Skip to Content

Monthly Archives: octobre 2009

RAK, la claque !

Par

 Mais que fait la justice ?

 

Mardi, à New York, le Juge Kornreich a tranché en faveur de BMW Oracle, jugeant que Ras-al-Khaimah ne pouvait accueillir la Coupe en février selon le Deed of Gift. Et qu’Alinghi devait maintenant trouver un site dans l’hémisphère Sud… pour dans trois mois !!!

 

Après avoir flirté avec le pathétique, la bataille juridique vire au burlesque ! C’était pourtant prévisible, en mai dernier, lorsque je Juge Hermann Cahn avait annoncé que la Coupe aurait lieu le 8 février 2010, « à Valence ou n’importe quel autre site », selon le souhait du Defender. En oubliant de préciser que ce site devait respecter les trois lignes du Deed of Gift stipulant que la Coupe ne peut se dérouler dans l’hémisphère Nord qu’entre le 1er avril et le 31 octobre, et pendant les six autres mois dans l’hémisphère Sud, le Juge Cahn commettait une grossière erreur. Si Hermann avait lu correctement les trois pages du Deed of Gift et avait bien fait son travail, la Coupe de l’America ne serait pas décrédibilisée – et ridiculisée – une fois de plus. Merci Hermann…

 

Pour Alinghi, cette décision est une énorme claque. L’Emirat de Ras-al-Khaimah va difficilement accepter d’avoir investi quelques millions pour rien ! Et maintenant il faut trouver un autre site dans l’hémisphère Sud pour le 8 février… C’est grotesque !

 

Le seul mérite de cette bataille juridique était d’avoir accouché des deux multicoques les plus incroyables jamais construits. Tout le monde attend désormais avec impatience de les voir bord à bord, où que ce soit dans le monde. Que l’imbroglio juridique cesse et que le meilleur gagne sur l’eau… Mais on peut douter de les voir sur la même ligne de départ début février. La justice américaine doit encore trancher d’autres litiges : l’ajout de ballast sur Alinghi 5 après avoir été jaugé, la composition du jury de la Coupe, et sûrement d’autres à venir. Visiblement, il est un métier qui aujourd’hui ne connaît pas la crise : c’est celui d’avocat à New York !

 

MAJ 03.11.09 : Les Suisses ont fait appel de la décision du juge sur Ras-a-Khaimah, comme l’avait anticipé 5-7 dans son commentaire. De leurs côtés, les Américains prônent pour régater à Valence en février. Il paraît qu’en deux ans, les deux protagonistes ont déjà dépensé 20 millions de dollars chacun en avocats new-yorkais ! Soit plus que le budget d’Areva Challenge (25 M€) sur la Coupe de l’America 2007 à Valence…

Petites larmes

Par

 La voile nous offre des instants rares d’intensité. Des purs moments de bonheur et parfois de dures épreuves à encaisser. Des larmes de joie comme celles de Thomas Ruyant, superbe vainqueur de la Transat 6.50 ou bien des larmes de rage pour Hervé Cléris et Christophe Dietsch qui, cinq semaines seulement après la mise à l’eau de Prince de Bretagne, doivent renoncer à la Jacques Vabre et retourner en chantier réparer le bel oiseau blessé.

 

Thomas Ruyant (Faber France) à son arrivée victorieuse au Brésil. © photo : Pierrick Garenne / GPO

 

Je n’arrive pas à mesurer ou imaginer l’intensité de joie ou de rage que viennent de vivre à distance Thomas Ruyant et Hervé Cléris. Je me souviens néanmoins de l’incroyable sensation ressentie en 2001 lors de mon arrivée au Brésil. Un bonheur intense, et je n’étais que 4e. Alors une victoire, quelle folie cela doit procurer en soi ! Je me souviens également de mon désespoir en 2003 lors d’une avarie de structure sur mon Proto 6.50 dès la première course alors que nous venions de travailler 7 jours sur 7 pour le mettre à l’eau à temps. Un abandon à Ajaccio qui emportait avec lui mes espoirs de participer à la Transat 6.50 2003. J’étais totalement abattu après tant d’efforts. Et ce n’était qu’un proto 6.50, pas un trimaran de 50 pieds avec tous les aléas supplémentaires à gérer. Je n’ose donc imaginer ce que ressent aujourd’hui Hervé Cléris.

 

J’ai eu la chance de participer à la première navigation de Prince de Bretagne à Lorient le 14 septembre. Un moment unique à vivre. Celui de la découverte des premières sensations. Hervé avouait se sentir comme un gamin qui ouvre ses cadeaux de Noël. Au stress des premières minutes a suivi la joie des premières accélérations. Un pur moment de bonheur avec des conditions météo parfaites. Mais la voile est ainsi faite, alternant joie et tristesse.

 

 Flotteur tribord arraché sur Prince de Bretagne, amarré à Camaret. © photo : Pascal Desroche / Prince de Bretagne

 

Heureusement, l’être humain a la mémoire sélective et conserve surtout les bons souvenirs. Des souvenirs de fêtes, comme celles que va vivre Thomas à Salvador, entre le Centro Nautico et le Pelourinho, au son des percussions brésiliennes. La caïpirinha et la Skol vont couler à flot les prochains jours pour célébrer la victoire de Thomas et toutes les arrivées qui le suivront. Traverser l’Atlantique en solitaire sur un voilier de 6,50 mètres est une belle victoire pour chacun qui l’a accompli.

 

Je ne doute pas que pour Thomas cette magnifique victoire va lui ouvrir de nouvelles portes et lancer sa carrière sportive. Comme je suis certain qu’Hervé Cléris et son second Christophe Dietsch seront rapidement de retour sur l’eau, une fois l’avarie comprise et analysée.  

Vive le rappel !

Par

 Puisque ce week-end, on ne nous parle que de chocolat ou de pot-au-noir, voici deux belles images provenant d’une autre course partie samedi de Malte, la Rolex Middle Sea Race. Avec la célèbre Sydney-Hobart, voilà une autre épreuve de légende que j’aimerais disputer une fois dans ma vie. Son parcours est immuable depuis 30 ans. Départ de Malte, tour de Sicile et retour à La Vallette.

 

Mais en voyant ces deux photos, je me dis que ce n’était peut-être pas la meilleure année pour profiter des magnifiques paysages du détroit de Messine, des îles Eoliennes, du Stromboli en activité de nuit, des Egadi, et autres îles qui jalonnent le parcours.

 

Même à bord d’un monocoque de 27 mètres, les heures de rappel doivent paraître longues… Ce voilier italien s’appelle DSK Pioneer Investment, mais rien à voir avec le président du FMI ! © Kurt Arigo / Rolex

 

A bord de Rosebud/Team DYT (“petit“ monocoque de 20 mètres), l’équipage en a pris plein la figure avant malheureusement de démâter. © Kurt Arigo / Rolex

L’ex-Castorama à vendre

Par

 La péninsule arabique est au cœur de l’actualité voile en ce moment. Voisin de Ras-al-Khaimah où devrait se dérouler la 33e Coupe de l’America en février (sauf contrordre juridique), le Sultanat d’Oman vit un mois d’octobre riche en info.

 

Hier, à Almeria, Pete Cumming et son équipage d’Oman Sail Masirah ont remporté le circuit iShares’ Cup des Extreme 40 tandis que Loïck Peyron et l’équipage d’Oman Sail Renaissance terminaient troisièmes.

 

Le même jour, on apprend qu’avec la mise à l’eau prochaine d’A 100, le maxi-multicoque sister-ship du Sodeb’O de Coville, le Sultanat d’Oman souhaite revendre Musandam, soit l’ex-Castorama de Dame Ellen MacArthur – qui je vous le rappelle a annoncé la semaine dernière sa retraite sportive.

 

A 13 mois du départ de la Route du Rhum, voilà une info qui va peut-être intéresser quelques coureurs du grand large car le nombre de maxi-multicoques sur le marché pour la Route du Rhum n’est pas élevé.

 

A ce sujet, voici la liste des potentiels concurrents en maxi-multicoques que j’ai recensés pour la prochaine Route du Rhum. A compléter si j’ai des pertes de mémoire ou si certains d’entre vous pensent à d’autres bateaux.

 

-       Idec 2, Francis Joyon.

-       Sodeb’O, Thomas Coville

-       Gitana 11, Yann Guichard

-       Groupama 3, Franck Cammas

-       Geronimo, Lionel Lemonchois ( ?), Florence Arthaud ( ?), Philippe Monnet ( ?)

-       Orange 2 assagi, Bruno Peyron ( ?)

 

© photo : D.R.

La mise en vente de Musandam porte donc à sept le nombre potentiel de maxi-multicoques au départ, auxquels il faudra rajouter quelques trimarans Orma prêts à naviguer.

 

Mis à l’eau en 2004, ce plan Irens/Cabaret a effectué deux tours du monde. Un en solitaire avec Ellen MacArthur (71 jours) en 2005 et un second en équipage au départ d’Oman (76 jours) en début d’année.

 

Manque juste une info dans l’annonce, le prix. Mais d’après des sources proches du dossier – comme disent les chroniqueurs judiciaires – il paraîtrait que le Sultanat d’Oman en demanderait 1 million d’euro et serait prêt à le lâcher à 700 000. Avis aux candidats à la Route du Rhum…

 

Pas de RAK pour Oracle

Par

 Telle est la dernière requête juridique du syndicat américain qui refuse d’aller régater dans les Emirats Arabes Unis. Sous prétexte d’une part que cela n’est pas possible selon le Deed of Gift et l’un des jugements de la cour suprême de New York, et d’autre part pour des raisons de sécurité à cause de la proximité immédiate de l’Iran.

 

J’avoue avoir du mal à comprendre le raisonnement des Américains qui risquent, en cas de victoire juridique, un nouveau report de la 33e Coupe de l’America. Or, il me semble qu’ils auraient tout intérêt à régater le plus vite possible pour profiter de leur avance en termes de préparation puisqu’ils ont mis à l’eau leur trimaran onze mois avant Alinghi. Cette manœuvre cacherait-elle autre chose ?

 

Craignent-ils qu’Alinghi puisse refuser leur trimaran BOR 90 ? Selon le certificat de jauge délivré récemment, celui-ci ne mesure 90 pieds de long qu’à la flottaison, contre 113 pieds hors tout et 89,5 pieds de large. En attendant, Alinghi 5 a été débarqué de son cargo mercredi dernier à Ras-al-Khaimah. De leur côté, les Américains ont déjà envoyé sur place du matériel, ce qui semble contradictoire avec leur nouvelle action juridique. La septième, soit dit en passant !

 

Alors, verrons-nous les deux maxi-multicoques régater en février prochain ? Rien n’est moins sûr. L’audience de la cour est prévue fin octobre. Et le verdict ? En général, trois semaines plus tard. Patience, patience…

 

© photo : Gilles Martin-Raget