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Monthly Archives: août 2009

Le retour du grand blond

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 Quel personnage ce Jean-Pierre Dick ! Il vient de lancer la construction de son 3e monocoque 60 pieds en vue de sa 3e participation consécutive au Vendée Globe. Rien que pour ça, ce mec est unique. Très rares sont ceux qui ont enchaînés trois Vendée Globe, et aucun avec trois nouveaux bateaux. A ma connaissance, seul Mike Golding s’est fait construire trois monocoques, mais pas pour trois éditions consécutives.

 

Mais il est unique à plus d’un titre également.

D’abord par son parcours étonnant puisqu’il n’a raccroché son costume cravate de vétérinaire entrepreneur qu’en 2001 pour devenir navigateur, sans se soucier du regard des autres et des nombreuses critiques à ses débuts parce qu’il ne venait pas du sérail.

Ensuite, parce qu’il a été le premier à commander un 60 pieds à Bruce Farr, et qu’il a, du coup, été l’un des principaux innovateurs de la classe Imoca ces six dernières années – le coin navigateur satellite, le rouf télescopique, le trim tab, etc.

Enfin, parce qu’il a monté avec Luc Talbourdet, une structure économique d’une grande qualité et extrêmement professionnelle pour gérer ses projets. A l’exception de Mer Agitée avec Michel Desjoyeaux et Offshore Challenges d’Ellen MacArthur, le milieu de la voile reste très artisanal.

 

 

Et puis c’est un personnage étonnant, attachant, drôle malgré lui, un peu comme Pierre Richard dans le Grand Blond. Il est dans la lune, un peu déconnecté, et capable de se pointer en short avec des chaussettes dépareillées. En même temps, c’est une force de travail incroyable, un véritable athlète, qui a su combler en quelques années les lacunes qu’il avait pour se hisser au niveau des meilleurs marins actuels. Pour rappel, il était en tête du Vendée Globe, au sud de l’Australie, lorsqu’il a heurté un ofni avec son safran, entraînant son abandon quelques semaines plus tard.

 

Après deux plans Farr, Jipé a fait appel cette fois-ci à Guillaume Verdier et Vincent Lauriot-Prévost pour dessiner sa future monture. 4000 heures de réflexion pour le design team (JP, Verdier, Lauriot-Prévost, Mick Kermarec, Nicolas Abiven, Laurent Delage et David Barnaby de Southern Spars) et maintenant 30 000 heures de construction pour Cookson où Paprec Virbac 1 avait déjà été construit. Le chiffre est incroyable, mais d’après le communiqué d’hier, les architectes auraient testé 70 carènes différentes avant de trouver la bonne ! Comme à son habitude, JP effectuera un demi-tour du monde pour le ramener en Europe, ce qui sera une nouvelle fois le meilleur entraînement qui soit et la meilleure façon d’optimiser son nouveau bolide.

 

Jean-Pierre Dick sera donc le premier (MAJ 9h21 : eh non, deuxième après PRB en fin d’année 2009 ou début 2010) concurrent à mettre à l’eau un nouveau bateau pour le Vendée Globe 2012. Je note d’ailleurs au passage que pour la première fois depuis au moins 20 ans, aucun monocoque 60 pieds n’a été lancé en 2009 ! (MAJ 9h21 : sauf si PRB justement lance son plan Verdier/VPLP avant janvier) Est-ce la faute de la crise ? Ou de l’énorme production du précédent Vendée Globe avec 20 nouveaux bateaux ?

 

 

Et de deux !

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 Et voilà, la construction du tri 50 Actual, que vous avez pu suivre sur ce blog depuis décembre, s’est achevée ce matin avec la mise à l’eau du trimaran d’Yves Le Blévec.

 


Il fallait se lever tôt pour assister à l’événement. Le trimaran est sorti du hangar de Safran de nuit, vers 6h15, et le jour s’est levé au moment où le bateau a touché l’eau. Une ambiance étonnante, rare, dans le silence de l’aube. Rares aussi sont ceux qui avaient avancé l’heure du réveil. Marc Guillemot en était. Actual a été dessiné par le même architecte que Safran, Guillaume Verdier.

 

 La mise à l’eau d’un bateau est toujours un moment émouvant. C’est la naissance d’un nouveau voilier et la fin d’une longue période de chantier, souvent éprouvante pour ceux qui la vivent.

 

 Yves Le Blévec avait les yeux tirés par les courtes nuits pour finir les derniers détails sur le bateau. « C’est la fin d’un premier cycle d’un an et demi, analysait-il après la mise à l’eau. Mettre à l’eau un bateau, ce n’est pas un moment neutre. C’est beaucoup d’émotions. Tout le monde a dépensé beaucoup d’énergie pour en arriver là. C’était une vraie aventure. La dimension humaine est énorme dans un tel projet. »

 

 Yves espère tirer les premiers bords dans le week-end. Vous en aurez évidemment la primeur sur ce blog…

La cata des JO

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 La nouvelle a été confirmée la semaine dernière, la voile perd une médaille aux prochains Jeux Olympiques de Londres : 10 au lieu des 11 depuis Sydney 2000. il n’y aura donc pas de Tornado – ni d’autre catamaran de sport – aux prochains JO. Une décision affligeante… Comment peut-on justifier de supprimer le catamaran de sport des JO ? L’une des deux seules disciplines de voile véritablement spectaculaires avec le 49er ! Les têtes d’œuf du CIO et de l’ISAF savent-ils que la plupart des jeunes qui débutent aujourd’hui la voile dans une école sont majoritairement attirés par le catamaran de sport ? Plus rapide et plus fun…

 

D’après l’excellent article de Manon Borsi consacré sur notre site à ce sujet début mai (à lire ici), l’Events Committee de l’ISAF avait proposé de supprimer le 470, qui faisait doublon avec le 49er. Mais le Tornado avait le défaut de faire de l’ombre au Star, dont le lobbying auprès de l’ISAF serait paraît-il important. Dommage…

 

 © photo : Guilain Grenier/FFVoile. Xavier Revil et Christophe Espagnon, nos deux derniers représentants français en Tornado, 11e des JO de Pékin. Le Tornado a rapporté deux médailles d’or à la France en 1988 et 1992 avec les duos Jean-Yves Le Déroff/Nicolas Hénard, puis Yves Loday/Nicolas Hénard.

 

Je comprends que le Comité Olympique cherche régulièrement à faire évoluer les disciplines, à en intégrer de nouvelles et donc à en supprimer d’autres. Rien ne me choque à ce que le tir à la corde, le polo, la pelote basque ou le croquet aient été supprimés des sports olympiques au fil du XXe siècle pour des questions d’intérêt ou de confidentialité.

 

Mais je suis plus étonné de voir que la voile compte quasiment autant de médailles que l’haltérophilie (8 médailles) et beaucoup moins que le Tir, qui récolte 15 breloques. Pardon pour la comparaison – je n’ai rien contre les haltérophiles, en revanche je déteste les armes – mais, en France, l’Haltérophilie et le Tir sont pratiqués par 31 000 licenciés pour la première et 132 000 pour la seconde, ce qui la place au 20e rang des sports pratiqués dans l’hexagone. La voile regroupe près de 300 000 licenciés et occupe le 10e rang, entre le rugby et la natation. Bien sûr, la France ne représente pas le monde, mais quand même. 50% de médailles en plus pour un sport pratiqué par trois fois moins de licenciés, cherchez l’erreur !

 

C’était le rôle de l’ISAF d’une part de se battre auprès du CIO pour conserver sa 11e médaille, et en cas d’échec, de défendre le catamaran de sport comme discipline olympique. Bravo pour le résultat…

 

Rappel des dix épreuves de voile retenues pour les JO de Londres : 470 (H & F), planche à voile (H & F), Laser (H & F), Finn, 49er, Star et match-racing féminin.

Prem’s

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 (Non, je ne fais pas de pub pour les billets SNCF !)

 

Mercredi matin, à Port-La Forêt, le nouveau Crêpes Whaou 3 de Franck-Yves Escoffier était le premier à toucher l’eau des trois nouveaux trimarans 50 pieds en construction. Le prem’s, donc. Le deuze sera Actual, le trimaran d’Yves Le Blévec le jeudi 20 août à la Trinité-sur-Mer et le der Prince de Bretagne fin août à Lorient. La course a déjà commencé…

 

Trois nouveaux trimarans de trois architectes différents, on ne pouvait rêver mieux. Comme j’ai suivi de près la construction d’Actual, et que je suis allé voir Prince de Bretagne fin juin, je ne pouvais manquer la mise à l’eau du plan VPLP de Franck-Yves Escoffier. Ça valait le détour tant ce nouveau tri 50 pieds a de la gueule.

 

 

Mis à part les bras, issus du même moule que le Whaou 2, tout est nouveau, et a demandé bien plus de temps de travail à l’équipe de VPLP que le précédent.

 

Au jeu des différences avec ses petits camarades, Whaou 3 présente des bras en X et du coup un rail circulaire à l’arrière, à l’image des 60 pieds Orma. La différence la plus marquante lorsqu’on se penche sur ce nouvel oiseau est le cockpit immense doté de deux moulins à café. A côté, celui d’Actual paraît minuscule, et celui de Prince de Bretagne, qui me paraissait grand devient moyen. A noter que Cléris n’a pas de moulin à café et Le Blévec en a prévu un seul.

 

 

La coque centrale est assez fine, à l’instar de celle d’Actual. Et comme Yves, Franck-Yves a opté pour trois safrans et une seule dérive plutôt que les deux safrans/deux dérives d’Hervé.

 

Dernier comparatif au niveau des tandems annoncés. Hervé Cléris et Franck-Yves Escoffier s’élanceront sur la Jacques Vabre avec leur boat captain, Christophe Dietsch pour l’un et Erwan Leroux pour l’autre. De sérieux régatiers puisque le premier a terminé 2e de la Mini Transat 99 en série et que le second a déjà couru la Transat Jacques Vabre en multicoque (4e sur Gitana X en 2005). De son côté, Yves Le Blévec a soigné son casting. Il vient d’annoncer qu’il embarquera Jean Le Cam… qu’on ne présente plus !

 

Ça annonce une belle bagarre pour arriver le premier à Puerto Limon, au Costa Rica, la nouvelle destination de la Transat Jacques Vabre en novembre. Et en l’absence des 60 pieds Orma, les feux de la rampe seront braqués sur la classe Multi50… Vivement novembre !

And the winner is… RAK !

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 A ne pas confondre avec l’IRAK, de l’autre côté du golfe persique !

 

Une nouvelle fois, les rumeurs étaient fondées. C’est donc bien aux Emirats Arabes Unis que se déroulera la 33e Coupe de l’America entre les maxi-multicoques d’Alinghi et de BMW Oracle Racing. Des sept émirats qui composent cet Etat fédéral – les plus connus étant Abu Dhabi et Dubaï – c’est celui du Ras-al-Khaimah (RAK pour les intimes !) qui a été choisi, à environ 60 km au nord-est de Dubaï.

 

Dans son communiqué de presse envoyé aujourd’hui, Alinghi dévoile une image 3D de l’île qui accueillera les deux équipes avec les bâtiments d’Alinghi au premier plan et le cata sous la grue, tandis que le trimaran se balance sous une autre grue de l’autre côté de l’île.

 

 

D’après Google Earth, mais la photo satellite ne date certainement pas d’hier, il semble qu’il y ait pas mal de boulot dans les six prochains mois pour faire ressembler ce tas de sable à l’image 3D ci-dessus.

 

 

Côté vent, la brise thermique qui y souffle ressemblerait aux conditions rencontrées en Méditerranée l’été. C’est d’ailleurs pour ça qu’Alinghi était parti s’entraîner à Dubaï pendant l’hiver 2005-2006, un an avant la Coupe de l’America espagnole.

 

Et histoire de montrer que ce coin de la planète sait comment accueillir les touristes, une petite image de l’hôtel le plus proche.

 

PS : à titre informatif, pour les vacances d’hiver, c’est râpé pour les Parisiens, Bretons, Normands, Languedociens et leurs petits camarades des Zones A et C. Seuls les Marseillais, les Rochelais, les Ch’tis et tous ceux de la Zone B seront en vacances à temps pour le premier match le lundi 8 février… Désolé !

 

Sir Russell

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 Alors que l’on devrait savoir dans les prochains jours où se déroulera la 33e Coupe de l’America – les rumeurs s’accordent sur les Emirats Arabes Unis – un article du New Zealand Herald nous apprend que Russell Coutts vient d’être fait Chevalier dans son pays natal avec 71 autres personnalités.

 

Considéré en 2003 comme un “traître à la nation“ suite à son départ pour Alinghi, le triple vainqueur de la Coupe de l’America (95, 2000 et 2003) est de retour en grâce en Nouvelle-Zélande. Sir Russell Coutts rejoint ainsi Sir Peter Blake parmi les marins kiwis anoblis – ce qui ne manquera pas d’agacer un certain Grant Dalton !

 

Actuellement patron du défi américain BMW Oracle Racing, Russell Coutts, 47 ans, se prépare donc à affronter son ancienne équipe, Alinghi, lors du duel en maxi-multicoques prévu pour février prochain. Sir Russell a une petite revanche à prendre sur son ex-ami Ernesto Bertarelli qui, d’une simple ligne rajoutée au règlement de la 32e Coupe de l’America, l’avait banni de la dernière édition à Valence. Mais entre gentlemen, le fair-play reste de mise…

 

Champion olympique (Finn) en 1984, triple champion du monde de match-racing, triple vainqueur de la Coupe de l’America, Sir Russell Coutts est l’un des plus grands marins de tous les temps.