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Monthly Archives: septembre 2009

Les Brésiliens de la voile

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 Sacrés Kiwis ! Ils mettent à l’eau en février un nouveau TP52, se pointent à leur première course à Alicante où ils terminent troisièmes – le temps d’apprendre – puis raflent les quatre autres épreuves de l’Audi MedCup 2009. Et du coup, ils remportent dès leur première participation ce circuit pro où naviguent tous les marins de la dernière Coupe de l’America… La classe ! Ils méritent vraiment leur surnom de Brésiliens de la voile. A la grande différence qu’ils sont beaucoup plus professionnels (et talentueux) qu’artistes !

 

Je trouve cela très impressionnant qu’un pays d’à peine plus de 4 millions d’habitants – soit le tiers de Paris et sa banlieue – soit capable de dominer autant la voile mondiale. C’est sûr, lorsque la 34e Coupe de l’America sera à nouveau ouverte aux challengers, Team New Zealand sera encore une fois dans le carré de tête.

 

En attendant, voici une belle image de TP 52 à Carthagène que je voulais partager, même si ce ne sont pas les Kiwis surpris en haut de la vague…

 

©Ian Roman / Audi MedCup

 

(MAJ 2.10) : regarder cette petite vidéo d’un magnifique empannage par 30 noeuds de vent pour illustrer le talent de ces marins.

Attention, danger !

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 Les Dupond & Dupont anglais font parler d’eux. Je veux dire Alex Thomson et Brian Thompson… A exactement deux minutes d’écart, leurs attachées de presse, réglées sur Big Ben, ont envoyé un communiqué de presse annonçant que le premier, Alex (oui, celui qui fait le mariole sur son bulbe ci-dessous !), venait de racheter le monocoque du second, Brian.

 

Et là attention, danger ! Car confier le plus puissant monocoque 60 pieds au plus fougueux des marins actuels peut faire des étincelles – dans tous les sens du terme ! Car, rappelons-le, l’ex-Pindar, dessiné par l’architecte franco-argentin Juan Kouyoumdjian, est de loin le plus puissant des monocoques de dernière génération. Il est juste 1 mètre plus large que la moyenne des monos 60 et son mât de 30 mètres est certainement l’un des plus grands. Ce bateau était un peu la grande inconnue du Vendée Globe. Mais faute de préparation et victime de nombreuses avaries, Brian n’avait pu en tirer la quintessence.

 

D’autres en rêvaient, lui l’a fait. Se faire photographier debout sur la quille de son monocoque 60 pieds.

Joli coup médiatique de l’impétueux skipper anglais. (© Mark Lloyd/DPPI) 

 

Rappelons également qu’en face, Alex est une tête brûlée qui n’a jamais fini une course en solitaire. Trois abandons sur le Vendée Globe et la Velux 5 Oceans. Pour parler cru, c’est un bourrin qui n’a jamais su ménager sa monture. Tempéré par le sage australien Andrew Cape, il s’est classé deuxième de la Barcelona World Race. Car il faut également souligner le fait que le blondinet britannique sait faire avancer vite un voilier. Il détient toujours le double record de vitesse sur 24 h, en solitaire et en double avec 468 et 501 milles. (MAJ 21.09 : regardez ici la vidéo de son record en double)

 

Bref, pour résumer, s’il termine ses courses, Alex Thomson ne sera jamais loin de la première place… Rendez-vous pour le vérifier l’année prochaine sur la 2e édition de la Barcelona World Race.

 

 

 

Pas le même standing !

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Le jour où je regarde, à distance mais avec une certaine émotion, 85 solitaires s’élancer sur la Transat 6.50 chère au cœur de tout ceux qui l’ont disputée, je reçois un communiqué de presse de l’Audi MedCup titré : “Un avion privé pour les stars du circuit.“ Et là je me dis que, vraiment, tout le monde n’a pas la même pratique de la voile.

Les “stars“ de l’Audi MedCup embarquant samedi soir à bord du CRJ2000 spécialement affrété pour les emmener de Porto Cervo à Cartagène. (© photo : Konrad Frost / Audi MedCup)

Si la Transat 6.50 (ou Mini Transat pour les anciens) est restée la plus authentique des courses en solitaire, composée en grande majorité d’amateurs pour qui cette course est l’aventure d’une vie, le circuit professionnel des TP52 a donc mis à disposition d’une cinquantaine de coureurs – dont Thierry Peponnet – un avion privé pour leur permettre de terminer la Maxi Yacht Rolex Cup  à Porto Cervo (Sardaigne) et rejoindre à temps la dernière étape de l’Audi MedCup à Cartagène (Espagne) qui débute officiellement lundi. La classe ! Un traitement généralement réservée aux équipes de football ou de rugby.

A l’heure d’hisser les voiles, c’est l’émotion sur les pontons pour les 85 skippers, et surtout pour leurs famille et amis. (© photo : Denis Van Den Brink / GPO)

Côté Transat 6.50, j’ai pris le départ de la version virtuelle sur Virtual Regatta cet après-midi sous le pseudo Loak31 et vais essayer de faire mieux que sur le Trophée BPE où j’avais fini – je crois – dans les 35 000es.
 

Et de trois…

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 Voilà, le troisième nouveau Multi 50 vient d’être mis à l’eau à Lorient. C’est le Prince de Bretagne d’Hervé Cléris. Il a été dessiné par Nigel Irens et Benoît Cabaret et construit chez Marsaudon Composites.

 

 

Comme vous le savez sûrement – tant pis je me répète – les trois nouveaux trimarans sont dessinés par trois cabinets différents pour trois skippers assez différents. Résultat : trois trimarans aux philosophies… différentes.

 

Je vous laisse juger avec ce petit comparatif en images…

 

 

Puis les flotteurs

 

Crêpes Whaou à gauche, Actual au centre et Prince de Bretagne à droite 

 

Enfin les coques centrales

 

Les angles ne sont pas parfaitement identiques, mais cela révèle déjà bien leurs différences…

Sans oublier que Prince de Bretagne est le seul avec deux dérives/deux safrans contre 1 dérive/3 safrans pour ses deux adversaires…

 

Je comparerai les cockpits et intérieurs une autre fois car je manque d’images pour l’instant.

 

Enfin, pour ceux qui s’intéressent aux décos, celles de Whaou et Actual sont l’oeuvre de Jean-Baptiste Epron, et celle de Prince de Bretagne est signée Nicolas Gilles, qui réalise ici son premier trimaran.

Ah, la Méditerranée !

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 Je pourrais vous parler de la Coupe de l’America, de la nouvelle procédure d’Oracle, d’Alinghi qui aurait un petit problème structurel et de Louis Vuitton qui relance les régates en Class America avec un premier rendez-vous à Nice début novembre. Mais vous êtes certainement déjà au courant. Ou peut-être, comme moi, en avez-vous assez de lire des communiqués de presse d’Alinghi ou d’Oracle gémissant que c’est l’autre le méchant, c’est lui qu’a commencé, et c’est pas zuste…

 

Alors on reparlera de tout ça plus tard, lorsqu’il y aura du concret, des choses sûres et un peu plus de sport.

 

En attendant, se dispute en ce moment l’Istanbul Europa Race en Méditerranée. Ah, la Méditerranée… La Grande Bleue ! Quel plan d’eau merveilleux… (et c’est un Breton qui parle !) En croisière, c’est un petit paradis sur terre. Une variété de paysages et de populations incroyables les uns à côté des autres. Du soleil, une mer chaude, naviguer en short et t-shirt au mois d’octobre… Le bonheur, tout simplement. Mais en course, quel enfer ! Le pire des casse-tête qui existe. Une grande loterie. Aucun de nos repères habituels de nuage ou de baromètre n’indique ici la même chose.

 

 

Regardez sur la cartographie ci-dessus les sillages des six monocoques de l’Istanbul Europa Race. On dirait des relevés sismiques. Pas la moindre ligne droite. Personne ne semble avoir le même vent au même moment. Et la moindre oscillation correspond à une manœuvre à bord. Les vitesses varient d’un pointage à l’autre entre 2 et 15 nœuds, et les leaders se succèdent. Groupe Bel, 1876, Foncia, Paprec-Virbac 2… Même avec leur retard de 140 et 180 milles, Veolia (dont la trace sous la Sicile est assez emblématique des conditions) et DCNS savent qu’ils peuvent encore gagner à Nice. Pour les navigateurs du bord, ça ne doit pas être très reposant…