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Monthly Archives: janvier 2011

L’histoire se répète ?

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Vous souvenez-vous de la première édition de la Barcelona World Race ?

 

Oui, bien sûr, de la victoire de Jean-Pierre Dick et Damian Foxall sur Paprec-Virbac 2.

 

Mais il faut se remémorer aussi le scénario à l’entrée des mers du sud il y a deux ans. Vincent Riou et Sébastien Josse, sur PRB, cassent leur tête de mât en arrivant dans les Quarantièmes Rugissants. Avec le morceau de mât toujours en place, ils se déroutent vers Le Cap en Afrique du Sud. Exactement ce qui se reproduit aujourd’hui sur le Foncia de Michel Desjoyeaux et François Gabart.

 

Il y a deux ans, les deux démâtages successifs de Delta Dore (Jérémie Beyou/Sidney Gavignet) et Veolia Environnement (Roland Jourdain/Jean-Luc Nélias) avaient ensuite laissé le champ libre au tandem Dick/Foxall qui comptaient dans l’Océan Indien 850 milles d’avance sur leur premier poursuivant. Un certain Hugo Boss mené par Alex Thomson et Andrew Cape.

 

Que se passe-t-il aujourd’hui ? Jean-Pierre Dick (cette fois-ci avec Loïck Peyron) se retrouve à nouveau seul en tête avec déjà 520 milles d’avance sur son premier poursuivant, le duo espagnol Iker Martinez/Xabi Fernandez (Mapfre). Et ils ne sont pas encore dans l’Océan Indien !

 

L’histoire se répète étonnamment, vous ne trouvez pas ?

 

ps : j’ai quand même une petite pensée pour Mich’ Desj’ et François Gabart qui doivent être terriblement déçus d’arrêter si soudainement la course. La casse fait partie de notre sport mécanique, mais ce n’est jamais amusant à vivre. Bon courage à eux…

 

ps 2 : pour ses deux seules courses à bord du monocoque Foncia (avant de récupérer son MOD 70 l’été prochain), Michel Desjoyeaux n’a pas eu de réussite sur la Route du Rhum et la Barcelona World Race. Tous ses efforts – et ceux de son équipe – pour construire ce plan VPLP-Verdier en un temps record ne sont vraiment pas récompensés… Comme la nature, la course au large est parfois cruelle.
 

Partira, partira pas ?

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Thomas Coville a hésité à s’élancer ce week-end en solitaire autour du monde, bord à bord avec l’équipage de Banque Populaire V. Mais il compte partir demain ou mercredi. N’allez pas croire qu’il s’est abstenu par crainte de la confrontation ou de la comparaison avec un équipage. Ce n’est pas le genre du bonhomme. Non, le skipper de Sodebo a tout simplement renoncé parce que cette fenêtre météo annoncée exceptionnelle il y a huit jours va peut-être se révéler plus compliquée que prévue.

 

La raison de ce non départ est une dépression actuellement au large de Gibraltar. Elle se prolonge vers l’ouest par un thalweg où le vent fait défaut. Thalweg qui va se transformer ce soir en une nouvelle dépression tropicale. Banque Pop V, actuellement au large de Madère, va vivre une journée de transition importante pour contourner cette dépression naissante, ce qui lui a rallongé la route vers l’ouest. L’avance sur le record de Groupama 3 (271 milles dimanche soir) n’était plus ce matin que de 141 milles (il pourrait augmenter à nouveau aujourd’hui). Mais avec des alizés plutôt faiblards derrière cette dépression, la descente cette semaine jusqu’à l’équateur devrait s’éterniser et jouer avec les nerfs de l’équipage. Au point qu’il est envisageable que les hommes de Pascal Bidégorry accusent un retard de plusieurs heures (je n’ose écrire d’une journée !) en entrant dans l’hémisphère Sud.

 

Mais la fenêtre météo pour un départ dans les 48h de Thomas Coville ne s’annonce pas beaucoup plus florissante. Car la seconde dépression canarienne est encore plus active que la première. Et qu’ensuite, les alizés ne semblent pas décidés à se reconstituer rapidement.

 

Alors ? Partira ? Partira pas ?
 

Œuvre d’art !

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Chez les Néo-Zélandais, travailler le composite est une seconde nature. Nul doute que les Kiwis ont mis tout leur amour du beau geste dans la construction de ce premier AC45, afin qu’il soit irréprochable.

 

©photo : Gilles Martin-Raget

 

Et à voir les premières images réalisées aujourd’hui à Auckland par le photographe Gilles Martin-Raget, ce premier exemplaire muni de son aile semble un petit bijou… Avouez qu’il a de la gueule ce catamaran ailé !

 

Vivement les premiers bords, les premières images en navigation et surtout le premier ACWS (America’s Cup World Series) dont le programme (6 étapes cette année) doit être révélé sous peu.

 

En espérant qu’on puisse les voir naviguer dès cet été à Marseille. La cité phocéenne s’est positionnée pour accueillir l’une (peut-être même la première) étape de ce nouveau circuit.
 

Non-communication

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Coup dur pour Jean Le Cam et Bruno Garcia ! Lundi soir, leur 60 pieds Imoca Président a démâté. Les skippers sont sains et saufs et ont prévenu la direction de course à 20h25. A 23h18, le communiqué de presse de l’organisation est envoyé aux journalistes. Et là, c’est le service minimum, le royaume de la non-communication…

 

Pour l’avoir vécu personnellement sur de nombreuses courses, il est étonnant de voir à quelle vitesse un directeur de course et/ou un chargé de communication d’un bateau peut se noyer dans un verre d’eau !

 

Ils ont démâté. Coup dur. Mais sont sains et saufs et à 83 milles du Cap Vert. La situation pourrait donc être bien pire. Aucune crainte… Eh si pourtant ! Mais quelle crainte alors pour l’organisateur ou le sponsor ? La paranoïa des assurances ! Il faut contrôler le moindre mot écrit pour qu’il ne se retourne pas contre le skipper, l’armateur ou le sponsor au moment de se faire rembourser les dégâts de l’accident et les frais de rapatriement et de réparation.

 

Les assurances, c’est bien connu, sont beaucoup plus rapides à vous taxer qu’à vous rembourser. En course, c’est un drame… Toutes les raisons sont bonnes pour éviter de mettre la main au portefeuille. Résultat : les organisations et les équipes deviennent totalement paranos et ne communiquent plus au moment où justement il se passe quelque chose d’important sur la course… Paradoxal !

 

Les journalistes ou rédacteurs embauchés pour raconter la course sont alors mis sur la touche. Le style s’en ressent. Il suffit de lire le communiqué de presse du jour de la Barcelona World Race pour s’en rendre compte. (Ne le cherchez pas sur le site voilesetvoiliers.com, nous ne reprenons jamais un communiqué de presse. Tout ce que vous lisez est écrit par nos propres journalistes ou sont des récits de lecteurs. Mais vous retrouverez ce communiqué texto sur tous les autres sites d’informations sur la voile qui se contentent de faire du copier-coller !)

 

Dans ce communiqué, vous ne saurez pas s’ils étaient à 83 milles dans le nord ou le sud de l’archipel. Pas pareil d’être face aux alizés ou de dos !
Vous ne lirez pas non plus la moindre réaction des acteurs Le Cam et Garcia. Sont-ils résignés, fatalistes, abattus ? Le Cam, qui a vécu des situations bien pires est-il d’un bon secours psychologique auprès du cardiologue espagnol qui rêvait de vivre un tour du monde avec son idole ? Trop tôt pour le dire. Il faudra attendre les prochains communiqués…
En quelle position étaient-ils au moment de l’incident ? A quelle distance du premier ? Avaient-ils perdu ou gagné des places ? Perdu ou gagné des milles sur le leader ? Quelle voilure portaient-ils ? Grand-voile haute/gennaker ou 1 ris/trinquette ? Quel vent y avait-il ? Tout ça ne vous regarde pas… Et ce n’est pas l’organisation qui vous rappellera que Mike Golding a démâté durant le Vendée Globe sur ce même bateau alors qu’il venait de prendre la tête. Y aurait-il un problème de conception ?

 

En revanche, vous saurez que « le directeur de l’équipe et la direction de course sont en contact permanent avec le bateau. »
Que « le directeur de course est en contact direct avec l’équipe à terre de Président pour superviser l’avancée du bateau jusqu’à San Antao. »
Et enfin, « que l’équipe est actuellement en contact permanent avec la famille et les proches et les informe de l’évolution des opérations en cours ».

 

Le contraire serait étonnant !

 

L’organisation a embauché trois excellents rédacteurs journalistes, Dominic Bourgeois, Camille El Bèze et Pierre-François Bonneau pour nous faire vivre ce tour du monde en double. Dommage qu’ils ne leur laissent pas la possibilité de nous raconter à leur manière cet incident. Ça nous éviterait ce communiqué froid, sans émotion, sans citations et sans la plupart des informations importantes…
 

San Francisco, sans surprise

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Ils ont attendu le dernier jour, le 31 décembre, presque la dernière heure, pour annoncer le lieu de la 34e America’s Cup. Sans surprise, c’est San Francisco qui a été choisi. Si vous voulez déjà poser vos vacances et réserver vos billets d’avion, voici les dates de la prochaine édition :

 

- La 8e Louis Vuitton Cup se tiendra du 13 juillet au 1er septembre 2013.
- La 34e America’s Cup se disputera dans la foulée entre le 7 et le 22 septembre.

 

La ville de San Francisco et sa fameuse baie en arrière plan. © photo : D.R.

 

Du côté de Newport, beaucoup pensent – peut-être à juste titre – avoir été instrumentalisés par ACEA (America’s Cup Event Authority) pour faire plier San Francisco aux dernières exigences des organisateurs. “We got played“ (nous avons été roulés) clament les éditorialistes des journaux locaux. D’ailleurs, pas un mot dans le communiqué officiel du 1er janvier sur Newport et les efforts qu’ils ont certainement déployé pour essayer de mettre sur pied aussi rapidement un projet sérieux. Pas très classe de ne pas leur rendre hommage…

 

Les Ricains de la Côte Est l’ont d’autant plus mauvaise que la situation économique du Rhode Island est au plus mal. L’afflux financier d’un tel événement (création d’emplois et tourisme) aurait fait du bien à l’économie locale moribonde. D’un autre côté, les mêmes éditorialistes restaient justement dubitatifs sur la capacité à trouver rapidement, dans un état au bord de la faillite, les finances demandées par l’organisation.

 

D’après ACEA, l’America’s Cup est le troisième événement sportif en termes de retombées économiques locales après les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde de foot. Ils estiment que la 34e édition générera 1,4 milliard de dollars de retombées économiques sur San Francisco et sa région ! Notamment grâce à la venue de millions de touristes pendant les deux mois et demi de compétition. Des chiffres difficiles à vérifier…

 

A San Francisco aussi, certains n’ont pas trop apprécié le bras de fer final et se demandent comment vont se passer les prochaines négociations sur les détails de l’organisation. Une affaire à suivre…