Skip to Content

Monthly Archives: février 2010

A quoi ça rime ?

Par












Depuis quelques années, le World Match Racing Tour a réussi à se positionner comme le nouveau championnat du monde de match-racing. Un circuit sérieux, professionnel et de mieux en mieux doté pour attirer les meilleurs barreurs de la discipline. Mais voilà qu’en décembre, les organisateurs ont changé les règles du jeu comme nous l’expliquait Manon Borsi dans cet article publié sur v&v.com le 17 février.

 

Et du coup, on se retrouve avec un Championnat du Monde où les meilleurs match-racers ne sont pas  tous invités, où quelqu’un qui participe au Championnat (en l’occurrence Peter Gilmour) a le droit de choisir ses adversaires (puisqu’il est également organisateur), où les places sont limités à deux par nation – tant pis si les trois meilleurs mondiaux sont Kiwis, Français ou Luxembourgeois – et où c’est l’argent que les coureurs sont prêts à payer pour participer qui décide des inscriptions !

 

Un vrai scandale avec la bénédiction de l’ISAF qui n’y trouve rien à dire !

 

Grâce à ce tour de passe-passe, le WMRT a supprimé tous liens entre la ranking list ISAF (établie en fonction de toutes les épreuves de match-racing, grade 1 et 2) et le World Tour. Du coup, le circuit va fonctionner en vase clos et les petits jeunes talentueux n’auront quasiment plus aucune chance de déboulonner les vieux.

 

Explications : il y a douze places par épreuves. Neuf sont attribués quasi d’office sur invitation permanente par le World Tour et les trois autres sont réservées à l’organisateur de chaque épreuve, souvent au profit des régatiers locaux.

 

Les trois premiers au classement du World Tour précédent ont la possibilité de se réinscrire pour l’édition suivante, gratuitement pour le premier (MAJ: correction apportée à 17h) et moyennant un forfait à payer de  5000 $ pour le deuxième et 10 000 $ pour le troisième. Ainsi, Adam Minoprio, champion en titre, Torvar Mirsky et Ben Ainslie, qui complètent le podium 2009, sont prioritaires.

 

Le Kiwi Adam Minoprio, champion en titre, est logiquement prioritaire pour l’obtention d’une invitation permanente. Mais l’attribution de six autres invitations est proprement scandaleuse…

 

Reste donc six places à attribuer. Et c’est là que ça devient drôle !

Car pour participer, il faut faire acte de candidature et proposer une enchère financière aveugle, c’est-à-dire qu’on ne sait pas ce que proposent les petits camarades. Super concept pour un soi-disant championnat du Monde, non ?

 

Peter Gilmour, 4e du World Tour 2009 et co-propriétaire du circuit a reçu une des six invitations. Propriétaire, organisateur et concurrent… Beau mélange de casquette. A-t-il payé son inscription ? On peut en douter.

 

Francesco Bruni, seul italien candidat, a également reçu une invitation. Mais il n’était classé que 12e en 2009 et 24e sur la ranking list ISAF ! Pourquoi lui ?

 

Et pourquoi Björn Hansen, 14e du Tour en 2009, « l’un des plus mauvais skippers scandinaves » se lamente Marc Bouët, l’entraîneur de l’équipe de France de match-racing. C’est vrai qu’il présente le plus faible ratio de points marqués par rapport au nombre de participation de tous les coureurs du World Tour !

Mais c’est peut-être justement parce qu’il est mauvais que le World Tour, le cœur sur la main, veut lui donner sa chance.

 

Il serait injuste de penser que c’est le montant de leurs enchères qui leur a permis de recevoir une invitation. Pourtant, ça paraît évident !

 

Pour la sixième invitation, rien à dire. Ian Williams, double vainqueur du WMRT en 2007 et 2008 a tout à fait sa place. Surtout quand on sait – mauvaise langue que nous sommes – que son sponsor, Pindar, est également le sponsor du World Tour.

 

Reste deux places pour les Français. Et là, nouveau couac !

 

La Fédération Française de Voile, soucieuse d’équité, a souhaité proposer les deux barreurs français les mieux classés l’année dernière, soit Mathieu Richard et Damien Iehl. Ces deux garçons, comme Philippe Presti, Sébastien Col et Pierre-Antoine Morvan, ont signé un contrat  (MAJ  17h: plutôt un accord) avec la FFV acceptant ce système, en échange de quoi la fédé (via Areva) les soutient tous financièrement pour participer à différentes épreuves. Seul Bertrand Pacé a refusé de signer cet accord et a donc fait acte de candidature de son côté auprès du World Tour.

 

Et voilà que c’est Pacé qui est pris à la place de Iehl ! Damien est classé 3e mondial sur la ranking list et Bertrand… 38e ! Logique, non ?

 

Mais aux yeux du World Tour, Pacé a l’avantage d’être plus connu, plus médiatique, et de représenter l’équipe Aleph qui participe au Louis Vuitton Trophy et pourrait être challenger de la 34e Coupe de l’America.

 

Ironie du sort, Iehl fait partie de la cellule arrière d’Aleph sur le Louis Vuitton Trophy !

 

Ce ratage en règle de prise de contrôle de la FFVoile montre finalement à quel point la France a peu de pouvoir au sein de l’ISAF…

 

 

Méconnaissables

Par

Philippe Presti, coach de la cellule arrière de BMW Oracle Racing, a déclaré cet après-midi sur Canal + Sport ne pas reconnaître le Defender suisse. Qu’ils avaient déjoué lors des deux rencontres. Je suis assez d’accord avec son analyse tant l’équipe d’Alinghi était méconnaissable. Comme tétanisée par l’enjeu.

Les deux pénalités encaissées lors du pré-départ montrent une certaine fébrilité à un tel niveau de la compétition. Même si l’on peut penser que la première pour refus de tribord est assez sévère, la seconde – pour un mauvais positionnement dans la zone de départ au moment des 5 minutes – est indiscutable. C’est une faute de débutant, indigne du double détenteur de l’aiguière d’argent. Que s’est-il passé à bord ? Mauvais timing ? Des bateaux spectateurs les auraient-ils gêné comme j’ai pu le lire ce dimanche soir ? Toujours est-il que ces deux pénalités – qui n’ont visiblement pas changé le cours des deux rencontres – ont certainement affecté psychologiquement l’équipage d’Ernesto Bertarelli.

Une autre question me taraude. Dans cette seconde manche, à la fin du premier bord de près, pourquoi Alinghi n’a pas profité de son avantage tribord amures pour aller provoquer son adversaire et le forcer à virer ? USA-17 était à ce moment-là en lay-line, soit en route directe vers la bouée. En profitant de sa priorité tribord, Alinghi 5 pouvait forcer les Américains à virer deux fois pour revenir vers la bouée. Au lieu de ça, ils ont croisé 80 mètres devant. Avec un virement de bord à suivre – très pénalisant en multicoque – ils se sont fait doubler par en dessous et ont raté la dernière grosse opportunité qui se présentait à eux.

 

Alinghi n’a pas vraiment brillé pendant cette 33e Coupe de l’America. Le catamaran suisse était moins performant que le trimaran américain et l’équipage a déjoué sur les deux manches. ©photo : Carlo Borlenghi / Alinghi.

Enfin, même s’il est toujours facile de tirer des conclusions hâtives sans connaître tous les paramètres, il m’a semblé qu’Alinghi 5 rivalisait plus en vitesse avec USA-17 lorsque Loïck Peyron était à la barre. Malgré l’indéniable talent d’Ernesto Bertarelli – qu’il a prouvé maintes fois en D35 sur le Léman – Loïck Peyron est un barreur d’un calibre encore supérieur, certainement plus habitué à la pression de la compétition à un tel niveau. Pourquoi ne pas lui avoir confié la barre plus souvent ?

USA-17 était indéniablement plus rapide qu’Alinghi 5, mais l’équipage suisse n’a pas offert la plus grande résistance possible et a commis de trop nombreuses erreurs pour espérer rivaliser. Dommage, le suspense et le spectacle auraient été encore plus passionnants à suivre…

 

(MAJ 15.02) : parmi les erreurs commises par Alinghi, j’oubliais celle de sa configuration de voile de la 1ère manche vendredi quand le catamaran suisse était parti avec des voiles de petit temps et que le vent est monté pendant cette première manche.
 

Joli logo

Par

Voici le logo officiel de la 33e Coupe de l’America. Une idée de Michel Hodara, ex-grand patron d’ACM appelé il y a quelques semaines par le Consortium Valencia 2007 pour prendre en charge l’organisation à terre, et d’un de ses amis, Jérôme Bontron, graphiste de son état.

Les deux 3, dos à dos, séparés par la silhouette de la Coupe de l’America est une jolie façon – je trouve – d’illustrer le duel de cette 33e édition entre deux milliardaires qui tentent de s’arracher l’aiguière d’argent. Bien vu !
 

La guerre des chefs

Par

Le bras de fer continue entre Ellison et Bertarelli.

Hier soir, les deux équipes tenaient une conférence de presse à une heure de décalage, chacune dans sa base de la Darsena Interior. Aujourd’hui à 16h est prévue une conférence de presse des propriétaires – Larry et Ernesto, donc. Une conférence de presse où le milliardaire américain comptait se rendre avec Russell Coutts. Or celui-ci n’est pas du tout le bienvenu, semble-t-il. Du coup, Ellison a déclaré vendredi soir qu’il n’irait pas à la conférence de presse des propriétaires… Ambiance, ambiance !!!

Le vent souffle trop fort aujourd’hui et les deux bateaux restent à quai. Chez Alinghi, on en profite pour donner une journée de repos à l’équipage.
 

La pression monte

Par

 

A moins de trois jours du très attendu duel, voici les dernières infos que j’ai relevées à droite à gauche :
 
-         Le Jury a statué pour supprimer la règle des 15 nœuds de vent maximum. D’autre part, la règle 8.5 du projet d’Instruction de Course a disparu du document final. Elle stipulait que le Comité de Course pouvait annuler une manche s’il considérait que le vent avait basculé de 25° de façon permanente.
 
-         Néanmoins, il reste à la discrétion du Comité de Course de lancer un match, et/ou de l’annuler en cours de route. Ce qui peut toujours porter à polémique lorsqu’on sait que ce Comité de Course est constitué par Alinghi.
 
-         La météo s’annonce plutôt favorable pour lundi avec 5 à 10 nœuds de sud-ouest (donc pas de vagues), a priori favorable aux Suisses, si l’on en croit les nombreux experts qui s’expriment actuellement.
 
-         Question experts, justement, les avis sont très partagés pour savoir qui va remporter cette insolite 33e édition de la Coupe de l’America.
 
-         Dans le magazine anglais Sail, Ian Campbell, du Wofson Unit de Southampton, connu pour ses essais en bassin de carène notamment, prédit que d’après les VPP qu’ils ont calculé eux-mêmes, USA-17 devrait remporter la Coupe, et peut-être même avec une marge importante ! D’après eux, USA-17 peut lever un flotteur dès 8 nœuds de vent et peut filer deux fois plus vite que le vent en VMG.
 
-         Côté fiabilité, il paraîtrait qu’Alinghi ait connu un petit souci entre bôme et grand-voile lors d’un essai cette semaine.
 
-         Mais dans cette intéressante interview accordée à Axel Capron de sports.fr, Alain Gautier sent que les Américains ne sont pas prêts : « il se trouve que ces derniers jours, j’ai été chargé de suivre Oracle, j’ai pu le faire de très près pendant quatre jours. Leur bateau va bien, c’est clair, mais ils ne sont pas prêts comme ils devraient l’être car ils ont eu beaucoup de problèmes. Sur des journées de navigation de neuf heures, ils n’en ont d’efficaces que trois ou quatre, car ils s’arrêtent souvent, ils ont des problèmes à gérer. Pa      r contre, quand le bateau va bien, l’aile est magnifique, c’est une belle réalisation, un beau défi technologique. »
 
-         Encore sur sports.fr, (ici) Vincent Lauriot-Prévost, l’architecte français d’USA-17, pense que « à un ou deux nœuds (de vent) d’écart, l’avantage sera pour l’un ou pour l’autre. » Si c’est vrai, les matchs pourraient être très serrés.
 
-         Toujours sur sports.fr, dans cette interview de Bruno Troublé, j’aime bien cette image lorsqu’il dit que « pour les Suisses, aller à la Cour de New York contre les Américains, c’est comme d’aller se plaindre de sa femme auprès de sa belle-mère ! » Bien trouvé…
 
-         Pour ma part, je file ce soir à Valence. J’ai hâte de les voir s’entraîner, et de prendre la mesure de leur démesure avant de commenter les matchs sur Canal + Sport avec Sébastien Col comme consultant… Vivement lundi !