Tel est le bilan de ma toute première transat virtuelle. 31 807e sur plus de 84 000 joueurs, pas de quoi sabrer le champagne à l’arrivée… Mais l’expérience était assez amusante – et franchement intéressante. Je n’en reviens d’ailleurs toujours pas que 84 400 personnes se soient inscrites à une transat totalement inconnue du grand public. Le succès de ces courses virtuelles est vraiment étonnant. Bravo à Philippe Guigné, le créateur de Many Players pour cette belle “success story“.

 

Concernant ma propre course, je pense avoir commis trois grosses erreurs, dont le résultat donne une trace en zigzag pas très académique…

 

 

Au point 1 d’abord, au passage du Cap Finisterre, où j’aurais dû prolonger plus longtemps mon bord vers le sud-ouest, plutôt que de virer pour aller chercher la bascule de vent dans l’ouest.

 

Il m’a ensuite fallu cinq jours de course pour réaliser au point 3 que les fichiers météo à 36 heures fournis par le jeu ne suffisaient pas pour établir une stratégie à long terme. C’est en allant chercher d’autres fichiers météo à 4 ou 5 jours que j’ai découvert que l’anticyclone des Açores allait redescendre au sud et me barrer la route. L’erreur du point 3 est donc d’avoir réagi trop tard au déplacement du centre anticyclonique. D’où un retour au sud-est au point 4 qui m’a rallongé la route, mais a limité les dégâts par rapport aux petits copains qui se sont fait scotchés dans les calmes de l’anticyclone.

 

Mais ma plus grosse erreur, finalement, c’est au point 2 que je l’ai commise, lorsque je n’ai pas cru une seconde à ce moment-là que la route nord pouvait payer. Pourtant, le vainqueur, Guinad, est passé par là – en restant même tout le temps au-dessus de l’orthodromie ! –  tout comme Laurent Voulzy, qui termine à une jolie 297e place à l’arrivée, et avec qui je me tirais la bourre au point 2

 

Merci donc au virtuel d’avoir montré qu’on pouvait rejoindre les Antilles sans prendre l’autoroute des Alizés. Je crois qu’en plus de 30 ans de course au large, depuis la première Route du Rhum, aucun vainqueur d’aucune transat “réelle“ vers les Antilles n’est passé au nord des Açores. Comme quoi, le virtuel n’est pas encore complètement semblable au réel…

 

Et c’est bien là les deux seules vraies critiques que j’aurais à formuler sur ce jeu pour le reste très réussi.

 

1- Pour faire de la stratégie à moyen et long termes, les fichiers météo à 36 heures ne suffisent pas.

 

2- Les vitesses au portant ne sont pas assez valorisées par rapport aux vitesses au près.Visiblement, le virtuel ne prend pas en compte les surfs du bateau. Du coup, comme les écarts de vitesse sont finalement assez faibles entre le près et le vent arrière, mieux vaut suivre sur une transat l’orthodromie plutôt que de se rallonger la route pour toucher des vents portants… Dommage. Ça fausse un peu la donne.

 

Cela dit, l’exercice était suffisamment intéressant pour le renouveler en septembre sur la Transat 6,50. En plus, il n’y pas de route nord possible pour aller à Bahia… ;-)