Je pourrais vous parler de la Coupe de l’America, de la nouvelle procédure d’Oracle, d’Alinghi qui aurait un petit problème structurel et de Louis Vuitton qui relance les régates en Class America avec un premier rendez-vous à Nice début novembre. Mais vous êtes certainement déjà au courant. Ou peut-être, comme moi, en avez-vous assez de lire des communiqués de presse d’Alinghi ou d’Oracle gémissant que c’est l’autre le méchant, c’est lui qu’a commencé, et c’est pas zuste…

 

Alors on reparlera de tout ça plus tard, lorsqu’il y aura du concret, des choses sûres et un peu plus de sport.

 

En attendant, se dispute en ce moment l’Istanbul Europa Race en Méditerranée. Ah, la Méditerranée… La Grande Bleue ! Quel plan d’eau merveilleux… (et c’est un Breton qui parle !) En croisière, c’est un petit paradis sur terre. Une variété de paysages et de populations incroyables les uns à côté des autres. Du soleil, une mer chaude, naviguer en short et t-shirt au mois d’octobre… Le bonheur, tout simplement. Mais en course, quel enfer ! Le pire des casse-tête qui existe. Une grande loterie. Aucun de nos repères habituels de nuage ou de baromètre n’indique ici la même chose.

 

 

Regardez sur la cartographie ci-dessus les sillages des six monocoques de l’Istanbul Europa Race. On dirait des relevés sismiques. Pas la moindre ligne droite. Personne ne semble avoir le même vent au même moment. Et la moindre oscillation correspond à une manœuvre à bord. Les vitesses varient d’un pointage à l’autre entre 2 et 15 nœuds, et les leaders se succèdent. Groupe Bel, 1876, Foncia, Paprec-Virbac 2… Même avec leur retard de 140 et 180 milles, Veolia (dont la trace sous la Sicile est assez emblématique des conditions) et DCNS savent qu’ils peuvent encore gagner à Nice. Pour les navigateurs du bord, ça ne doit pas être très reposant…