendée Globe doivent suivre une formation médicale avec des médecins recommandés par Jean-Yves Chauve. 300 euros pour un week-end de formation. D’accord, c’est plus cher, mais nettement plus adapté…

 

En conclusion : le PSC 1 n’a aucun intérêt pour la course au large. Mieux vaudrait rallonger le stage de survie ISAF d’une demi-journée (et le passer à 2 jours complets) avec 4 heures consacrées au médical en mer.

Pas glorieux

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 Tel est le bilan de ma toute première transat virtuelle. 31 807e sur plus de 84 000 joueurs, pas de quoi sabrer le champagne à l’arrivée… Mais l’expérience était assez amusante – et franchement intéressante. Je n’en reviens d’ailleurs toujours pas que 84 400 personnes se soient inscrites à une transat totalement inconnue du grand public. Le succès de ces courses virtuelles est vraiment étonnant. Bravo à Philippe Guigné, le créateur de Many Players pour cette belle “success story“.

 

Concernant ma propre course, je pense avoir commis trois grosses erreurs, dont le résultat donne une trace en zigzag pas très académique…

 

 

Au point 1 d’abord, au passage du Cap Finisterre, où j’aurais dû prolonger plus longtemps mon bord vers le sud-ouest, plutôt que de virer pour aller chercher la bascule de vent dans l’ouest.

 

Il m’a ensuite fallu cinq jours de course pour réaliser au point 3 que les fichiers météo à 36 heures fournis par le jeu ne suffisaient pas pour établir une stratégie à long terme. C’est en allant chercher d’autres fichiers météo à 4 ou 5 jours que j’ai découvert que l’anticyclone des Açores allait redescendre au sud et me barrer la route. L’erreur du point 3 est donc d’avoir réagi trop tard au déplacement du centre anticyclonique. D’où un retour au sud-est au point 4 qui m’a rallongé la route, mais a limité les dégâts par rapport aux petits copains qui se sont fait scotchés dans les calmes de l’anticyclone.

 

Mais ma plus grosse erreur, finalement, c’est au point 2 que je l’ai commise, lorsque je n’ai pas cru une seconde à ce moment-là que la route nord pouvait payer. Pourtant, le vainqueur, Guinad, est passé par là – en restant même tout le temps au-dessus de l’orthodromie ! –  tout comme Laurent Voulzy, qui termine à une jolie 297e place à l’arrivée, et avec qui je me tirais la bourre au point 2

 

Merci donc au virtuel d’avoir montré qu’on pouvait rejoindre les Antilles sans prendre l’autoroute des Alizés. Je crois qu’en plus de 30 ans de course au large, depuis la première Route du Rhum, aucun vainqueur d’aucune transat “réelle“ vers les Antilles n’est passé au nord des Açores. Comme quoi, le virtuel n’est pas encore complètement semblable au réel…

 

Et c’est bien là les deux seules vraies critiques que j’aurais à formuler sur ce jeu pour le reste très réussi.

 

1- Pour faire de la stratégie à moyen et long termes, les fichiers météo à 36 heures ne suffisent pas.

 

2- Les vitesses au portant ne sont pas assez valorisées par rapport aux vitesses au près.Visiblement, le virtuel ne prend pas en compte les surfs du bateau. Du coup, comme les écarts de vitesse sont finalement assez faibles entre le près et le vent arrière, mieux vaut suivre sur une transat l’orthodromie plutôt que de se rallonger la route pour toucher des vents portants… Dommage. Ça fausse un peu la donne.

 

Cela dit, l’exercice était suffisamment intéressant pour le renouveler en septembre sur la Transat 6,50. En plus, il n’y pas de route nord possible pour aller à Bahia… ;-)

50,07 nœuds !

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 Incroyable… C’est une information passée totalement inaperçue sur le web, à part sur notre site voilesetvoiliers.com (à lire ici). Et encore – j’avoue – il faut la chercher un peu !

 

Ainsi, après les kite surf de Sébastien Cattelan et d’Alex Caizergues (toujours détenteur du record absolu avec 50,57 nœuds), les Australiens Simon McKeon et Tim Daddo sont les premiers à passer le mythique mur des 50 nœuds sur un “voilier“. Ou plutôt un engin de vitesse baptisé Macquarie Innovation et assimilé à un voilier.

 

Ce n’est pas rien tout de même !

 

Depuis le temps que des marins s’étaient mis en quête de ce graal. A commencer par Alain Thébault qui présentait il y a quinze jours en Suisse les plans de son hydroptère.ch, sorte de modèle réduit expérimental de l’hydroptère maxi sensé s’attaquer aux records océaniques. En attendant, Thébault vient de se faire souffler sous le foil pour la deuxième fois cette vitesse symbolique des 50 nœuds. D’abord par un kite, maintenant par un voilier. Dur pour celui qui y consacre sa vie depuis plus de 25 ans.

 

Alors, après le kite surf et le voilier, reste plus que la planche à voile… Antoine Albeau, qui a détenu pendant quelques mois le record l’année dernière avec 49,09 nœuds, aura sûrement à cœur d’être le premier windsurfer à rejoindre ce club fermé des “50“ (ou Fifty, ça sonne toujours plus branché en anglais !) et, pourquoi pas, ravir une nouvelle fois le record absolu… Vas-y Antoine, on compte sur toi pour être le prochain “Fifty“ !