Skip to Content

Monthly Archives: novembre 2010

Une grande page se tourne

Par

Samedi, la finale du Louis Vuitton Trophy de Dubai entre Team New Zealand et BMW Oracle Racing sera la toute dernière occasion de voir régater des Class America. 20 ans d’histoire de la Coupe de l’America vont s’arrêter dans l’indifférence la plus totale.

 

Dans cette ville exubérante où tout est possible – comme skier sur de la neige ou jouer au golf sur des gazons plus verts qu’à Saint Andrews alors qu’il fait 35°C dehors et qu’il ne tombe pas une goutte d’eau – le dernier Louis Vuitton Trophy n’attire pas les foules. C’est le moins que l’on puisse dire. Quasiment pas le moindre spectateur sur l’eau. Pas plus à terre dans le village de l’épreuve. Il faut dire que la voile, malgré de magnifiques boutres (voir cette photo à la hune), n’est pas vraiment ancrée dans la culture locale.

 

Bons pour la casse ? Les Class America n’auront plus l’occasion de briller à l’avenir. Le dernier Louis Vuitton Trophy à Dubai était un peu leur jubilée… © photo : Gilles Martin-Raget / Sea&Co.

 

Pourtant, c’est une grande page de l’histoire de la voile qui s’achève dans cet émirat du golfe persique. Les Class America, ces monocoques de 25 mètres pour 25 tonnes, des « traîne-plombs » autant décriés pour leur lenteur qu’admirés pour leur élégance et leur technicité, tirent leur révérence après plus de 20 ans de bons et loyaux services. De 1990 à 2010. Cinq Coupe de l’America. Près d’une centaine de bateaux construits. Et des régates mémorables comme la finale de la Louis Vuitton Cup 2000, entre Luna Rossa et AmericaOne ; l’incroyable scénario de l’America’s Cup 2003 avec le désastre de Team New Zealand qui coule à moitié avant de démâter ; sans oublier cette 32e édition de toute beauté à Valence en 2007 et la minuscule seconde d’écart dans la dernière manche entre Alinghi et Team New Zealand, qui n’aura pas réussi à prendre sa revanche de 2003.

 

A Dubai, tout le monde ne parle déjà que de l’avenir. Des nouveaux catamarans AC45 et AC72. Du circuit 2011 de l’America’s Cup World Series. Des équipes potentielles. Des budgets à trouver à la vitesse d’une recherche google.

 

Vingt challengers potentiels ont participé à la réunion de Dubai, après les 24 réunis à Paris. Il y avait en réalité sept équipes françaises potentielles représentées à Paris – et non quatre comme annoncé précédemment dans un billet de ce blog. C’est sûr, c’était en France et cela ne coûtait que le prix d’un ticket de métro.
A Dubai, on ne comptait plus… qu’une équipe française ! All4One. Mais Bruno Peyron est arrivé le lendemain du meeting. En dehors d’Aleph, autre candidat déclaré mais absent de Dubai, reste à connaître la crédibilité des quatre autres représentants tricolores intéressés par le plus vieux trophée sportif au monde…

 

Ouf !

Par

On a craint le pire lorsque que, coup sur coup, on apprenait les avaries du Crêpes Whaou 3 de Franck-Yves Escoffier puis de l’Actual d’Yves Le Blévec pendant la Route du Rhum.

Etrave brisée nette pour le premier contraint de progresser à vitesse réduite pour calfeutrer le trou par l’intérieur avec un gennaker puis d’installer des voiles et sacs étanches autour du moignon d’étrave par l’extérieur.


Crêpes Whaou 3 à son arrivée en Guadeloupe. Franck-Yves Escoffier a récupéré le morceau d’étrave arraché, ce qui permettra peut-être aux experts de comprendre l’origine de l’avarie. © photo : Crêpes Whaou

Bras fissuré pour l’autre à cause d’une voie d’eau dans la coque centrale qui s’est retrouvée en surcharge pondérale (entre 1 et 2 tonnes d’eau se sont engouffrées rapidement à l’intérieur). Un surpoids à l’origine d’efforts trop importants pour le bras avant tribord.


Première photo envoyée depuis Actual peu après l’apparition de la fissure du bras avant. © photo : Yves Le Blévec.

Dans les deux cas, les deux marins se trouvaient à près de 800 milles de la Guadeloupe et plus de 1500 milles des Açores. Autant dire au milieu de nulle part. Difficile de monter une expédition pour aller chercher les bateaux si les marins doivent les abandonner pour sauver leur peau.

Mais heureusement, Franck-Yves Escoffier et Yves Le Blévec n’ont pas paniqué et se sont retroussé les manches. Pour Franck-Yves, l’avarie, bien qu’impressionnante, n’était pas structurelle. Le Malouin, qui a eu un petit moment d’abattement, regrettait même de ne pas avoir réagi plus vite afin de rester en course. Yves Le Blévec, en revanche, a navigué pendant plusieurs jours avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Sa situation était précaire. Si le bras, fissuré au trois quarts, lâchait, le trimaran chavirait et Le Blévec perdait son beau trimaran. Mais avec l’énergie qu’on lui connaît, Yves s’est battu pour réparer du mieux possible ses deux avaries. L’homme est bon marin, mais aussi excellent technicien, capable de construire ou réparer des bateaux. C’est certainement ce qui a sauvé son trimaran. Pour mémoire, c’est lui qui avait réparé la boule de pied de mât fissurée sur Orange 1 lors de la remontée de l’Atlantique sur le Trophée Jules Verne 2002. Une boule de Titane de 12 cm de diamètre sur laquelle reposait les 1200 kg de l’espar ! Il fallait du sang froid à l’époque pour tendre ses bras là-dessous et plâtrer la boule. Il en fallait encore cette fois-ci pour aller réparer sous l’eau la voie d’eau de sa coque centrale dans son trimaran Actual


A gauche, l’avant de la coque centrale rempli d’eau de mer. On aperçoit au fond le bleu de la mer. 

A droite, le même angle après la superbe réparation  d’Yves Le Blévec, contraint d’aller strater sous l’eau une pièce de composite, étayée par des morceaux de lattes de rechange. Du bel ouvrage ! © photo : Yves Le Blévec.

Grâce à leurs équipes techniques solidaires dans l’adversité, les deux hommes ont été rejoints en pleine mer par un grand catamaran de location. L’assistance étant interdite en dehors d’un port ou d’un mouillage, les deux concurrents ont donc rejoint la Guadeloupe hors course, mais heureux d’avoir sauvé leurs deux trimarans.

Avec l’avarie de bras de Prince de Bretagne l’année dernière, et l’étrave cassée / chavirage (on ne sait pas qui est la cause de l’autre) d’Actual au départ de la Transat Jacques Vabre 2009, cela fait quatre grosses avaries sur les trois récents trimarans de la classe Multi 50 en à peine plus d’un an. Pas vraiment une bonne pub pour la classe !

Afin de pérenniser cette classe qui mérite amplement sa place au soleil de la course au large, les architectes, les coureurs et les jaugeurs devront certainement se réunir autour d’une table pour que de telles avaries ne se limitent qu’à des accidents avec des ofni ou des cas de conditions météo extrêmes et, espérons-le, rares…

 

Vent de modernité sur les JO

Par

En Août 2009 (lire mon post du 17.08.09), l’ISAF prenait la décision surprenante de supprimer le Tornado des Jeux Olympiques de Londres.

Lors d’une réunion récente, la fédération internationale est revenue sur sa décision pour réintroduire un catamaran de sport – pas forcément le Tornado – désormais mixte.

Pour les JO de Rio en 2016, l’ISAF souhaite redynamiser l’image de la voile olympique. Dans sa liste provisoire qui devra être validée en mai 2011, les principaux changements prévus sont :

- le retour d’un catamaran de sport, désormais mixte.
- la suppression du Star
- la suppression du 470 féminin, remplacé par un skiff à déterminer
- le 470 hommes devient mixte
- l’éventualité de remplacer les planches à voile Hommes et Femmes par du kite board Hommes et Femmes.

Des changements assez radicaux marqués sous le sceau de la modernité et du spectacle. Skiff féminin, kite board et catamaran de sport sont évidemment plus spectaculaires que des supports plus traditionnels comme le Star qui n’a pas de spinnaker.

Réponse finale en mai 2011…