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Monthly Archives: novembre 2009

Point Coupe (2)

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 La Coupe de l’America n’a jamais autant alimenté l’actualité ces deux dernières années. Entre l’incroyable mât-aile de BOR 90 et la dernière proposition d’Alinghi de disputer la 33e Coupe à  Valence, voici quelques autres petites informations qui tournent autour du plus vieux trophée sportif.

 

- La dernière décision du juge, datant d’hier, impose de mesurer les multicoques en configuration régate, ce qui inclut le remplissage des ballasts. Cette décision correspond à une réclamation américaine.

 

- La Coupe à Valence en février : Oui, sauf si Alinghi gagne en appel contre la décision d’invalider RAK. En cas de victoire suisse en appel, la Coupe aura bien lieu dans les Emirats Arabes Unis.

 

- Les Règles de Course (Notice of Race) ont été publiées au même moment que l’annonce de Valence. Il est écrit que les matchs ne se disputeront pas avec plus de 15 nœuds de vent ni plus d’un mètre de vague. Des conditions qu’il faudra peut-être attendre longtemps à Valence en plein hiver…

 

- D’autre part, il n’est pas précisé où étaient mesurés les 15 nœuds de vent ni pendant combien de temps. 15 nœuds en rafale en tête de mât d’Alinghi 5 ou 15 nœuds de moyenne au niveau de l’eau ? Lors de la dernière Coupe, les limites de vent de 7 à 23 nœuds étaient mesurées à 10 mètres de hauteur, sur le bateau comité, et devaient correspondre à une moyenne sur une période de dix minutes.

 

- Quelles sont les chances de voir le match en février ? Pas 100% à mon avis. Entre l’appel d’Alinghi, le litige toujours en cours sur la prise en compte ou non des safrans pour mesurés la longueur à la flottaison, et tous les autres débats possibles, les probabilités que la justice repousse à nouveau l’échéance ne sont pas nulles.

 

- Si la Coupe avait bien lieu en février (Valence ou RAK peu importe), certains commencent déjà à anticiper l’avenir et la 34e édition. D’abord sur le choix du Challenger of Record, ensuite sur le lieu et enfin sur le support.

En cas de victoire des Suisses : il se dit que la Coupe pourrait rester en multicoque. Le lieu et le Challenger of Record donnent lieu à toutes les spéculations.

En cas de victoire des Américains : la Coupe reviendrait probablement sur des monocoques de 90 pieds comme prévu en 2007. Si Oracle se disait satisfait de Valence, il se pourrait qu’un circuit du type Louis Vuitton Trophy serve de sélection et que la finale de la Coupe de l’America se déroule quand même aux Etats-Unis. Quant au challenger of record possible, Artemis (l’équipe B d’Oracle, soit dit en passant) et Mascalzone Latino (Onorato est le seul à avoir ouvertement soutenu Ellison) sont les deux noms qui ressortent le plus.

 

Pajot viré de sa propre équipe… mais rétabli par le tribunal !

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 C’est une affaire passée inaperçue dans la presse grâce au démenti de l’intéressé qui cherche à se maintenir coûte que coûte. Mais à en croire Philippe Ligot, managing director de l’équipe française, Marc Pajot ne fait plus partie du team français, point à la ligne. Le monsieur ne souhaite pas ajouter de commentaires à cette éviction, afin de ne pas alimenter de polémique, ni « entrer dans le jeu de Pajot » dit-il.

 

En résumé, deux jours avant le Louis Vuitton Trophy, Marc Pajot s’est disputé avec l’homme d’affaire qui a remis l’équipe en route cet automne. Le torchon aurait notamment brûlé à cause de la modification du nom de l’équipe pour l’épreuve, comme je l’ai évoqué dans le billet précédent. Mais depuis ce désaccord, il y a 10 jours, Pajot est toujours à Nice. D’après lui, il aurait pris un peu de recul sur cet événement, mais reste président de l’équipe. Ce que dément formellement Philippe Ligot de son côté…

 

Conclusion de ce qu’on pourrait appeler l’affaire Pajot : Marc a été viré de l’équipe qu’il avait créée et tente de recoller les morceaux pour garder un pied dans la place.

 

Une nouvelle qui aurait pu faire l’effet d’une bombe mais qui, comme aurait dit un illustre président, a pour l’instant fait “pschitt“ !

 

MAJ 21.11 : Dans une ordonnance de référé datée du vendredi 20 novembre, le tribunal de Paris ordonne à Messieurs Philippe Ligot et Hugues L. (l’actionnaire principal) de rétablir l’ancienne dénomination de l’équipe, soit Team French Spirit, et de rétablir monsieur Marc Pajot en qualité de président de cette équipe.

Affaire à suivre…

Point Coupe

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 L’actualité autour de la Coupe de l’America est plutôt dense ces derniers temps.

 

- Suite au revers de la Cour Suprême, Alinghi a fait appel, dans un premier temps, de la décision du juge Kornreich de refuser Ras-al-Khaimah. Quelques jours plus tard, le defender a proposé de disputer la Coupe sur la côte est d’Australie, longue de 2500 km. Du coup, Alinghi et Oracle devaient se rencontrer ce week-end pour trouver le site qui accueillera les deux maxi-multicoques en février prochain. A Nice, on parle d’Hamilton Island, dans le décor paradisiaque des Whitsundays… Principal avantage pour les Suisses ? La barrière de corail assure un plan d’eau calme.

 

- De l’autre côté de la planète voile, à San Diego, BOR 90 a démâté mardi dernier à l’entraînement dans des conditions moyennes. Pas grave ont dit les Ricains, on a un nouveau mât sous le coude et on reprend l’entraînement dès la semaine prochaine. Grâce à Gilles Martin-Raget, vous avez découvert lundi matin ce fameux mât-aile (voir cette incroyable photo à la hune).  Les médias américains racontent que le mât qui a cassé la semaine dernière aurait coûté 10 millions de dollars. Cela paraît un tantinet excessif pour un simple tube en carbone !

 

- Chiffres toujours.

20 millions de dollars. C’est ce qu’auraient dépensé chacun des deux protagonistes en frais d’avocats depuis deux ans… Soit le budget total d’une équipe de milieu de tableau lors de la 32e Coupe de l’America à Valence (genre Team Germany).

4,6 millions d’euros. C’est le budget du Louis Vuitton Trophy à Nice. L’équivalent du budget du Vendée Globe 2004 (le Vendée Globe 2008 disposait d’un budget d’environ 7,3 millions d’euros).

100 000 euros. C’est ce qu’aurait apporté Géodis, le nouveau partenaire d’All4One (ex-K Challenge) pour l’épreuve niçoise.

 

- Restons à Nice maintenant car c’est Dallas chez les Français !

L’équipe de Marc Pajot a vécu une semaine mouvementée. Incertaine de participer au Louis Vuitton Trophy dix jours avant le début de l’épreuve faute de moyens suffisants, l’équipe française a décroché un sponsor providentiel de dernière minute : les Pages Jaunes. Mais problème : comment appeler l’équipe ? Première idée : prendre les initiales de Team French Spirit (TFS) et ajouter Pages Jaunes. Soit TFS – Pages Jaunes. Mauvaise idée ! TFS, ça fait Tes Fesses ! Pajot veut au contraire conserver l’appellation French Spirit et le fait savoir. Le torchon aurait alors brûlé entre le vainqueur de la Route du Rhum 82 et son principal bailleur de fonds privé.

Du coup, jeudi soir, les navigants sont informés pendant le dîner que Pajot est viré. Mais le lendemain soir, lors de la cérémonie d’ouverture à l’Opéra de Nice, Marc Pajot est toujours là. Il balaye les rumeurs et parle d’une discussion houleuse, d’une zone de turbulence traversée mais que désormais, tout est rentré dans l’ordre. Dimanche, l’équipe change à nouveau de nom et s’appelle Team Pages Jaunes avant de revenir quelques heures plus tard à TFS – Pages Jaunes ! Une vraie affaire d’état… 

Vive les Multis !

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 Pour paraphraser mon confrère Pierre-Yves Lautrou, “on ne fait pas un métier facile !“

 

Il était prévu que je navigue sur le trimaran Actual dès les premières navigations. Mais des impondérables ont bousculé ce beau calendrier. C’était reculer pour mieux sauter. Car, en guise de première navigation, Yves Le Blévec m’a invité au convoyage de son multi 50 de La Trinité-sur-Mer jusqu’au Havre en compagnie de Jean Le Cam et de la fille d’Yves. 333 milles bouclé en 28 heures (12 nœuds de moyenne) dans des conditions de rêve : mer plate, 10-20 nœuds de vent de sud-sud-est et une douceur surprenante pour un 30 octobre, même la nuit. 

 

Bilan de la virée : du bonheur comme s’il en pleuvait !

 

Ces multis 50 sont vraiment des bateaux simples, faciles à barrer et à manoeuvrer. Et les sensations de glisse et d’adrénaline sont au rendez-vous. Les Figaristes qui veulent changer de support mais ne trouvent pas de budget pour le Vendée Globe devraient venir faire un tour en multi 50. L’essayer c’est l’adopter… 

 Dernière ligne droite au près avant l’arrivée au Havre. Soleil couchant et mer plate. Que demander de plus…

 

Passer le raz de Sein à plus de 20 nœuds sous gennaker est assez grisant. Mais ce n’était qu’une mise en bouche avant le raz Blanchard à 22 nœuds, toujours sous gennak’, sur une mer totalement lisse. Douce comme du velours. Un vrai billard… Jean Le Cam lui-même reconnaissait que bénéficier de telles conditions est assez rare. Un bonheur que les futurs compères de la Transat Jacques Vabre auraient pu partager pleinement avec moi s’ils n’avaient passé une partie du convoyage à l’intérieur à régler des soucis de pilote.

 

Conséquence de ces problèmes récurrents de pilote, j’ai eu le loisir de me retrouver de nuit, à la barre d’un multi filant entre 15 et 20 nœuds sous gennaker, sans le moindre instrument à bord pour m’aider ! De toutes les belles opportunités offertes par ce “métier pas facile“ (barrer un Class America, Orange 2 ou Banque Populaire V), j’avoue que barrer Actual à 20 nœuds de nuit en naviguant uniquement avec les étoiles et les sensations du bateau restera l’une de mes plus belles expériences jusqu’à ce jour…

 

 

A gauche, Yves Le Blévec à la table à cartes à l’intérieur de l’étroite coque centrale. Regarder Jean Le Cam (à droite) barrer un multicoque est une leçon de navigation en accéléré. Un multicoque ne se barre pas du tout au portant comme un mono. Il faut sans cesse le relancer.