Thomas Coville a hésité à s’élancer ce week-end en solitaire autour du monde, bord à bord avec l’équipage de Banque Populaire V. Mais il compte partir demain ou mercredi. N’allez pas croire qu’il s’est abstenu par crainte de la confrontation ou de la comparaison avec un équipage. Ce n’est pas le genre du bonhomme. Non, le skipper de Sodebo a tout simplement renoncé parce que cette fenêtre météo annoncée exceptionnelle il y a huit jours va peut-être se révéler plus compliquée que prévue.

 

La raison de ce non départ est une dépression actuellement au large de Gibraltar. Elle se prolonge vers l’ouest par un thalweg où le vent fait défaut. Thalweg qui va se transformer ce soir en une nouvelle dépression tropicale. Banque Pop V, actuellement au large de Madère, va vivre une journée de transition importante pour contourner cette dépression naissante, ce qui lui a rallongé la route vers l’ouest. L’avance sur le record de Groupama 3 (271 milles dimanche soir) n’était plus ce matin que de 141 milles (il pourrait augmenter à nouveau aujourd’hui). Mais avec des alizés plutôt faiblards derrière cette dépression, la descente cette semaine jusqu’à l’équateur devrait s’éterniser et jouer avec les nerfs de l’équipage. Au point qu’il est envisageable que les hommes de Pascal Bidégorry accusent un retard de plusieurs heures (je n’ose écrire d’une journée !) en entrant dans l’hémisphère Sud.

 

Mais la fenêtre météo pour un départ dans les 48h de Thomas Coville ne s’annonce pas beaucoup plus florissante. Car la seconde dépression canarienne est encore plus active que la première. Et qu’ensuite, les alizés ne semblent pas décidés à se reconstituer rapidement.

 

Alors ? Partira ? Partira pas ?