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Monthly Archives: mars 2011

La Corée, n°9

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Après la Chine, qui a annoncé lundi être le huitième challenger officiellement inscrit, le neuvième serait la Corée du Sud.

 

Une délégation coréenne avait assisté à l’annonce de la 34e America’s Cup à Valence le 13 septembre, puis lors des réunions de Paris et de Dubaï en octobre et novembre. Bonne nouvelle, les Coréens auraient également bouclé leur budget, à l’instar des Chinois.

 

Si le 31 mars clôture la période officielle d’inscription ouverte depuis le 1er novembre, la vraie date limite sera le 30 avril, moyennant une pénalité de retard de 200 000 $. Et il se dit que quatre autres équipes pourraient rejoindre les dix premières (en comptant Oracle Racing). Une nouvelle équipe italienne, une canadienne, une sud-africaine (Shosholoza) et enfin un nouveau syndicat britannique, qui prendrait le relais de Team Origin.

 

A suivre…
 

Quel avenir pour Bidégorry ?

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Dans son édition de samedi, L’Equipe a publié un article titré : “Desjoyeaux sur « Banque-Populaire » ?“

 

Dans cet article, L’Equipe émet l’hypothèse – au conditionnel – que Michel Desjoyeaux remplace Pascal Bidégorry à la barre du maxi-trimaran Banque Populaire V l’hiver prochain pour le Trophée Jules Verne.

On peut y lire à propos de Pascal Bidégorry que « le skipper basque s’en tient à un laconique : “Je ne peux rien dire.“ »
De son côté, Desjoyeaux élude la question par : « Ce bruit-là courait déjà quand le bateau était en construction il y a quatre ans ! »
Quant à savoir si le Trophée Jules Verne l’intéresse alors qu’il se lance sur le circuit des MOD 70 avec Foncia : « Il ne faut jamais dire jamais, même si aujourd’hui je n’en sais rien. »

 

On pourrait en rester là et se dire que ce ne sont que des rumeurs. Alimentées par le fait que les deux sponsors sont liés depuis que le Groupe Banque-Populaire a racheté Foncia il y a quelques années. Et que le circuit des MOD 70 ne démarre vraiment qu’à l’été 2012.

 

Mais en ce lundi, le silence de la communication de Banque-Populaire qui « se refuse à tout commentaire sur l’avenir de sa stratégie voile » aurait tendance à confirmer un changement à venir. Ils auraient pu nier. Ils ne l’ont pas fait…
Au contraire, la communication de Banque Pop précise même qu’ « une annonce sera faite très prochainement. » Je vous laisse interpréter cette dernière phrase…

 

La question se pose donc : Après deux hivers infructueux sur le Trophée Jules Verne, Pascal Bidégorry va-t-il céder sa place de skipper du plus grand trimaran du monde ?

 

Pas sûr. Mais si c’est le cas, restera-t-il skipper d’un bateau Banque Populaire, qui compte quatre voiliers de courses dans sa flotte ?

 

Le rachat de l’actuel 60 pieds Imoca Foncia de Mich’ Desj’ par Banque Populaire, déjà évoqué sur ce blog pendant le Salon Nautique, pourrait permettre à Bidégorry de rebondir sur le prochain Vendée Globe. Encore faut-il qu’il en ait envie !

 

Ou bien a-t-il envie de rejoindre un syndicat pour la prochaine Coupe de l’America en tant que spécialiste du multicoque, un peu à l’instar d’Alain Gautier chez Aleph ?

 

Réponse officielle « très prochainement »

Coville, ou l’abnégation ne paie pas !

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Il y a deux ans (en décembre 2008 et janvier 2009) j’écrivais mes premiers posts de ce blog. Deux d’entre eux étaient consacrés à la deuxième tentative de record autour du monde de Thomas Coville. Ils étaient titrés “La cruauté du chrono“ et “Quel exploit quand même !“…

 

C’est terrible de se dire que deux ans plus tard, je pourrais reprendre quasiment mots pour mots les mêmes phrases. Que le chrono de Francis Joyon reste phénoménal. Que malgré tous les efforts de Coville pour aller plus vite que Joyon sur l’eau, sa route plus longue à cause des icebergs et d’une météo défavorable lui interdit une nouvelle fois les honneurs et la reconnaissance qu’il mérite amplement. Qu’une nouvelle fois, sa route a été semée d’embûches dont ce globicéphale coupeur d’étrave au large de l’Argentine.

 

Mais contrairement à 2009, cette fois-ci Thomas Coville pouvait y croire. Au large du Brésil, il a même compté le 15 mars dernier jusqu’à 227 milles d’avance sur le record. Au 44e jour de mer la veille, il venait de repasser virtuellement en tête pour la première fois depuis le 4 février, soit au 6e jour de sa tentative. Mais l’espoir ne fut que de courte durée. Un pot-au-noir très actif au sud de l’équateur, et un large anticyclone des Açores en ont décidé autrement.

 

Une fois de plus, on ne peut être qu’admiratif de la volonté et de l’abnégation de Thomas Coville. Cela doit faire plus d’une semaine qu’il sait que ses chances étaient réduites à néant. Mais c’est aujourd’hui qu’ils ont décidé de l’officialiser et de le dire. Avec ces mots à lui, et une certaine retenue par rapport à la grande déception précédente sur la Route du Rhum. « Dans d’autres sports, le vélo, la course à pied, quand tu arrêtes, ça s’arrête. Dans notre sport, ça ne s’arrête pas, il faut ramener le bateau à la maison » déclare pudiquement Thomas aujourd’hui. Traduction : l’ironie de notre sport est qu’il faudra attendre encore quelques jours avant de se consoler en famille, et vivre encore quelques jours sur un trimaran fatigué et endommagé, sans d’autre motivation que de rentrer maintenant au plus vite pour retrouver les siens…

 

Décidément, le chrono est terriblement cruel !

 

Bravo quand même Thomas…

 


Au passage du cap Horn, Thomas Coville avait le sourire et encore l’espoir de battre les 57 jours du record de Joyon. © photo : Thomas Coville (Sodebo)
 

Coupe de l’America : dernières infos

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- Petit cachottier, Team New Zealand a révélé la semaine dernière qu’il était bien le 3e challenger officiellement inscrit après Mascalzone Latino et Artemis Racing – comme je l’annonçais sur ce blog dès le 13 décembre. Il faut dire que les hommes de Grant Dalton ne pouvaient plus le cacher très longtemps, puisqu’ils ont pris possession de leur AC45 arborant une belle fougère argentée…

 


© photo : Gilles Martin-Raget / Oracle Racing

 

Pour l’anecdote, Team New Zealand s’est inscrit dès le 1er novembre, date d’ouverture des inscriptions, dans l’espoir d’être le premier challenger après Mascalzone Latino. Le but de la manœuvre ? Devenir le Challenger of Record en cas de retrait des Italiens qui tardent à boucler leur budget. Et donc d’être en première ligne pour négocier avec Oracle les termes de la 34e America’s Cup. Mais Team New Zealand a réglé les 25 000 $ d’inscription par virement bancaire, ce qui a pris deux jours pour arriver sur les comptes d’ACEA, l’organisateur. Parallèlement, Artemis Racing, par le biais de son patron Paul Cayard, s’inscrivait en réglant la note avec un chèque, immédiatement encaissé ! Et voilà comment Team New Zealand a raté son coup et s’est ensuite terré dans le silence sur son inscription en attendant de renégocier son contrat avec Emirates…

 

- Preuve des difficultés financières de Mascalzone Latino, Vincenzo Onorato avait mandaté le cabinet VPLP pour lui dessiner un AC72 avant de rompre le contrat au bout de quelques semaines.

 

Et cette photo ci-dessous montre deux AC45 aux couleurs d’Oracle qui n’en possède pourtant qu’un seul ! Le second est celui de Mascalzone qu’Oracle loue en attendant que les Italiens aient les moyens de venir s’entraîner…

 


© photo : Gilles Martin-Raget / Oracle Racing

 

Huit équipes sont donc officiellement inscrites à la 34e America’s Cup. Et ACEA, l’organisateur, attend encore deux inscriptions avant le 31 mars, date limite. Mais il sera toujours possible de s’inscrire en avril moyennant une pénalité de retard de 200 000 $.

 

Les huit équipes :
- Oracle Racing, defender (USA)
- Mascalzone Latino, Challenger of Record (ITA)
- Artemis Racing (SWE)
- Team New Zealand (NZL)
- Aleph Equipe de France (FRA)
- Energy Team (FRA)
- Team Australia (AUS)

- Un 7e challenger. Pour connaître en exclusivité le nom de ce dernier inscrit, il vous suffit de lire le dernier numéro de Voiles et Voiliers en kiosque depuis ce week-end… ;-) )

 

- Le mois dernier, ACEA révélait les dates des huit épreuves de l’America’s Cup World Series (ACWS) qui se disputeront en 2011 et 2012 sur des AC45 sans révéler encore les villes d’accueil de ces épreuves.

 

1- 16 au 24 juillet 2011
2- 13 au 21 août 2011
3- 17 au 25 septembre 2011
4- 15 au 23 octobre 2011
5- 10 au 18 décembre 2011
6- 17 au 25 février 2012
7- 14 au 22 avril 2012
8- 19 au 27 mai 2012

 

Il est désormais certain que les deux premières épreuves de l’ACWS disputées sur les très attendus AC72 se courront à San Francisco en août et septembre 2012, un an avant la Coupe.

 

Et voici ci-dessous la zone de course probable de la 34e America’s Cup, comme l’a révélé John Craig, le Directeur de Course.

 


© photo : Google Earth
 

Faux record !

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La Velux 5 Oceans ne passionne pas les foules en France, ce qui est somme toute assez logique pour deux raisons principales. Ils ne sont plus que quatre concurrents en course et il n’y a pas de Français dans le lot. Et puis, il faut reconnaître que le site est assez mal fichu et ne donne pas envie d’y revenir régulièrement.

 

Néanmoins, l’arrivée de la troisième étape entre Wellington (NZ) et Punta Del Este (Uruguay) s’est terminée par une arrivée incroyablement serrée entre les deux poursuivants de l’indéboulonnable leader américain Brad Van Liew sur Le Pingouin, vieux plan Lombard construit pour Catherine Chabaud (Whirlpool) en 1998.

Ainsi, après 25 jours et 17 heures de course, le Polonais Zbigniew Gutkowski a devancé le Britannique Chris Stanmore-Major de 40 secondes seulement pour s’emparer de la deuxième place… Un écart infinitésimal ! Enfin un peu de piquant sur cette course. D’où cette étonnante photo après 6000 milles dans les mers du sud…

 


40 secondes d’écart seulement entre le Polonais Gutkowski et l’Anglais Stanmore-Major devant Punta del Este. © photo : Velux 5 Oceans

 

Ce superbe duel final nous vaudra ce titre du communiqué de presse de la course jeudi dernier : « Une arrivée d’anthologie à Punta del Este ».

 

Un communiqué qui nous certifie que ces 40 secondes d’écart représentent l’arrivée la plus serrée de l’histoire de la course au large entre deux solitaires !

 

Euh, comment dire ? Faux !

 

A l’arrivée de la seconde étape de la Transat 6.50 Charente-Maritime/Bahia 2009, après 19 jours de course, Bertrand Delesne (Entreprendre Durablement) s’empare de la deuxième place devant Henri-Paul Schipman (Maison de l’Avenir-Urbatys) avec seulement 27 secondes d’avance !

 


27 secondes d’avance ! Telle est le vrai plus petit écart entre deux solitaires sur une étape transocéanique de course au large. HP Schipman au fond de la photo, sous spi au pied des gratte-ciels de Bahia, s’est incliné d’un rien derière Bertrand Delesne au premier plan. © photo : Thierry Martinez / Sea & Co.

 

Et rappelons que la Solitaire du Figaro faisant partie de la famille de la course au large, les 13 secondes d’écart (certes cumulés sur quatre étapes) en 2003 entre Armel Le Cléac’h et Alain Gautier restent le record absolu entre deux navigateurs solitaires.
 

Embouteillage au cap Horn

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En solitaire sur son trimaran de 32 mètres Sodebo, Thomas Coville a franchi le cap Horn mardi à 12h24. Il était alors à 50 mètres seulement d’un monocoque en course sur la Barcelona World Race, Neutrogena du duo germano-américain Boris Hermann / Ryan Breymaier ! Lundi soir, vers 20h, ce sont les Espagnols Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.) qui doublaient le cap Dur en troisième position de la Barcelona.

 

Et dans les prochaines heures, trois autres tandems de la BWR découvriront à leur tour les parages hostiles de la pointe sud-américaine. Kito de Pavant et Sébastien Audigane, décidément pas en veine sur Groupe Bel, ont annoncé une escale à Ushuaïa pour réparer une avarie de tête de quille. Derrière eux, Dominique Wavre et Michèle Paret (Mirabaud) ne vivent pas leur meilleure période de course au large depuis que Michèle, victime d’anémie, est alitée pour se reposer. Avec les Espagnols Pepe Ribes / Alex Pella (Estrella Damm) la nuit prochaine, cela fera six bateaux en à peine plus de 24 h ! C’est probablement du jamais vu ! En tout cas, en course…

 

Mais pour tous ceux qui le franchissent, pour la première ou la énième fois, passer le cap Horn à la voile après une longue traversée du Pacifique reste un moment magique. Thomas Coville, qui le passe pour la huitième fois, était euphorique. « Le cap Horn est un cadeau du ciel ! C’est incroyable ! C’est la première fois que je passe aussi près. Je suis à moins de 200 mètres du cap ! » Un sentiment certainement renforcé par la présence surprise d’un autre bateau. « Je suis avec Neutrogena, qui est à 50 mètres de moi ! » s’enthousiasmait-il. Avec justesse, Coville surnomme le Horn le cap de Bonne Délivrance

 

 Thomas Coville, tout sourire au moment de franchir le cap Horn pour la huitième fois (2 Trophée Jules Verne, une Route de l’Or, un Vendée Globe, une Oryx Quest, une étape de Volvo Ocean Race et une tentative de record en solitaire). © photo : Thomas Coville (Sodebo)

 

Mais pour Thomas, la vraie délivrance sera de couper la ligne d’arrivée en battant le record de Joyon, ce qui n’est pas encore acquis.

 

Il y a deux ans, Coville accusait 1344 milles de retard sur Joyon, soit environ quatre jours de navigation. Dans la longue remontée de l’Atlantique, du Sud au Nord, il avait repris plus de deux jours à son adversaire virtuelle. Il faudra faire encore un peu mieux dans les trois prochaines semaines puisqu’il accusait ce mardi un retard de 2 jours 12 heures et 14 minutes sur le chrono record, soit exactement 687 milles de débours. Moitié moins qu’en 2009.

 

Le record est donc encore à sa portée, mais à condition de rencontrer des situations météo plutôt favorables.

 

A l’arrivée, cela risque de se jouer à quelques heures près, dans un sens comme dans l’autre. Pour décrocher un nouveau record, le skipper de Sodebo doit revenir à Brest avant le 28 mars à 1h40. Souhaitons à Thomas que cette fois-ci, la chance soit de son côté…