Samedi, la finale du Louis Vuitton Trophy de Dubai entre Team New Zealand et BMW Oracle Racing sera la toute dernière occasion de voir régater des Class America. 20 ans d’histoire de la Coupe de l’America vont s’arrêter dans l’indifférence la plus totale.

 

Dans cette ville exubérante où tout est possible – comme skier sur de la neige ou jouer au golf sur des gazons plus verts qu’à Saint Andrews alors qu’il fait 35°C dehors et qu’il ne tombe pas une goutte d’eau – le dernier Louis Vuitton Trophy n’attire pas les foules. C’est le moins que l’on puisse dire. Quasiment pas le moindre spectateur sur l’eau. Pas plus à terre dans le village de l’épreuve. Il faut dire que la voile, malgré de magnifiques boutres (voir cette photo à la hune), n’est pas vraiment ancrée dans la culture locale.

 

Bons pour la casse ? Les Class America n’auront plus l’occasion de briller à l’avenir. Le dernier Louis Vuitton Trophy à Dubai était un peu leur jubilée… © photo : Gilles Martin-Raget / Sea&Co.

 

Pourtant, c’est une grande page de l’histoire de la voile qui s’achève dans cet émirat du golfe persique. Les Class America, ces monocoques de 25 mètres pour 25 tonnes, des « traîne-plombs » autant décriés pour leur lenteur qu’admirés pour leur élégance et leur technicité, tirent leur révérence après plus de 20 ans de bons et loyaux services. De 1990 à 2010. Cinq Coupe de l’America. Près d’une centaine de bateaux construits. Et des régates mémorables comme la finale de la Louis Vuitton Cup 2000, entre Luna Rossa et AmericaOne ; l’incroyable scénario de l’America’s Cup 2003 avec le désastre de Team New Zealand qui coule à moitié avant de démâter ; sans oublier cette 32e édition de toute beauté à Valence en 2007 et la minuscule seconde d’écart dans la dernière manche entre Alinghi et Team New Zealand, qui n’aura pas réussi à prendre sa revanche de 2003.

 

A Dubai, tout le monde ne parle déjà que de l’avenir. Des nouveaux catamarans AC45 et AC72. Du circuit 2011 de l’America’s Cup World Series. Des équipes potentielles. Des budgets à trouver à la vitesse d’une recherche google.

 

Vingt challengers potentiels ont participé à la réunion de Dubai, après les 24 réunis à Paris. Il y avait en réalité sept équipes françaises potentielles représentées à Paris – et non quatre comme annoncé précédemment dans un billet de ce blog. C’est sûr, c’était en France et cela ne coûtait que le prix d’un ticket de métro.
A Dubai, on ne comptait plus… qu’une équipe française ! All4One. Mais Bruno Peyron est arrivé le lendemain du meeting. En dehors d’Aleph, autre candidat déclaré mais absent de Dubai, reste à connaître la crédibilité des quatre autres représentants tricolores intéressés par le plus vieux trophée sportif au monde…