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Monthly Archives: octobre 2010

La Coupe attire du monde

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Avec 24 équipes potentielles représentant 13 nations réunies lors de la conférence de Paris vendredi, la prochaine America’s Cup intéresse toujours autant, malgré les détracteurs qui regrettent le passage au multicoque. Bien sûr, ils ne seront pas 24 à s’inscrire le 1er novembre, date d’ouverture des inscriptions. Et il est plus probable que six à dix challengers s’affronteront réellement pour élire le meilleur d’entre eux. Voici en attendant une petite revue d’effectifs des intéressés…

 

Côté français, rien de surprenant dans la présence à la réunion de Paris d’Aleph Team France et d’All4One, deux challengers déclarés. Les frères Peyron étaient également présents, comme nous vous l’avons annoncé dans cette photo à la hune mardi. A noter que des discussions de rapprochement avec All4One ont été entamées entre Bruno et Stéphane Kandler.

 

Alain Gautier était également présent, à la demande d’un investisseur privé qui n’a pas la prétention de monter sa propre équipe, mais pourrait rejoindre une existante s’il trouve viable d’y participer.
Enfin, un représentant de L’Hydroptère a fait le déplacement depuis la Suisse. Reste à savoir si les organisateurs l’ont comptabilisé comme une potentielle équipe française ou suisse.
Car Alinghi n’était pas présent à Paris. Même pas invitée par BMW Oracle Racing !

 

En revanche, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, la Russie, la Suède, les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud et l’Allemagne (All4One) avaient toutes des représentants. Ainsi qu’une délégation Coréenne venue en force… Avec la France et la Suisse, cela ferait bien 13 nations.

 

En revanche, ni l’Angleterre, ni la Chine n’étaient représentées par une équipe potentielle.

 

Il semble qu’Artemis (Suède) sera le premier challenger à s’inscrire dès lundi 1er novembre. L’équipe suédoise, soutien indéfectible de BMW Oracle Racing depuis la première heure, a d’ailleurs récemment recruté Ed Baird, l’ex-barreur d’Alinghi qui avait rejoint au printemps les Italiens de Luna Rossa. Mais l’équipe italienne s’est retirée de la course à la 34e Coupe de l’America dès le mois de mai, après la piètre performance de son équipe sur le Louis Vuitton Trophy de La Maddalena.
 

En plein ibère

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Elle est Championne d’Europe et du Monde en titre en football. Elle a l’actuel numéro 1 mondial de tennis, Raphael Nadal. Elle a remporté les deux derniers Tours de France avec un cycliste – Alberto Contador – qui adore le porc ! Elle est Championne d’Europe de basket. Elle s’enflamme pour son pilote de F1, Fernando Alonso, double champion du monde 2005-2006 et actuellement en tête de la saison 2010 de Formule 1. Elle possède les meilleurs pilote de moto GP. Elle est championne olympique en Tornado. Elle a accueilli les deux dernières America’s Cup. La Volvo Ocean Race a élu domicile à Alicante. Et la Barcelona World Race fait recette. Quinze tandems seront au départ du tour du monde en double le 31 décembre dont cinq duos 100% espagnols et trois à moitié ibères… Soit plus de la moitié de la flotte sponsorisée par des marques espagnoles. Mais comment fait l’Espagne ?

Pour ce qui est du foot, du tennis, du basket, du cyclisme, de la Formule 1 et de la moto, j’en ai franchement aucune idée !

Pour la voile olympique, l’Espagne a toujours eu une forte représentation à chaque olympiade. Elle rivalise avec la Grande-Bretagne pour le titre de meilleure nation. Mais la France est en pleine ascension et pourrait bien jouer des coudes sur les plus hautes marche du podium lors des JO de Londres en 2012.


Iker Martinez (à droite) et Xabi Fernandez sont certainement les marins espagnols les plus titrés. Triples Champions du Monde, triples Champions d’Europe, doubles médaillés olympiques, toujours en 49er, ils prendront le départ de la Barcelona World Race sur l’ex-Foncia de Michel Desjoyeaux, vainqueur du Vendée Globe. Le Professeur leur a d’ailleurs prodigué des cours accélérés ! De sérieux clients… © photo : Barcelona World Race.

Quant aux restes, America’s Cup, Volvo Ocean Race et Barcelona World Race, c’est d’abord une question politique et fiscale. En effet, l’Espagne soutient et motive le sponsoring dans la voile grâce à une loi de défiscalisation très intéressante pour les entreprises. La FNOB (Fundació Navegació Oceànica Barcelona), organisatrice de la Barcelona World Race, est aussi armateur d’une partie de la flotte espagnole. Un mélange des genres surprenants qui ne semble émouvoir personne. On imagine mal en France Pen Duick armer la moitié de la flotte de la prochaine Transat Jacques Vabre…

Cette volonté de développer la course au large est néanmoins tout à l’honneur de l’Espagne. Sport du Roi Juan Carlos, la voile espagnole est très élitiste et se concentre en Méditerranée sur des régates de propriétaires en IRC, comme la bien nommée Copa del Rey, ou bien des circuits tels l’AudiMedCup. Au large, l’Espagne n’a encore jamais brillé. Que ce soit en équipage sur la Volvo Ocean Race avec Movistar ou bien en double ou solo sur les courses IMOCA. La prochaine Barcelona World Race leur donnera-t-elle l’occasion de s’illustrer face aux cadors tricolores ?

En tout cas, une telle facilité fiscale n’est pas prête de voir le jour en France, à l’heure où le gouvernement fait au contraire la chasse aux niches fiscales ! Les marins français devront trouver d’autres arguments à présenter à leurs futurs sponsors au moment de les démarcher…
 

La fin d’une ère

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Après la Transat Anglaise, qui s’est éteinte en 2008 – du moins pour les professionnels – c’est au tour de l’ex-Boc Challenge, aujourd’hui Velux 5 Oceans, de mourir à petit feu.

Ils n’étaient que cinq à s’élancer hier dimanche de La Rochelle pour la 8e édition de ce tour du monde en solitaire avec escales. Peut-on encore parler de course avec un plateau aussi famélique ? Et plus le moindre professionnel !

Cette épreuve, organisée par Sir Robin Knox-Johnston – premier navigateur à boucler le tour du monde en solitaire sans escale en 69 – n’attire plus les grands coureurs. Pourtant, cette course mythique a consacré de grands marins. Philippe Jeantot et Christophe Auguin d’abord, double vainqueurs des quatre premières éditions, Giovanni Soldini ensuite et Bernard Stamm enfin, troisième double vainqueur. Grands spécialistes de la course au large en solitaire, les Français boudaient déjà la dernière édition, signe d’un désintérêt grandissant.

Le déclin a commencé en 1998, lorsqu’ils n’étaient plus que deux à l’arrivée dans la catégorie des 60 pieds IMOCA, Soldini et Marc Thiercelin, sur sept concurrents au départ. De 25 candidats répartis dans deux ou trois classes en 86 et 90, la participation n’a cessé de chuter à chaque édition. 20 en 94, 16 en 98, 13 en 20002 et 7 en 2006.  Le Vendée Globe a tué le BOC Challenge. La Barcelona World Race achève son enterrement.

Le Vendée Globe est né de l’imagination de coureurs du BOC en escale au Cap, en Afrique du Sud. Les escales étaient trop longues, et coûtaient trop cher. Ils ont donc imaginé un BOC sans escale ! On connaît la suite…

De son côté, la Barcelona World Race, dont la 2e édition s’élancera le 31 décembre d’Espagne, fait recette. Ils seront quinze tandems autour du globe cet hiver. La concurrence directe des calendriers entre la Velux 5 Oceans d’un côté, et la Route du Rhum + la Barcelona World Race de l’autre a définitivement occulté la plus ancienne.

Pour pallier l’absence des pros, Clipper Ventures, la société organisatrice, a imaginé une nouvelle classe de bateau : les ECO 60. Une classe réservée aux anciens 60 pieds IMOCA construits avant 2002. ECO comme économique et écologique. Car en plus d’être moins cher que les 60 pieds modernes, ils doivent répondre à un souci écolo en utilisant un maximum d’énergie renouvelable. Le problème, c’est que ces bateaux, construits entre 91 et 99 sont vieux et de plus en plus fatigués. Ils cassent plus facilement, comme l’a constaté le Belge Christophe Buellens, victime d’un démâtage sur l’ex-Fujicolor II de Loïck Peyron lors du convoyage pour rejoindre La Rochelle. Avec cinq concurrents au départ, le risque de ne pas en avoir un seul à l’arrivée n’est pas négligeable ! Faire le tour en solitaire ne sera jamais une promenade de santé pour le skipper, ni pour son bateau…

A l’aube de cette 8e édition, beaucoup de questions apparaissent :
- Y aura-t-il une 9e édition en 2014 ?
- Velux, la société danoise qui sponsorise l’épreuve, va-t-elle s’y retrouver financièrement sur cette édition au rabais ?
- Comment justifier 15 millions d’euros de budget d’organisation (le double du Vendée Globe) avec si peu de retombées à venir ?

Il reste deux points à souligner pour terminer sur une note positive :
- l’ambiance du départ à La Rochelle était digne des grandes courses au large. Le public avait répondu présent, et sera sûrement tout aussi chaleureux pour les accueillir à leur retour dans huit mois.
- Les cinq concurrents de cette année ont décroché le jackpot (sûrement le dernier) puisqu’ils se partageront à cinq les 500 000 euros de primes, soit l’équivalent du dernier Vendée Globe.

 

Les ailes du futur

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L’aile rigide serait-elle l’avenir de la voile du XXIe siècle ?

Après l’annonce de l’America’s Cup, voici l’un des premiers Moth à foils doté d’une aile.


Cette aile a été réalisée en moins d’une semaine par le chantier Objectif 2 Skiff Works à Toronto, au Canada. Le photographe Thierry Martinez (son site ici), grand spécialiste des Moths à foils était évidemment sur place pour immortaliser ce prototype, avant ses premières navigations demain. © photo : Thierry Martinez / Sea&Co.

Elle est l’œuvre des Canadiens Magnus Clark et Steve Killing pour le Moth du Champion du Monde 2009, l’Américan Bora Gulari.

Magnus Clark a remporté fin août avec Fred Eaton le Championnat du Monde de Catamarans de Class C, surnommé la Petite Coupe de l’America. Et comme l’équipe de l’architecte français Guillaume Verdier (lire notre info à la hune à ce sujet), Clark aurait été embauché par le design team des Kiwis de Team New Zealand.
 

L’opportun…

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…Ou comment faire du buzz sur rien !

Tiens ! Revoilà Team Germany… qui réapparaît pour mieux disparaître !

 

Joli coup de communication de la part d’un syndicat qui s’était déjà retiré de la Coupe de l’America il y a deux ans et annonce aujourd’hui renoncer à la prochaine édition.

 

China Team, +39 Challenge, Victory et Shosholoza, quatre autres challengers disparus de la 32e édition, devraient en faire autant pour attirer les projecteurs le temps d’un communiqué opportun qui rebondit sur le désistement – véritable celui-là – de Team Origin !

 

Non, franchement, c’est pas sérieux.

 

Petit rappel : classé 10e et avant-dernier de la Louis Vuitton Cup 2007, Team Germany lance avant la fin de la 32e America’s Cup la construction d’un nouveau Class America, GER 101. Mais dès le 3 juillet, l’annonce du nouveau protocole avec des nouveaux bateaux (les AC90) met un terme à la construction de ce nouveau Class America.

 

Team Germany reste néanmoins ambitieux et recrute dès l’été 2007 un nouveau patron pour l’équipe allemande, Jochen Schümann, débauché d’Alinghi, ainsi que les architectes français Bernard Nivelt et Dimitri Nicolopoulos, ex-Areva Challenge. Les Allemands annoncent 50 millions d’euros de budget pour la 33e édition.

 

Mais le début de l’imbroglio judiciaire entre Alinghi et BMW Oracle Racing pousse les Allemands à tout arrêter dès 2008. Ce que n’ont pas fait par exemple Team New Zealand et Team Origin, qui ont continué de naviguer sur différents supports pendant cette période pour conserver leur équipe.

 

Jochen Schümann quitte alors une équipe fantôme qui n’en a plus que le nom et crée avec Stéphane Kandler All4One, nouveau challenger franco-allemand. Il embarque au passage une partie de son équipage allemand, dont deux Français, Jean-Marie Dauris et Philippe Mourniac. Nivelt et Nicolopoulos retournent quant à eux à leurs occupations.

 

Depuis, plus rien. Team Germany n’a jamais existé de près ou de loin lors du Louis Vuitton Pacific Series en février 2009. Pas plus sur les Louis Vuitton Trophy de Nice, Auckland et La Maddalena. Invisible aussi sur l’Audi MedCup où l’on retrouve la plupart des futurs challengers. Pas le moindre communiqué pour dire qu’ils attendaient patiemment de connaître le protocole de la 34e édition, assis sur leur soi-disant 20 millions d’euros de budget déjà réunis. Mais quand on a 20 millions en poche, on recrute des architectes et des navigants, on s’entraîne pour bâtir une équipe et on communique pour offrir des retombées à notre gentil sponsor…

 

Non, franchement, prendre au sérieux le communiqué d’hier, dont le seul but est d’offrir une publicité gratuite à une boîte d’Internet, et lui donner du crédit pour tenter de déstabiliser la nouvelle formule mise en place par Coutts et sa bande, relève d’une certaine candeur impropre au monde de l’America’s Cup.
 

Team Origin jette l’éponge

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Première conséquence (victime ?) du changement de direction de la Coupe de l’America.
Les Britanniques de Team Origin – équipe financée par Sir Keith Mills, dirigée par Grant Simmer et skippée par Ben Ainslie – ont annoncé aujourd’hui qu’ils renonçaient à disputer la 34e Coupe de l’America.

D’après le communiqué de ce jour, la 34e édition « n’est pas viable commercialement, ni intéressante d’un point de vue sportif. »

Sir Keith Mills semble avoir pris sa décision rapidement, puisqu’en début de semaine (voir le post précédent), Ben Ainslie annonçait que son équipe disputerait l’année prochaine le circuit des Extreme 40.

 

C’est une grosse équipe qui se retire et un coup dur pour BMW Oracle de perdre un aussi sérieux challenger pour sa 34e édition.


Le logo de Team Origin et son slogan désormais obsolète. © Team Origin