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Monthly Archives: juillet 2009

77 pieds pour Gitana 11

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 Il n’y a pas que des trimarans de 50 pieds en construction actuellement. Depuis début janvier, le Gitana Team s’évertue à rallonger de 60 à 77 pieds son trimaran Orma vainqueur de la Route du Rhum 2006 aux mains de Lionel Lemonchois. Cela se passe à St-Philibert (en face de La Trinité-sur-Mer) juste à côté de la construction du 50 pieds Actual d’Yves Le Blévec.

 

 

© photo : LLB. Gros chantier sur Gitana 11 en vue de la Route du Rhum 2010.

 

Bien qu’il y ait d’autres projets, il semblerait que ce soit actuellement le seul 60 pieds Orma en cours de modification pour la prochaine Route du Rhum désormais réouverte à toutes tailles de multicoques. Un agrandissement dont le but est donc de pouvoir rivaliser entre autres avec les maxi-multicoques Groupama 3 et Sodeb’O de Franck Cammas et Thomas Coville. Mais ce ne sera pas Lionel Lemonchois à la barre.

 

En dix ans, Gitana ne s’est pas illustré qu’en remportant la Route du Rhum en multicoque et deux transats en monocoque avec Peyron. L’équipe du baron s’est aussi fait remarquer par la valse des skippers qui se sont succédé à la barre des cinq multicoques de l’écurie. Six marins différents en moins de dix ans avec successivement Thierry Duprey du Vorsant, Lionel Lemonchois, Marc Guillemot, Fred Le Peutrec et à nouveau Lionel Lemonchois. Aujourd’hui, c’est au tour de Yann Guichard de prendre les commandes du trimaran “remasterisé“ du Gitana Team.

 

Pour faire simple – et pas trop cher ! – l’équipe du Gitana Team a tronçonné environ les six premiers mètres de l’étrave de la coque centrale pour les remplacer par une nouvelle étrave de 9 mètres. Un morceau réalisé par Thierry Eluère du côté d’Arcachon. Au même moment, à l’autre bout du monde, plus précisément à Tauranga en Nouvelle-Zélande, le chantier Southern Ocean Marine construisait deux nouveaux flotteurs dessinés par VPLP et très inspirés par Banque Populaire V avec des étraves inversées.

 

© photo : Yvan Zedda. Mise en place de la nouvelle étrave de 9 mètres de long greffée sur la coque centrale fin juillet. C’est à la mode, les étraves sont désormais inversées. Même celle de la coque centrale.

 

Le tout a été assemblé fin juillet à St-Philibert. La coque centrale a également été rallongée par l’arrière d’un bon mètre et renforcée au niveau de sa structure. Les bras aussi ont été renforcés, notamment le bras avant. Au passage, toute l’électronique et toute l’électricité ont été refaites.

 

Dernière nouveauté – et gros travail – la construction de deux nacelles de barre juste à l’extérieur du cockpit. Auparavant, le poste de barre se trouvait sur les bras arrière à mi-distance entre la coque centrale et le flotteur.

 

© photo : LLB. Les deux nacelles permettront à Yann Guichard de barrer en ayant tous les winches à portée de mains.

 

La mise à l’eau de ce “nouveau“ maxi-multicoque est prévue début septembre… 

Impatience

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Ça y est, il navigue ! Les images tournent en boucle sur tous les sites, dont le nôtre évidemment. Sur une patte dès sa première sortie. Avec ses foils en S et son moteur qui – d’après les premiers observateurs – annoncent chaque manœuvre tellement il fait de bruit pour se mettre en marche. Vous aviez devinez, je parle d’Alinghi 5, évidemment…

 

Ces premières images, photos et vidéos, sont très impressionnantes. On y voit :

- un Code 0 qui revient jusqu’à la poutre arrière.

- une grand-voile dont le chariot est bordé au-dessus de l’axe au portant dans les petits airs !

- que les pieds de l’équipier au pied de mât sont plus haut que la tête du barreur !

- que les foils en S font largement déjauger l’étrave sous le vent.

- que les équipiers ne portent pas de casque (a contrario de BOR90).

- qu’ils étaient une vingtaine à bord pour la première sortie.

- qu’Alain Gautier était à la barre pour les premiers bords.

- et que dans 4 nœuds de vent, Alinghi 5 filait à 15 nœuds !!!

 

© photo Thierry Martinez. Le photographe Thierry Martinez était le premier à diffuser des images d’Alinghi 5 sous voiles lundi après-midi. Ces nombreuses images, à voir sur son site ici, sont superbes et regorgent d’informations…

 

Maintenant, on ne rêve plus que de voir BOR90 et Alinghi 5 face à face. L’impatience est immense. Qui sera le plus rapide ? Le trimaran ou le catamaran ? Le débat anime déjà les conversations. Le cata dans les petits airs disent certains. Le tri s’il décolle la coque centrale assurent d’autres. De mon côté, je n’en ai aucune idée. Je pense juste que si les vitesses sont assez proches, le trimaran devrait virer ou empanner plus facilement, ce qui sera un gros avantage dans la phase de pré-départ pour s’élancer en tête, et ensuite pour contrôler son adversaire. Mais les vitesses seront-elles proches ?

 

Normalement, nous devrions avoir une réponse le 8 février 2010. Mais rien n’est moins sûr. Les allers-retours devant la Cour Suprême de New York ne sont pas finis et peuvent encore retarder l’échéance de la 33e Coupe. La preuve la semaine dernière avec Oracle contestant le droit pour Alinghi de modifier les règles de course de la SNG pour l’utilisation d’un moteur lors des manœuvres.

 

D’après les rumeurs, l’annonce le 8 août du lieu de la 33e Coupe de l’America pourrait également être contestée par Oracle qui fait le forcing pour Valence si la Coupe se déroule dans l’hémisphère Nord. Or, on parle de plus en plus d’Abu Dhabi, dans les Emirats Arabes Unis. Rendez-vous le 8 août pour la réponse…

 

Peyron chez Alinghi

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 On le pressentait (voir le post précédent), mais c’est désormais officiel. Loïck Peyron a rejoint Alinghi. Avec Alain Gautier, déjà consultant de longue date du defender suisse, et Franck Cammas, pilote d’essai chez BMW Oracle Racing, les marins français sont de mieux en mieux représentés dans la prochaine Coupe de l’America. Seront-ils à la barre ? C’est une autre question certainement pas résolue aujourd’hui.

 

Mais on ne peut que se réjouir de voir nos meilleurs spécialistes du multicoques distiller leur savoir-faire en échange d’une expérience unique pour eux au sein de deux des quatre plus grandes équipes que connaisse la Coupe de l’America depuis dix ans (avec Team New Zealand et Luna Rossa).

 

Loïck Peyron en tenue officielle ! Une recrue de marque pour le defender suisse… © Stefano Gattini/Alinghi

Enorme !

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 Tous ceux qui se passionnent de près ou de loin pour la Coupe de l’America ont vu des images d’Alinghi 5, le catamaran de 90 pieds du defender suisse, lors de son impressionnante mise à l’eau par hélicoptère. Finalement, il n’a qu’un seul mât, ne mesure “que“ 90 pieds (et non 115 pieds s’il avait eu deux mâts) et ressemble assez étroitement à l’extrapolation en 3D que l’on pouvait voir sur youtube dans cette vidéo.

 

Les premières images du catamaran géant baptisé Alinghi 5 lors de sa mise à l’eau sur le lac Léman. © photo : Stefano Gattini/Alinghi

 

D’après TNS-Sport, le coût estimé de la construction serait de 10 millions de Francs Suisses, soit 6,6 millions d’euros. Il mesure donc 27,4 mètres de long et à mon avis entre 20 et 22 mètres de large, estimation d’après les photos aériennes puisque aucunes données précisent n’a évidemment été fournies.

 

 L’hélicoptère Mil Mi-26 russe, le plus grand et le plus puissant hélicoptère au monde. © photo : Stefano Gattini/Alinghi

 

D’après le quotidien suisse Le Temps, c’est à nouveau par la voie des airs et avec ce même hélicoptère qu’Alinghi 5 rejoindra la mer. Le plus certainement à Gènes (Italie), à environ 300 km à vol d’oiseau (ou d’hélico), soit le plus court chemin pour rejoindre la mer depuis le Lac Léman.

 

Dans une interview fort instructive accordée à BYM News (à lire ici en anglais), l’architecte britannique Nigel Irens, qui oeuvrait en tant que conseiller pour le design team d’Alinghi, nous apprend quatre choses importantes :

 

- qu’Alinghi disposera d’un moteur à bord pour aider aux manœuvres, ce qui fera économiser le poids de wincheurs et des mécanismes des moulins à café. Il est vrai que le Deed of Gift impose que le voilier soit propulsé par ses voiles, mais ne précise pas que les manœuvres doivent être réalisées à la force humaine… Bien vu !

 

- Que la partie la plus radicale d’Alinghi est certainement ses foils en forme de S. On a hâte de les voir !

 

- que le trimaran d’Oracle devrait virer de bord plus rapidement que le catamaran d’Alinghi. Un bon point pour les Américains en cas de duel de virements de bord.

 

- et que les deux maxi-multicoques pourraient être très proches en performances si les devis de poids sont comparables.

 

 

Loïck Peyron, le plus grand spécialiste français du multicoque, déclare dans une interview que vous pouvez visionner sur notre site ici qu’Alinghi est plus novateur qu’Oracle. Que c’est un bateau homogène, élégant et certainement efficace, et que ce sera assez délirant pour l’équipage de naviguer dessus… En fera-t-il partie ?

 

Une chose est sûre, la confrontation entre ces deux voiliers uniques au monde sera un événement historique, non seulement pour la Coupe de l’America, mais aussi pour la voile dans son ensemble.

 

Le 8 août au plus tard, Alinghi dévoilera le lieu de la 33e Coupe de l’America. D’après Oracle, ce doit être à Valence si le duel se tient dans l’hémisphère Nord. A suivre…

Construction du tri 50’ Actual (7)

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 Après une visite au chantier Marsaudon à Lorient (à lire dans cette info à la hune) où se construit le trimaran 50 pieds Prince de Bretagne d’Hervé Cléris (dessiné par Nigel Irens et Benoît Cabaret), il est amusant et étonnant de retourner à St-Philibert voir les différences d’options architecturales entre ces deux nouveaux trimarans. A quelques centaines de mètres du chantier Marsaudon à Lorient se trouve celui de François Robert (FR Nautisme) qui a construit les flotteurs d’Actual. Livrés mi-juin, ils ont été fixés récemment aux bras de liaison, ce qui donne enfin l’image d’un trimaran comme vous pouvez le voir ci-dessous…

 

La fixation des flotteurs est un exercice de grande précision réalisé au millimètre près.

 

Le bel oiseau prend vraiment forme. Et l’on peut observer sur la deuxième image ci-dessous, le petit redan sur les flotteurs, façon hydraplaneur dont Guillaume Verdier, l’architecte d’Actual, était également l’architecte. Il ne manque à Actual plus qu’un mât, de l’accastillage beaucoup de finitions et ce nouveau multicoque pourra toucher l’eau pour la première fois au mois d’août. D’ici là, Yves aura annoncé son co-skipper pour la Transat Jacques Vabre dont le départ sera donné dans moins de quatre mois… Il me reste à aller jeter un œil au Crêpes Whaou ! 3 de Franck-Yves Escoffier pour découvrir quelles voies architecturales VPLP et lui ont prises. La confrontation entre ses trois nouveaux spécimens s’annonce passionnante…

 

Outre l’esthétique originale, ce petit redan de chaque côté du flotteur est sensé donné de l’appui dans la vague et augmenter d’un coup le volume du flotteur.

Une victoire inattendue

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 Oublions la régate quelques minutes pour l’environnement…

 

Cela faisait deux ans que pas moins de 140 associations, rassemblées sous le collectif Le Peuple des Dunes, manifestaient leur opposition au projet d’extraction de sable par la société Lafarge au large de Gâvres et Quiberon (Morbihan). 600 000 tonnes de sable devaient être draguées des fonds marins chaque année provoquant, d’après ses associations, un risque environnemental important de dégradation des dunes du littoral. Les recours juridiques n’y ont rien fait. Lafarge pouvait défoncer les fonds marins en toute tranquillité puisque le Ministère de l’Industrie lui avait accordé un permis exclusif d’extraction en 2005.

 

Et voilà qu’en ce 4 juillet, fête nationale aux Etats-Unis – et peut-être désormais dans le Morbihan ! –  Le Télégramme nous apprend dans cet article que le Préfet Maritime ayant émis un avis défavorable, Lafarge renonçait à son projet d’extraction de sable… Champagne !!!

 

© D.R. : La presqu’île de Gâvres et les magnifiques plages menacées par l’extraction de sable.

 

Mais pourquoi le Préfet Maritime, et celui du département d’ailleurs, s’y opposaient-il ? Ont-ils été sensibles aux cris du peuple majoritairement opposé à ce projet ? Malheureusement non. C’est uniquement à cause des nombreux obus balancées dans cette zone par la Marine Nationale qui y effectue des tirs régulièrement. Selon la Préfecture Maritime, « L’exploitation est inopportune au regard des échos magnétiques qui correspondent à des munitions non explosées en grand nombre »  nous apprend Le Télégramme. Lafarge risquerait donc de draguer des obus intacts… Trop dangereux.

 

Réjouissons-nous donc du résultat, même si la raison n’est pas celle espérée de la protection de l’environnement. Ledit environnement étant déjà souillé d’obus. Pour une fois, une dégradation d’ordre militaire en empêche une autre d’ordre industrielle.