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Monthly Archives: juin 2010

Mono ou multi ?

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La question reste posée pour la 34e Coupe de l’America, même si la plupart des challengers sont persuadés que ce sera un monocoque.

Dans une interview accordée à la newsletter du World Yacht Racing Forum, Russell Coutts, le patron de BMW Oracle Racing, assure que le choix n’est pas encore tranché. « Nous travaillons dans différentes directions, assure le quadruple vainqueur de la Coupe de l’America. L’une de nos priorités est d’améliorer les retombées médiatiques. Il nous paraît très important à Larry Ellison et moi-même de rendre la Coupe de l’America plus télégénique et compréhensible d’un large public. Certains prétendent qu’on ne peut pas faire de match-race en multicoque, qu’il faut des bateaux lents. Cela doit être vérifié. Nous allons faire des tests en juillet. Je n’ai honnêtement aucune préférence pour l’un ou pour l’autre. Nous voulons simplement le meilleur événement possible. »

Dans cette même interview, Coutts précise qu’il préférerait huit équipes toutes capables de gagner plutôt que quinze dont la moitié disparaîtrait à mi-parcours.

Enfin, concernant le lieu, il reconnaît également que San Francisco conserve les faveurs de Larry Ellison, ce qui n’est un secret pour personne, mais que là non plus, le choix n’est pas arrêté. Que ce soit pour une autre ville américaine ou bien ailleurs dans le monde. « Notre premier critère de sélection est les conditions de navigation, car nous voulons créer un grand événement. Les retards tuent notre sport et nous devons les supprimer. »

Dans ces “conditions“, Oracle pourrait infliger un ultime outrage à Alinghi en choisissant Ras-Al-Kaimah ! Avouez que ce serait drôle…
 

Baisse la tête

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T’auras l’air d’un coureur… du large !


© photo : Yvan Zedda / Sea&Co

Au rugby, Franck Cammas aurait plutôt joué demi de mêlée que pilier ! Bien que très sportif, ce n’est pas une armoire à glace du style de Francis Joyon.

Pour compenser et pouvoir manœuvrer seul son trimaran géant Groupama 3 – prévu pour un équipage de 10 ! – Cammas s’est fait un installer un genre de vélo d’appartement – mais custom – afin d’alterner avec le moulin à café. Un coup les bras, un coup les jambes pour hisser son immense grand-voile de 288 m2.

L’idée n’est pas nouvelle et avait déjà été expérimentée sur la Coupe de l’America dans les années 80, à bord des fameux 12 Mètre JI. Mais la puissance des jambes n’est pas forcément plus rentable que celle des bras, car elle consomme plus d’énergie pour développer la même puissance. En plus de l’inconfort, l’idée avait donc été abandonnée et les wincheurs sont retournés en salle de muscu pour développer le haut de leurs corps.

Dans le cas de Cammas, c’est différent. Il ne hissera pas la grand-voile uniquement en pédalant. Ce n’est qu’une manière intelligente de soulager le haut du corps quelques minutes tout en continuant la manœuvre.

 

Entre le nouveau mât, plus court de 5 mètres, les voiles plus petites, l’équipage et l’avitaillement d’un tour du monde en moins, Groupama 3 pèsera 3 tonnes de moins en charge au départ de la Route du Rhum qu’au départ du Trophée Jules Verne, soit 14t au lieu de 17.

Le skipper aux quatre bateaux – Groupama 2 (Orma), Groupama 3 (Géant), Groupama 40 (Extreme) et Groupama 70 (ex-Ericsson 4) en attendant le 5e, Groupama 4 (nouveau VOR70) en construction chez Multiplast – a répondu à une interview de voilesetvoiliers.com que vous pourrez lire vendredi en info à la hune.
 

L’autre Riou

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Tout le monde connaît Vincent (Riou), le vainqueur du Vendée Globe 2004-05.
Beaucoup moins connaissent Yann (Riou), qui n’a aucun lien de parenté.

Et pour cause, il n’a pas remporté le Vendée Globe !

Mais il est depuis jeudi le seul marin à avoir remporté trois fois le Mini Fastnet – qui plus est de suite !

Yann Riou et Guillaume Le Brec à leur arrivée du Mini Fastnet 2010 après 3 jours et demi de course. © photo : Winches Club. 

Il s’est imposé en 2008 – mais sur un parcours modifié vers la Gironde – avec Thomas Ruyant (Faber France, 667) le futur vainqueur de la Transat 6.50 2009, puis en 2009 avec Stéphane Le Diraison (Cultisol, 679) et cette année avec Guillaume Le Brec (Eva Luna, 667) sur le même proto Finot-Conq qu’en 2008.

4e de la Transat 6.50 2003 (en série), 7e en proto en 2007, Yann Riou travaille au sein du Team Groupama de Franck Cammas, en tant que responsable de l’électronique et de l’informatique du bord.

Cerise sur le gâteau de cette troisième victoire, Riou et Le Brec ont décroché le nouveau record de l’épreuve en 3 jours 16h03, soit 4h31 de mieux que le précédent record détenu depuis 2003 par Sam Manuard et Yannick Cano sur le plan Manuard 433.

Bravo Yann !!!

Cette saison sera-t-elle la bonne ?

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Voilà une question que les joueurs de rugby de Clermont ont entendu toute l’année. Après trois finales perdues de suite (et dix dans toute leur histoire) sans jamais remporter le titre, les rugbymen jaune et bleu ont enfin décroché début juin le Bouclier de Brennus au stade de France pour leur 11e tentative, et l’ont présenté place de Jaude à Clermont devant 40 000 supporters en liesse.

Le parallèle est rapide avec les différentes équipes de France de match-racing. Régulièrement n°1 mondial au classement ISAF, Sébastien Col et Mathieu Richard ont tous les deux échoué en 2007 et 2008 à une marche du graal sur le World Match Racing Tour, le championnat du monde de la discipline. Toujours classés, jamais premiers !

L’année dernière était la première saison en quatre ans sans un Français sur le podium final. Damien Iehl sauvait tout de même les meubles en se classant 3e ISAF.

Et voilà que cette année démarre en fanfare pour le seul rescapé de nos trois meilleurs match-racers (lire mon post “A quoi ça rime ?“ du 25 février sur la nouvelle formule du WMRT) puisque Iehl et Col n’ont pas obtenu d’invitation permanente.

Mathieu Richard et son équipage (Greg Evrard, Olivier Herlédant, Thierry Briend et Yannick Simon) viennent de remporter ce week-end le Korea Match Cup, 3e épreuve du WMRT. Or, nos tricolores s’étaient déjà imposés à Marseille début avril en ouverture de la saison, avant de finir troisièmes à Kiel fin mai.

Mathieu Richard (casquette blanche) et les siens vainqueurs du Korea Match Cup, deux mois après leur victoire marseillaise. © Gareth Cooke/Subzero Images

Deux victoires sur trois + un podium = 1er au classement provisoire avec déjà 26 points d’avance sur le deuxième, le champion du Monde en titre néo-zélandais Adam Minoprio.
Reste six épreuves pour transformer ce parfait début de saison en consécration. Prochain rendez-vous à Portimao (Portugal) du 22 au 27 juin, puis en Suède (5-11 juillet), à St-Moritz (31août-5sept), au Danemark (8-12 sept) au Viet-Nam (21-26 sept) et aux Bermudes (4-10 oct).

La neuvième et dernière épreuve, considérée comme la finale car elle compte double, se déroulera en Malaisie début décembre. Souhaitons à Mathieu Richard et aux siens d’en revenir avec le titre de Champions du Monde pour le célébrer en plein Salon Nautique…. Y aura peut-être pas 40 000 personnes, mais en cas de victoire, ils mériteront les honneurs des premiers Français à décrocher ce titre. « Allez les Petits » aurait dit feu Roger Couderc…
 

Deux grosses surprises !

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Le Round Robin du Louis Vuitton Trophy vient de se terminer à la Maddalena. Quel premier bilan peut-on faire ?

D’abord, que le niveau des équipes est de plus en plus homogène et qu’il n’y a plus vraiment de grosses et de petites équipes. Tout le monde peut battre tous ses adversaires. Sur les petits parcours de l’archipel sarde (deux tours d’un total de 4,8 milles avalés en 30-40 minutes), la moindre approximation se paye cash.
D’autre part, que sans entraînements, il est difficile de rivaliser. Pour preuve : sans entraînement avant Auckland, les Russes de Synergy ont terminé dernier sans remporter le moindre match. Pour La Maddalena, ils ont recruté Thierry Peponnet en tant que coach, ont changé trois équipiers et se sont entraînés une semaine. Résultat : 5 victoires – 4 défaites.

Deuxième exemple : les deux équipes qui ont rejoint le circuit en Sardaigne, Luna Rossa et BMW Oracle, ont paru bien fébriles. Au point que, première grosse surprise, Oracle, le nouveau détenteur de la Coupe de l’America termine avant-dernier et est éliminé dès le premier tour. Philippe Presti, coach d’Oracle, me confiait néanmoins que l’équipe ne s’était pas entraîné et avait en même temps multiplié les réunions ici en vue de la 34e édition de la Coupe de l’America. « Pas facile de mobiliser toutes les forces sur le bateau en parallèle » avouait-il.


Sébastien Col et Jochen Schümann, juste après leur victoire face à Artemis qui les propulse à la 1ère place du Round Robin. ©photo : Franck Socha

Mais la plus grosse surprise est évidemment le superbe exploit d’All4One, l’équipe franco-allemande de Sébastien Col et Jochen Schümann, qui termine ce jeudi premier du Round Robin. Les équipiers eux-mêmes n’imaginaient pas avant la compétition terminer à cette place. La performance est d’autant plus remarquable que ce ne sont pas les champions qui manquent par ici.

 

Petits florilèges :
- Ben Ainslie (Team Origin), triple champion olympique (Laser et Finn)
- James Spithill (BMW Oracle), vainqueur de la 33e Coupe de l’America et champion du monde de match-racing
- Ed Baird (Luna Rossa), barreur d’Alinghi à Valence 2007
- Paul Cayard (Artemis), vainqueur de la Volvo Ocean Race 98-99 et de la Louis Vuitton Cup 92
- Torben Grael (Luna Rossa), vainqueur de la Volvo Ocean Race 2008-09, de la LouisVuitton Cup 2000 et cinq fois médaillés olympiques dont deux en Or (Star) !
- Dean Barker (Team New Zealand), vainqueur de la Coupe de l’America 2000 et de la Louis Vuitton Cup 2007
- Grant Dalton (Team New Zealand), vainqueur de la Whitbread 93-94, de The Race et LVC 2007
- Robert Scheidt (Luna Rossa), double champion olympique et huit fois champion du monde de Laser
- Karol Jablonski (Synergy), champion du monde de match-racing 2003
- Iain Percy (Team Origin), double champion olympique (Finn et Star)
Et j’en oublie quelques-uns dont évidemment le skipper d’All4One, Jochen Schümann, 56 ans et triple champion olympique (Finn et Soling) en 76, 88 et 96 !
Bref, y a quelques lingots qui traînent dans les parages…

L’objectif d’All4One de se classer dans le Top 4 (deux fois 5e à Nice et Auckland) est donc largement atteint. En revanche, celui d’Aleph de remporter quatre matchs pour se qualifier en quart de finale n’a pas été obtenu. Bertrand Pacé et son équipe n’ont remporté que deux matchs. Un troisième était largement à leur portée face à Mascalzone Latino qui les battent d’une seconde seulement alors que les Français avaient mené le match du début jusqu’à 5 mètres de la fin ! Mais la collision le 4e jour avec Azzurra (voir cette vidéo à la hune) a marqué un tournant dans l’équipe qui avait pourtant bien débuté la compétition avec deux belles victoires contre Team Origin et Oracle. Après cet incident, ils n’ont plus remporté un seul match. L’absence d’entraînement avant la compétition s’est également fait sentir au niveau des manœuvres. Ils perdent d’ailleurs d’une seconde contre Mascalzone à cause d’un empannage raté. Y a pas de secret : faudra s’entraîner avant Dubaï pour espérer suivre les pas d’All4One…