En solitaire sur son trimaran de 32 mètres Sodebo, Thomas Coville a franchi le cap Horn mardi à 12h24. Il était alors à 50 mètres seulement d’un monocoque en course sur la Barcelona World Race, Neutrogena du duo germano-américain Boris Hermann / Ryan Breymaier ! Lundi soir, vers 20h, ce sont les Espagnols Pachi Rivero et Antonio Piris (Renault Z.E.) qui doublaient le cap Dur en troisième position de la Barcelona.

 

Et dans les prochaines heures, trois autres tandems de la BWR découvriront à leur tour les parages hostiles de la pointe sud-américaine. Kito de Pavant et Sébastien Audigane, décidément pas en veine sur Groupe Bel, ont annoncé une escale à Ushuaïa pour réparer une avarie de tête de quille. Derrière eux, Dominique Wavre et Michèle Paret (Mirabaud) ne vivent pas leur meilleure période de course au large depuis que Michèle, victime d’anémie, est alitée pour se reposer. Avec les Espagnols Pepe Ribes / Alex Pella (Estrella Damm) la nuit prochaine, cela fera six bateaux en à peine plus de 24 h ! C’est probablement du jamais vu ! En tout cas, en course…

 

Mais pour tous ceux qui le franchissent, pour la première ou la énième fois, passer le cap Horn à la voile après une longue traversée du Pacifique reste un moment magique. Thomas Coville, qui le passe pour la huitième fois, était euphorique. « Le cap Horn est un cadeau du ciel ! C’est incroyable ! C’est la première fois que je passe aussi près. Je suis à moins de 200 mètres du cap ! » Un sentiment certainement renforcé par la présence surprise d’un autre bateau. « Je suis avec Neutrogena, qui est à 50 mètres de moi ! » s’enthousiasmait-il. Avec justesse, Coville surnomme le Horn le cap de Bonne Délivrance

 

 Thomas Coville, tout sourire au moment de franchir le cap Horn pour la huitième fois (2 Trophée Jules Verne, une Route de l’Or, un Vendée Globe, une Oryx Quest, une étape de Volvo Ocean Race et une tentative de record en solitaire). © photo : Thomas Coville (Sodebo)

 

Mais pour Thomas, la vraie délivrance sera de couper la ligne d’arrivée en battant le record de Joyon, ce qui n’est pas encore acquis.

 

Il y a deux ans, Coville accusait 1344 milles de retard sur Joyon, soit environ quatre jours de navigation. Dans la longue remontée de l’Atlantique, du Sud au Nord, il avait repris plus de deux jours à son adversaire virtuelle. Il faudra faire encore un peu mieux dans les trois prochaines semaines puisqu’il accusait ce mardi un retard de 2 jours 12 heures et 14 minutes sur le chrono record, soit exactement 687 milles de débours. Moitié moins qu’en 2009.

 

Le record est donc encore à sa portée, mais à condition de rencontrer des situations météo plutôt favorables.

 

A l’arrivée, cela risque de se jouer à quelques heures près, dans un sens comme dans l’autre. Pour décrocher un nouveau record, le skipper de Sodebo doit revenir à Brest avant le 28 mars à 1h40. Souhaitons à Thomas que cette fois-ci, la chance soit de son côté…