Skip to Content

Monthly Archives: avril 2010

Enorme ! (2)

Par

C’était déjà mon titre lors de la mise à l’eau du catamaran d’Alinghi en juillet l’année dernière. Mais cette fois-ci, c’est vraiment le cas de le dire !

 

Sur les pontons de La Rochelle, où plus d’une quarantaine de Ministes s’affairent en vue du Mini Pavois, voici qu’un architecte ose un pari tranché avec ce nouveau proto signé David Raison.

 

La Classe Mini a longtemps été surnommée le laboratoire de la course au large. C’est sur ces petits bateaux qu’ont été inventées ou testées nombre d’innovations, comme la quille pivotante, le bout-dehors orientable, la dérive canard à l’avant, et j’en oublie… Aujourd’hui, les bateaux les plus sophistiqués disposent – accrochez-vous bien – de ballasts latéraux, d’un ballast avant d’inertie, d’une quille pivotante qui se rallonge en s’inclinant pour toujours rester au maximum des 2 m de tirant d’eau autorisé, et de mât pivotant dans les 3 dimensions (avant/arrière et latéralement). Sans oublier les déives latérales et les safrans qui se relèvent… Bref, de vraies usines à gaz !

 

Mais cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus eu d’innovation majeure et aussi voyante que celle de David.

 

Pour chercher de la puissance le plus loin possible vers l’avant, David Raison a osé dessiner ce proto 6,50 unique, à l’esthétique contestable. © photo : Pierrick Garenne / GPO.

Cette étrave inspirée des fameux Scows joue la carte de la puissance. D’après David, dans une jauge open, l’objectif de tout architecte est de dessiner un bateau plus puissant que les autres. Il pense ainsi qu’il réduira plus tard que les autres coureurs et pourra porter plus de toile.

Non sans humour, David a obtenu le numéro de course 747, comme le fameux jumbo jet de Boeing, et a baptisé son voilier Magnum, pour sa ressemblance avec la forme de la glace.

Mais il ne faut pas s’arrêter à cette forme si particulière de l’étrave. A la différence des autres Minis 6,50, celui-ci ne mesure pas 6,50 m à la flottaison, mais 5,20 m. On le voit sur la photo ci-dessous, sa forme de coque est complètement plate en dessous. L’intérieur est immense – on s’en doute – et le cockpit est doté d’un vrai poste de veille extérieur pour dormir au plus près de la barre et des réglages.


Tout plat en dessous, taillé à la serpe sur les côtés, tout rond devant, ce nouveau proto tranche avec les standards habituels de la Classe Mini. © photo : Pierrick Garenne / GPO.

Reste à savoir comment va se comporter une telle coque au près dès qu’il y aura un peu de mer. David, lui, n’est pas inquiet et précise que d’aller vite au reaching l’obligera à revoir ses stratégies de course pour ne pas chercher à serrer le vent. De toute façon, les Minis, même « traditionnels », remontent très mal au vent dès qu’il y a un peu de mer.

Pour conclure, soit David est fou, soit il est génial ! Vous me direz, les grands inventeurs sont souvent un peu fous… Car s’il a raison, David, – je sais c’est facile ! – va falloir revoir quelques copies sur les prochains protos de course au large…

PS : un grand merci à l’ami Pierrick Garenne du Grand Pavois pour ses photos et son ordinateur à disposition. Pour ma part, je me prépare sur ce Mini Pavois à faire mon retour en solitaire, neuf ans après l’arrivée à Bahia de la Transat 6.50 2001. J’espère que c’est comme le vélo… Ça ne s’oublie pas ! Réponse dans deux semaines…
 

Alexia, la discrète

Par

C’est en écoutant Radio Classique dans ma voiture vendredi dernier que le tour du monde d’Alexia Barrier m’a été rappelé par la présentatrice de cette station. Partenaire média d’Alexia, cette radio l’appelle tous les vendredi à 17h00 pour faire un point sur son tour du monde.

Partie le 11 janvier de Monaco, Alexia a déjà fait escale au Cap, à Auckland, Rio et s’apprête à s’amarrer à New York en fin de semaine, avant une dernière transat retour sur Monaco. Voir son site ici ou le blog de son tour du monde, ou encore celui de Radio Classique pour réécouter les interviews d’Alexia.


Alexia Barrier au Yacht Club de Monaco. © photo : D.R.

 

Contrairement à d’autres aventures maritimes, dont nous avons reçu des communiqués de presse quotidiens pour nous annoncer le moindre changement de voile à bord, ce tour du monde d’Alexia s’est déroulé en toute discrétion. Un seul communiqué la veille du départ, c’est tout ! Ce qui est tout à son honneur et prouve que la jeune femme ne s’est pas engagée dans une circumnavigation commerciale mais pour ses idéaux et pour engranger une belle expérience.

Son but était de réaliser un tour du monde sans énergies fossiles. Ce n’est certes pas une première puisque Francis Joyon l’a déjà accompli sur son trimaran Idec. Mais c’est bien dans l’air du temps. D’autre part, elle a embarqué un certain nombre d’instruments scientifiques afin de réaliser des mesures tout au long de son voyage pour rapporter ses données riches en informations aux chercheurs du CNRS et de bien d’autres instituts.

Enfin, elle a profité de ses escales pour transformer son voilier en bateau-école et embarquer des enfants découvrir la navigation en mer.

Soutenue financièrement par Monaco, son bateau est baptisée 4myplanet et devrait revenir dans la principauté vers fin mai. Le project manager n’est autre que Lionel Péan, célèbre coureur des années 80, vainqueur de la Solitaire du Figaro en 1983 et de la Whitbread (ancêtre de la Volvo Ocean Race) en 86.

Grâce à ce premier tour du monde, Alexia, 29 ans, a accumulé une expérience considérable en vue du prochain Vendée Globe qu’elle compte disputer sur un nouveau 60 pieds, le plus éco-responsable possible – ce qui est toujours un peu paradoxal pour des voiliers en carbone !

Retenez donc son nom, Alexia Barrier, car vous risquez d’entendre parler d’elle dans les deux prochaines années…

 

MAJ 27.04 : disons que j’ai dû mal comprendre lorsque j’ai téléphoné à l’agence de communication qui s’occupe d’Alexia Barrier pour avoir des nouvelles de la navigatrice car, à cause d’un retard dans  son programme semble-t-il, Alexia n’a pas effectué le tour du monde initialement prévu mais une boucle Atlantique entre Monaco, Le Cap, Rio et dans quelques jours New York… Les mauvaises langues diront que c’est pour ça que la communication était si discrète autour du projet !
 

Et de trois

Par

Avec Azzurra et Mascalzone Latino, voici la troisième équipe italienne qui s’annonce pour le Louis Vuitton Trophy de La Maddalena. Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de Luna Rossa, l’équipe aux trois Coupe de l’America sous le nom de Prada avec d’abord Francesco de Angelis à la barre, puis James Spithill lors de la 32e à Valence en 2007.

Cette fois-ci, l’équipe italienne a confié les rênes du bateau à Ed Baird, l’ex-barreur d’Alinghi vainqueur justement de la 32e édition 5-2 face à Team New Zealand. On reste donc dans l’excellence… Et si l’équipe a évolué, il reste un personnage incontournable dans toutes les campagnes de Luna Rossa : son tacticien brésilien Torben Grael, cinq fois médaillés aux Jeux Olympiques dont deux médailles d’or !

Il sera secondé pour la première fois dans la cellule arrière par un de ses compatriotes, nouveau venu dans le monde la Coupe de l’America, Robert Scheidt. Quatre fois médaillés olympiques, dont deux médailles d’or lui aussi, Robert a dominé le monde du Laser pendant des années (9 fois champion du monde et double champion olympique). Avec Torben, cela fait donc neuf médailles olympiques dont quatre titres à eux deux ! C’est une cellule arrière en or…

Fin mai en Sardaigne, une dixième équipe rejoint la caravane puisque BMW Oracle Racing signe son grand retour après sa victoire en multicoque dans la 34e Coupe de l’America. Du coup, il y aura à nouveau deux paires de bateaux pour respecter un calendrier serré (22 mai au 6 juin) avec les deux Class America de Mascalzone (ITA-90 et 99 déjà utilisés à Nice) et les deux d’Oracle (USA-87 et 98).
 

Retour aux affaires

Par












Oulala… Faut pas s’absenter cinq minutes en ce moment ! Et encore moins quelques semaines, comme ce fut mon cas. Les nouvelles tombent les unes derrière les autres au point qu’on a à peine le temps de les digérer. Pourtant, que d’infos ces derniers temps ! Alors pour rattraper le mien – de temps – j’ai essayé de hiérarchiser les nombreuses actus de ce mois d’avril riche en événement, et d’y cacher quelques news que vous n’avez pas encore lues !

 

- Volvo Ocean Race : j’avoue que l’annonce qui m’a le plus surpris est celle de la participation de Team New Zealand à la Volvo Race sous le nom de Camper ! Surprenant, non ? Une équipe 100% néo-zélandaise, à l’illustre passé, qui va disputer la plus prestigieuse course au large en équipage avec un drapeau espagnol dans la jupe arrière ! C’est en tout cas une première. Grant Dalton en sera le patron mais ne sera pas à bord. Pas plus que Dean Barker, le barreur vedette de TNZ depuis 2003.

 

- Volvo Ocean Race (2) : Avec l’annonce du retour de Puma, cela fait donc déjà cinq équipes officiellement inscrites. Italia 70 (Giovanni Soldini), Groupama (Franck Cammas), Team Abu Dhabi, Puma (Ken Read) et Camper. Il semblerait que Movistar, revienne également et l’annonce prochainement. Et Knut Frostad, le patron de la course, parle régulièrement d’une dizaine de VO70 au départ. La concurrence s’annonce rude pour Groupama.

 

- Groupama : en passant par Lorient vendredi dernier, et plus précisément par la Base des Défis, j’ai vu une salle remplie de marins connus (Cammas, Nélias, Foxall, Gellusseau, etc.) écoutant sagement.un orateur. Ils devaient être au moins 70. J’ai cru que c’était le colloque sur les multicoques organisé par EuroLarge Innovation. Mais celui-ci avait eu lieu la veille. En fait, c’était juste un briefing de l’équipe Groupama pour la Volvo Ocean Race !

 

- Multis 50 : Yves Le Blevec (Actual) a été le premier à remettre à l’eau son trimaran de 50 pieds en vue de la Vendée-Saint Petersbourg qui s’élancera le 16 mai. Pour cette même course, le sponsor Crêpes Whaou a annoncé qu’il prêtait l’ancien multi de Franck-Yves Escoffier à de jeunes malouins talentueux, Loïc Féquet et Victorien Erussard. Belle initiative d’un sponsor qui milite depuis longtemps pour promouvoir cette classe de trimaran au rapport budget/vitesse imbattable. Thierry Duprey, ex-skipper Gitana, cherche d’ailleurs un sponsor pour participer au Rhum sur ce même Crêpes Whaou 2. Manquera juste pour la Vendée-Saint Petersbourg le Prince de Bretagne de Lionel Lemonchois, qui ne sera pas remis à l’eau avant l’été.

 

- Transat ag2r : ils sont partis ce dimanche à 14h dans un vent léger. Pour sa 10e édition, cette transat s’annonce particulièrement disputée avec 25 duos de haut vol. Les écarts risquent d’être infimes à l’arrivée. Pour mémoire, le plus petit écart à l’arrivée d’une transat (toutes courses confondues) est de 63 secondes. C’était en 1994 lorsque les cousins Marc Guillemot/Bertrand de Broc s’étaient fait souffler la victoire par les redoutables copains Jean Le Cam/Roland Jourdain.

 

- Route du Rhum : elle va arriver vite et ça se bouscule. Après Sidney Gavignet sur Majan, Philippe Monnet sur l’ex-Castorama, ce devrait être au tour de Servanne Escoffier d’annoncer sa participation à la reine des transats sur Etoile Explorer, l’ex-Explorer de Bruno Peyron (qui n’est pas le Commodore Explorer du 1er Trophée Jules Verne). Un catamaran sur plan Ollier de 22,80 m, construit au milieu des années 80, et qui appartient aujourd’hui au papa de Servane, Bob Escoffier, qui l’exploite en charter au sein de sa flotte hétéroclite d’Etoile Marine.

 

- Route du Rhum (2) : l’idée d’ouvrir la Route du Rhum à toutes les tailles de multicoques semble une réussite. Le plateau sera bien sûr disparate, mais la flotte au départ méritera la photo de famille. Une bonne dizaine de multicoques devraient ainsi s’élancer de Saint-Malo le 30 octobre : à commencer par le tenant du titre, Gitana 11, rallongé à 77 pieds et désormais skippé par Yann Guichard ; Idec (Francis Joyon), Sodeb’O (Thomas Coville), qui ont tous deux rajouté des foils cet hiver, Groupama 3 (Franck Cammas) avec un mât raccourci, Majan (Sidney Gavignet), l’ex-Casto (Philippe Monnet), Etoile Explorer (Servane Escofier), l’ex-Côte d’Or 2 d’Eric Tabarly, remis en état par Bertrand Quentin. S’y ajouteront certainement deux trimarans Orma (Claude Thélier et Yvan Bourgnon). Reste encore l’ex-Orange II que Bruno Peyron aimerait bien aligné au départ, et le Geronimo de Kersauson que plusieurs marins (dont Florence Arthaud paraît-il) aimeraient bien louer.

 

Changement de décor

Par

Long silence dû à un long voyage… Quatre jours, six avions différents et plus de 30 heures de vols pour traverser la terre entière d’Auckland jusqu’au Spitzberg en passant par Brisbane, Dubaï, Paris, Oslo et Tromso ! Et à l’arrivée, 40°C de différence entre les 25°C d’été austral sur les plages néo-zélandaises et les -15°C de Longyearbyen.

Depuis que j’ai lu, à l’âge de 13-14 ans, le fameux livre de Gérard Janichon « Damien Du Spitzberg au Cap Horn », je m’étais juré d’aller un jour dans ces deux endroits. J’ai eu la chance d’aller à Ushuaïa et au Cap Horn en 2000. Aujourd’hui, l’expédition Generali Arctic Observer de Jean-Louis Etienne m’offre la possibilité de découvrir l’autre destination de ce rêve. Même si je ne verrai que Longyearbyen, la ville principale de l’immense archipel du Svalbard…


Ambiance polaire par 78°N où le soleil ne se couche quasiment pas. © photo : Loïc Le Bras

Jean-Louis Etienne a navigué avec le père Jaouen sur le Bel Espoir, fait le tour du monde avec Eric Tabarly et construit Antarctica, voilier d’expédition polaire aujourd’hui rebaptisé Tara (regardez sur notre site ces deux vidéos du bateau lors de son escale à Paris en décembre 2008, la première ici, la seconde là). Aujourd’hui, Il s’apprête à naviguer dans les airs, en survolant le Pôle Nord en ballon dans le cadre d’une aventure scientifique. L’objectif est double : d’un côté, l’exploit jamais réalisé d’un survol du Pôle. De l’autre, la récupération de données scientifiques (mesure du CO2 et du champ magnétique terrestre) pour les chercheurs du CEA et du CNRS. (voir son site Internet).

 

Premier homme à avoir rejoint le Pôle Nord en solitaire et à ski en 1986, Jean-Louis Etienne n’a eu de cesse d’enchaîner les expéditions polaires depuis plus de 30 ans.

Son stand-by pour le premier survol du Pôle Nord en ballon est prévu à partir du 8 avril.

La capsule de sa nacelle ferait passer l’intérieur d’un Mini 6.50 pour une suite 4 étoiles dans un palace. Plus petit paraît difficile. Confort spartiate et rythme de navigateur solitaire avec un sommeil découpé en tranches de 20 minutes.


Panneau danger photographié à la sortie de Longyearbyen. Au moins, vous êtes prévenus… © photo : Loïc Le Bras