Skip to Content

Monthly Archives: janvier 2010

La réponse du berger

Par

Ça ressemble à des jumelles, ça se tient comme des jumelles, on vise comme des jumelles mais ce ne sont pas des jumelles, et encore moins le dernier modèle de radar de la maréchaussée…

 

Non, ce sont des jumelles laser, baptisées Racer’s Edge et qui permettent de connaître instantanément la force et la direction du vent à 400, 700 et 1000 mètres devant soi. La réponse du berger à la bergère en quelque sorte face aux ULM hydravions d’Alinghi (voir deux posts plus bas)… Bien que les deux présentent des intérêts différents. Car les ULM permettent de connaître le vent où l’on veut sur le parcours, mais avant le coup de canon, tandis que ces jumelles peuvent servir pendant les matchs, mais n’indiquent le vent que dans un rayon maximum de 1000 mètres autour du bateau, soit à peine plus d’un demi mille, sur un bord qui mesure 20 milles de long !

D’après l’interview de Phil Rogers, pdg de la société Catch The Wind qui a conçu la Racer’s Edge (et lue sur le site de Valencia Sailing), Il suffit de viser et d’appuyer sur le bouton pour connaître instantanément les mesures du vent aux trois distances précitées. Relié par Bluetooth à l’ordinateur du bord, cela permet d’établir une évolution du vent et de connaître également – en fonction de l’angle de visée – la force et la direction du vent à différentes hauteurs au-dessus de l’eau.

Ces jumelles ont été spécialement développées pour BMW Oracle Racing et coûtent la bagatelle de 150 000 $ (environ 106 000 €), mais un modèle moins sophistiqué devrait être commercialisé prochainement. Ouf… On respire !
 

La Suisse en librairie

Par












Ecrit par Bernard Schopfer, ex-journaliste suisse passé par la communication d’Alinghi en 2003 et désormais directeur de l’agence de communication MaxComm, ce livre intitulé “La formidable saga des multicoques du Lac Léman – d’Altaïr à Alinghi –“ retrace comme son titre l’indique l’épopée lémanique des plus insolites multicoques d’eau douce.

 

Richement illustré, très bien écrit, cet ouvrage est fort instructif à quelques jours de la 33e Coupe de l’America. Des images de l’aile d’Altaïr XII, directement inspirée du Stars & Stripes de 1988, ou bien les premiers bords d’Alinghi 5 l’été dernier témoignent de la richesse de la voile helvétique. Dennis Conner, Eric Tabarly, Loïck Peyron et bien d’autres champions de voile sont venus se tester sur le Lac. Un bel ouvrage à conserver dans la bibliothèque du bord…

 

 

En couverture, Alinghi 41, dit Le Black, est le plus abouti des multicoques du Lac. Il remporte le Bol D’or quatre années de suite de 2000 à  2003, signant au passage l’arrêt de mort de la classe Open par sa domination. Il inspirera également la première monotypie avec le Décision 35. 

« La formidable saga des multicoques du Lac Léman – d’Altaïr à Alinghi – » est publié aux éditions Favre et vendu environ 25 euros dans les librairies. © D.R.

 

En direct sur Internet… et sur Canal + Sport !

Par












Bonne nouvelle pour tous les passionnés de voile et/ou de la Coupe de l’America. Alinghi a délégué au consortium Valencia 2007 (institutions espagnoles) l’organisation à terre de l’événement et la production télévisuelle.

 

Or celle-ci vient d’annoncer qu’il n’y aurait pas de droits de retransmission de la 33e Coupe de l’America et que les duels entre Oracle et Alinghi seront retransmis en direct sur le site officiel de l’événement, www.americascup.com.

 

Alors ne prévoyez pas trop de rendez-vous les 8, 10 et 12 février entre 10h et 17h… Et ne ratez pas le duel le plus insolite de l’histoire de la voile !

 

MAJ 27.01 : vous pourrez également suivre les matchs entre Alinghi et Oracle sur Canal + Sport avec Hélène Cougoule et votre serviteur aux commentaires, accompagnés par un consultant de marque. C’est pas bioutifoule, ça !!!

 

Un coup d’avance !

Par












C’est une information que j’aurais aimé développer mais, faute de temps, la voici telle quelle. Je l’ai d’abord lue sur le site d’Alinghi dans cette intéressante interview (à lire ici) du météorologue néo-zélandais, Jon Bilger. Malheureusement, elle est uniquement sur la version anglaise du site du defender. Une info reprise dans L’Equipe du 15 janvier avec la même photo que ci-dessous.

 

Alinghi utilise deux ULM hydravions pour mesurer le vent sur le plan d’eau de Valence. Géniale comme idée ! Comme l’explique Bilger dans l’interview, cela permet de mesurer la vitesse et la direction du vent à 60 mètres, soit la hauteur des mâts, et non plus à seulement 10 mètres de haut comme c’était le cas jusqu’à présent avec les semi-rigides météo. Et comme ils peuvent filer entre 25 et 60 nœuds, cela permet de couvrir un plus grand espace qu’un semi-rigide. Et se poser sur l’eau s’il faut patienter avant le départ…

 

« Comme ses bateaux vont très vite et qu’ils sont très larges, les navigants ne monteront pas en haut du mât, sauf absolue nécessité, en tout cas pas pour observer le vent, poursuit Bilger dans l’interview. Sur un Class America, on pouvait voir assez loin du haut du mât, donc la prise de décision des navigants avait beaucoup d’importance. Mais cette fois-ci, parce qu’ils vont très vite mais virent assez lentement, le choix du côté du parcours sera effectué avant le départ en fonction des infos que nous leur aurons fournies. Faire le bon choix sera crucial. Si chaque équipe choisit un côté différent, la séparation sera importante en très peu de temps. »

 

Conclusion : le rôle de l’équipe météo sera encore plus primordial que par le passé. Et avec ces deux ULM, Alinghi possède un coup d’avance sur BMW Oracle Racing.

 

On peut voir sur ses deux ULM hydravion d’Alinghi les perches à l’avant pour mesurer la force et lal direction du vent et les antennes de transmission. Et n’y aurait-il pas un petit radar également ? © Alinghi

 

Dernière info de l’interview : en 95, à San Diego, certaines équipes avaient utilisé des hélicoptères, non pas pour mesurer le vent, mais pour observer le plan d’eau…

 

Double Libé

Par












Après Ouest France et Le Télégramme, Libé est peut-être le quotidien qui relate le plus d’histoires sur la voile. On se souvient encore du cahier réalisé à l’arrivée de la Transat 6.50 par Jean-Louis Le Touzet.

 

Aujourd’hui, Libération a consacré une double page sur les deux multicoques du Trophée Jules Verne avec une intéressante interview de Vincent Lauriot-Prévost. L’architecte est omniprésent dans les médias en ce moment (pour preuve notre info à la hune d’hier) avec le multicoque de BMW Oracle Racing, BOR 90, tous les nouveaux 60 pieds Imoca signé en association avec Guillaume Verdier (Virbac Paprec, PRB, Foncia) et l’annonce du MOD 70 de Mich Desj.

 

A lire donc dans le Libé d’aujourd’hui (ou sur cette page du site Libé.fr) sous la plume de l’excellent Luc Le Vaillant, responsable de la rubrique portrait et ancien journaliste de Voiles et Voiliers – il y a 15 ou 20 ans !

 

MAJ 26.01 : Martin Couturié, rédacteur en chef des sports du Figaro, m’a amicalement fait remarquer que le même jour, Le Figaro consacrait un papier (à lire ici) sur Michel Desjoyeaux – qui avait annoncé la veille ses nouveaux projets – et que son journal avait consacré huit pages au Trophée Jules Verne précédemment. Sans oublier les pages entières sur la Solitaire du Figaro au mois d’août. Au final, Le Figaro n’est pas en reste par rapport à ses concurrents…

Conclusion : on a beaucoup de chance qu’en France autant de quotidiens s’intéressent d’aussi près à la voile…

 

Bernard Bonneau, réserviste !

Par





Le conseiller technique national, organisateur de la SOF et chargé des relations internationales et de la réglementation à la FFVoile, est réserviste du jury de la 33e Coupe de l’America. Qu’est-ce que ça veut dire ? Réponse de l’intéressé.

(n’ayant pas trouvé de photo de Bernard Bonneau sur Internet, voici une vidéo intéressante de lui trouvée sur dailymotion où il raconte son rôle de juge international aux Jeux Olympiques).

 

« Au départ, l’ISAF a directement nommé les cinq membres du jury, dont je faisais partie. Mais chacune des deux équipes a souhaité nommer également un membre du jury, en l’occurrence Bryan Willis (GBR) et Graham McKenzie (NZL). Du coup, Bertie de Speville et moi sommes devenus réservistes. Cela implique pour nous de devoir répondre rapidement présent en cas de défaillance d’un des juges. » Willis et McKenzie font tous les deux partie des experts nommés auprès de la Cour Suprême de New York lors des derniers litiges.

 

Dommage, car il eut été intéressant qu’un Français fasse partie des membres du jury où, à une exception près, on ne retrouve que des Anglo-Saxons. Pour rappel, ce jury international est composé des deux précités, ainsi que de l’Australien David Tillett, président du jury, du Britannique John Doerr, et de la Néerlandaise Josje Hofland.

 

Pour Bernard Bonneau, cela implique néanmoins de suivre avec attention les nombreux soubresauts de l’aiguière d’argent et les litiges réguliers entre les deux protagonistes.

 

En attendant une éventuelle intervention à Valence, il sera fin janvier à Miami en tant que président du jury de la Sailing Gold Cup pour la septième année consécutive… Pas toujours facile la vie de juge international !!!

 

Comment suivre la Coupe ?

Par












Pour faire suite au post précédent et l’image de Google Earth montrant l’immense terrain de jeux des multicoques de la 33e Coupe de l’America, une question se pose régulièrement entre journalistes qui seront sur place à Valence. Comment suivre les régates de ces multicoques qui pourraient se retrouver à une trentaine de milles l’un de l’autre sur la première manche si chacun part d’un côté du plan d’eau et file sans virer jusqu’en lay-line ? Même si ce cas paraît peu probable, il n’empêche qu’il ne va pas être évident de suivre ses monstres qui filent à plus de 30 nœuds !

 

Option n°1 : le semi-rigide ultra puissant. Pas très confort, humide et franchement pas pratique pour prendre des notes.

 

Option n°2 : la vedette à passager montée sur foil comme on en voit sur les liaisons entre îles et continent. Mais y en aura-t-il sur place ?

 

Option n°3 : l’hélicoptère. Sûrement très sympa, mais un peu cher !

 

Option n°4 : le ballon dirigeable. Voilà peut-être la solution idéale !

 

En voici un déjà aux couleurs d’un des sponsors des Américains. Reste plus qu’à le faire venir d’Allemagne et le tour est joué, non ?

 

 

 

Dernière option : rester au centre de presse et regarder la télé !

 

Dites 33 !

Par

 Avec la publication vendredi des ébauches d’Instructions de Course et de Règles de Course, Alinghi a levé le voile sur quelques interrogations en suspend. Après lecture des deux documents, voici ce que j’en retiens :

 

- Les deux adversaires ne sont donc toujours pas mis d’accord pour disputer la 33e Coupe de l’America au meilleur des sept manches. Pour l’instant, on reste donc sur deux manches gagnantes.

 

- date des épreuves : 8, 10 et 12 février. Jours de réserve du 15 au 25 février. Départ prévu à partir de 10h00, et pas après 16h30 (heure locale). Un jour de semaine de repos obligatoire entre chaque régate terminée.

 

- parcours : banane pour la première manche. Soit un seul aller-retour jusqu’à une bouée située à 20 milles au vent. Total : 40 milles. Triangle olympique pour la deuxième manche. Chaque bord mesure 13 milles. Total : 39 milles. Si nécessaire, la troisième manche sera identique à la première.

 

- Aucun parcours ne peut être réduit. Le temps limite pour chaque manche est de 7 heures. Si aucun des deux concurrents ne franchit la ligne d’arrivée, la manche doit être recourue.

 

- La procédure de départ se décompose ainsi, en minutes : 10 – 6 – 5 – 3 – 0. Les deux multicoques devront entrer dans la zone de pré-départ entre la 5e et la 3e minute. Le Comité de Course signalera au plus tard au moment du signal d’attention (10 minutes) de quel côté les bouées du parcours doivent être contournées à l’aide d’un drapeau rouge ou vert.

 

- Les communications avec l’extérieur sont interdites pendant la course. Mais les instruments laser pour connaître les paramètres de cap et vitesse de son adversaire sont autorisés.

 

- Le nombre de bateaux accompagnateurs, notamment les bateaux météo, seront limités, sans autre précision pour l’instant, ainsi que leurs déplacements sur le plan d’eau.

 

Et voici les deux règles qui à mon avis peuvent engendrer le plus de reports, voire de litiges.

 

- La limite haute de vent est fixée à 15 nœuds, mesurés à 60 mètres de haut ! (il n’est pas précisé pendant combien de temps, ni si c’est une moyenne)

D’après un membre français de l’équipe d’Alinghi, depuis le 1er décembre, seulement deux journées étaient navigables dans ces conditions !

 

- « Règle 8.5 des IC : le Comité de Course peut annuler une manche avant que le premier concurrent ne franchisse la première marque s’il considère que le vent a basculé de façon permanente de 25° par rapport au vent initial au moment du départ » !

Imaginez la polémique si le Comité de Course annule une manche que domine BOR 90 !

 

Avec ces deux règles, on risque d’attendre longtemps les conditions idéales en Espagne.

 

Enfin, voici ci-dessous l’aire de jeux des deux multicoques, selon les Règles de Course, que je suis allé retracer maladroitement sur Google Earth. Ce rectangle mesure environ 55 milles de long pour 28 milles de large.

Remarquez la proximité d’Ibiza, l’île au milieu de l’image… Peut-être un appel du pied pour que cette 33e Coupe de l’America, bien trop polémique, se termine en énorme fiesta sur la plage !

 

Le simili-rectangle à l’intérieur duquel se disputera la 33e Coupe de l’America. C’est quasiment de la course au large ! © : Google Earth

Jusqu’au pré-départ ?

Par

 A un mois et un jour du très attendu 8 février – jour où est censé commencer la 33e Coupe de l’America – les deux protagonistes continuent de se crêper le chignon comme au premier matin. La sonnerie n’aurait-elle pas encore retenti dans la cour de récré ?

 

Derniers tirages de cheveux pour Oracle qui demande à Alinghi de prouver que son bateau est bien entièrement construit en Suisses. D’après les Américains, ce ne serait pas le cas des voiles, North 3DL, fabriquées aux Etats-Unis.

Réponse des Suisses : le Deed of Gift demande que le bateau soit construit en Suisse, donc la coque, sans autre précision pour le reste. Si la règle de nationalité était si pointue, poursuit Alinghi, comment les Américains expliquent-ils que BOR 90 a été dessiné par des architectes français ?

Je suis plutôt d’accord avec Alinghi sur ce point. Sinon, faudrait alors vérifier aussi la provenance des cordages, des pots de peintures et de l’essence mise dans leurs moteurs embarqués !

 

La dernière griffure en date revient en fait à Alinghi qui réclame à Oracle de ranger gentiment son bateau dans la Darsena Interior, le fameux Port America’s Cup de la dernière édition, pour, d’après le Defender, assurer le succès de cette 33e édition. Depuis que les deux multicoques sont arrivés en Espagne la semaine dernière (voir cette photo à la hune), les Suisses ont réinvesti leur base, tandis que les Américains se sont installés dans le port de commerce.

Réponse des Américains : pour laisser BOR 90 au mouillage avec son aile, il faut un cercle d’évitement de 200 m de diamètre libre de tout obstacle. C’est loin d’être le cas dans la Darsena. D’autre part, tous ceux qui ont assisté à la dernière Coupe ont pu constater à quel point l’entrée de la Darsena pouvait devenir rocambolesque avec un peu de houle. Il était d’ailleurs interdit aux Class America, des monocoques de 25 mètres, d’y entrer ou d’en sortir à la voile, enchaînent les Américains. Et voilà qu’Alinghi exige aujourd’hui que BOR 90, un trimaran de 27 m, y pénètre avec son aile en l’air !

Là, pour le coup, les arguments d’Oracle sont largement recevables.

 

Mais il faut croire que nos deux champions procéduriers ont encore de la ressource pour continuer à se titiller de la sorte. Quelle sera la prochaine attaque ? La prochaine discorde ? Les paris sont ouverts. Certaines rumeurs annonçaient un premier accord entre les deux équipes pour ne démarrer la 33e édition que le 12 février et régater au meilleur des sept manches au lieu de trois. Mais rien n’a été officialisé sur ces deux points de part et d’autre.

 

Pour terminer sur une note plus anecdotique, j’ai été amusé de lire qu’Alinghi 5 avait été transporté jusqu’à Valence sur un cargo du nom de Cassandra B. Or, Cassandre, était une déesse grecque d’une grande beauté qui prophétisa en vain la chute de Troie. Pour rappel, un oracle (BMW Oracle Racing) est la réponse formulée par un dieu concernant l’avenir d’une personne. Cassandre d’un côté, oracle de l’autre, nos deux protagonistes aimeraient certainement connaître leur proche destin… Affaire à suivre !