Il y a deux ans (en décembre 2008 et janvier 2009) j’écrivais mes premiers posts de ce blog. Deux d’entre eux étaient consacrés à la deuxième tentative de record autour du monde de Thomas Coville. Ils étaient titrés “La cruauté du chrono“ et “Quel exploit quand même !“…

 

C’est terrible de se dire que deux ans plus tard, je pourrais reprendre quasiment mots pour mots les mêmes phrases. Que le chrono de Francis Joyon reste phénoménal. Que malgré tous les efforts de Coville pour aller plus vite que Joyon sur l’eau, sa route plus longue à cause des icebergs et d’une météo défavorable lui interdit une nouvelle fois les honneurs et la reconnaissance qu’il mérite amplement. Qu’une nouvelle fois, sa route a été semée d’embûches dont ce globicéphale coupeur d’étrave au large de l’Argentine.

 

Mais contrairement à 2009, cette fois-ci Thomas Coville pouvait y croire. Au large du Brésil, il a même compté le 15 mars dernier jusqu’à 227 milles d’avance sur le record. Au 44e jour de mer la veille, il venait de repasser virtuellement en tête pour la première fois depuis le 4 février, soit au 6e jour de sa tentative. Mais l’espoir ne fut que de courte durée. Un pot-au-noir très actif au sud de l’équateur, et un large anticyclone des Açores en ont décidé autrement.

 

Une fois de plus, on ne peut être qu’admiratif de la volonté et de l’abnégation de Thomas Coville. Cela doit faire plus d’une semaine qu’il sait que ses chances étaient réduites à néant. Mais c’est aujourd’hui qu’ils ont décidé de l’officialiser et de le dire. Avec ces mots à lui, et une certaine retenue par rapport à la grande déception précédente sur la Route du Rhum. « Dans d’autres sports, le vélo, la course à pied, quand tu arrêtes, ça s’arrête. Dans notre sport, ça ne s’arrête pas, il faut ramener le bateau à la maison » déclare pudiquement Thomas aujourd’hui. Traduction : l’ironie de notre sport est qu’il faudra attendre encore quelques jours avant de se consoler en famille, et vivre encore quelques jours sur un trimaran fatigué et endommagé, sans d’autre motivation que de rentrer maintenant au plus vite pour retrouver les siens…

 

Décidément, le chrono est terriblement cruel !

 

Bravo quand même Thomas…

 


Au passage du cap Horn, Thomas Coville avait le sourire et encore l’espoir de battre les 57 jours du record de Joyon. © photo : Thomas Coville (Sodebo)