Skip to Content

Monthly Archives: mai 2011

Mathieu Richard et Damien Iehl, les espoirs français

Par

Mercredi débute à Langenargen, sur la rive allemande du Lac de Constance, la deuxième étape du World Match Racing Tour. On attend évidemment avec impatience de voir les performances de nos deux tricolores Mathieu Richard et Damien Iehl.

 

Le premier est vice-champion du Monde en titre mais a raté la première étape de Marseille, occupé par ailleurs sur le circuit des RC44. Son retour sur le World Tour est évidemment très attendu en l’absence de Ben Ainslie, celui qui l’a détrôné de la première place en décembre dernier sur la dernière épreuve 2010, la Monsoon Cup.

 

Le second vient de remporter brillamment il y a dix jours la première étape du World Tour à Marseille et ne cache pas ses ambitions de décrocher le titre mondial dès sa première participation à l’ensemble du World Tour.

 

Voilà une belle émulation qui n’est pas sans rappeler la saison 2008 lorsque Sébastien Col et Mathieu Richard avaient terminé 2e et 3e du WMRT. On aimerait revoir la même chose, mais sur les deux plus hautes marches du podium…

 

On est d’autant plus impatient de suivre les prochains duels que l’étape allemande réussit généralement bien à nos Français. Damien Iehl s’y est imposé en 2008 (sa première victoire sur le World Tour) et Mathieu Richard finit régulièrement dans les quatre premiers.

 

Cette année, les monotypes ont changé. Le Bavaria 35 Match cède sa place au Bavaria 40S. Mais là n’est pas la principale difficulté si l’on en croit nos deux intéressés.

 

Mathieu Richard : « En général, les conditions ne sont pas évidentes (comme souvent sur les lacs suisses, ndlr). C’est une épreuve très tactique, cela ouvre le jeu. On ne peut pas tout maîtriser. On a souvent vu des retournements de situations imprévisibles. C’est pour cela qu’il faut être bien préparé et arriver fort mentalement. »

 

Damien Iehl : « Le plan d’eau n’est pas facile, mais nous sommes tous logés à la même enseigne. L’organisation sur place gère très bien cela et n’hésite pas à changer les parcours quand il le faut ou à annuler les manches si les conditions ne sont vraiment pas réunies. »

 

L’année dernière, les demi-finales et finales n’avaient justement pas pu être disputées. Espérons que ce ne soit pas le cas cette année. Bon vent à nos deux frenchies et à leurs équipages.

 

J’avais déjà souligné sur ce blog la qualité des retransmissions des matchs de la Monsoon Cup. Vous pouvez désormais suivre en direct et en vidéo les matchs des autres épreuves. Ce sera le cas dès mercredi sur le match-race Germany entre 13h00 et 15h00… C’est sur le site www.worldmatchracingtour.com
 

L’hypocrisie à la sauce italienne

Par

 Vincenzo Onorato, le patron de Mascalzone Latino, a annoncé la semaine dernière interrompre sa campagne pour la prochaine Coupe de l’America. C’est le premier des quatorze challengers officiellement pré-inscrits qui se retire la 34e édition. D’autres suivront très certainement. Notamment en France malheureusement…

 

Vincenzo Onorato, patron du défi italien Mascalzone Latino (les Lascars Latins). © photo : D.R.

 

Mais revenons à Mascalzone. Le désormais ex-challenger of record a souvent été critiqué pour son allégeance envers le defender Oracle Racing alors que le rôle d’un challenger of record est de négocier au mieux le prochain Protocole pour conserver un maximum d’équité – même si on sait que la Coupe de l’America n’a jamais été une compétition fair-play.

 

Dans une interview accordée au quotidien italien La Reppublica, traduite de l’italien à l’anglais par Pierre Orphanidis, grand animateur du site Internet www.vsail.info (ex-Valencia Sailing), on peut y lire des propos étonnants de la part d’un homme qui a participé deux fois à la Louis Vuitton Cup en 2002 et 2007. Pour rappel, en 2002 il avait terminé dernier (9e) avec le plus petit budget et en 2007 à la 6e place (sur 11) avec un budget de 60 millions d’euros, très correct, mais loin des 100 millions du vainqueur Alinghi.

 

Nouvelle traduction de l’anglais vers le français :

 

La Repubblica : Les commentaires sur les blogs internationaux et chez les médias spécialisés sont plutôt durs à votre encontre !
Vincenzo Onorato : C’est aussi une démonstration d’affection. A l’évidence, ils nous aiment !

 

La Repubblica : Sur le fond, ils se demandent comment est-il possible que vous ayez écrit les règles, conçu le format de la compétition, choisi les paramètres économiques, et que vous êtes le premier à ne pas trouver d’argent ?
Vincenzo Onorato : C’est faux ! Nous avons trouvé l’argent pour participer à la Coupe. Et je remercie les sponsors qui nous ont fait confiance.

 

La Repubblica : Alors pourquoi abandonner ?
Vincenzo Onorato : Parce que nous n’avons pas trouvé assez pour être effectivement compétitif face aux grosses équipes. C’est-à-dire, pour essayer de gagner la Coupe. Je suis un compétiteur. Un navigateur et un compétiteur. Je n’ai vraiment aucun intérêt à participer sans être compétitif.

 

La Repubblica : Très bien. Mais alors il semble que ceux qui pensent que les règles que vous avez édictées sont une farce ont raison. Ces règles prétendent faciliter la participation d’un plus grand nombre d’équipe et laisse finalement à un seul, le plus riche, Oracle, la chance de gagner.
Vincenzo Onorato : Encore un débat idiot. La Coupe de l’America n’a jamais été, dans sa longue tradition, une compétition pour petits budgets. Cela a toujours été un événement avec une escalade de budget.

 

Virement sur l’aile donc pour le patron italien de la compagnie maritime méditerranéenne Moby Lines. Pour ses deux premières participations, le manque de budget ne lui posait aucun problème. Aujourd’hui, oui ! Il sait pourtant mieux que quiconque que participer, même avec un petit budget, permet d’accumuler une grande expérience qui sera toujours fort utile pour la fois d’après. Abandonner aujourd’hui signifie donc qu’il renonce définitivement à la Coupe de l’America. Soit. Mais en décalage complet avec ces précédents discours. Du coup, c’est Artemis Racing qui endosse le maillot de challenger of record. Certes, il n’y a plus grand-chose à négocier, mais c’est encore un syndicat pieds et poings liés avec Oracle Racing.

 

Finalement, Grant Dalton et Team New Zealand avaient vu juste en voulant s’inscrire dès l’ouverture des inscriptions le 1er novembre pour devenir le challenger of record en cas de retrait des Italiens. Mais Artemis en avait fait de même. Et les Suédois, menés par l’Américain Paul Cayard, avait payé par chèque tandis que les Kiwis avaient fait un transfert bancaire… qui a mis deux jours à arriver ! A quoi ça tient finalement…
 

RC44 vs WMRT

Par

Cette semaine se disputent à la fois une étape du circuit RC 44 en Autriche – qui comprend une régate en match-racing – ainsi que la première épreuve du World Match Racing Tour (WMRT) à Marseille.

 

Etonnant de ne pas avoir réussi à s’accorder sur les calendriers lorsqu’on propose deux circuits parallèles de match-racing !

 

Ce qui empêche au passage Mathieu Richard de disputer l’épreuve marseillaise. Car Mathieu et ses équipiers habituels (Greg Evrard, Thierry Briend, Olivier Herlédant et Yannick Simon) se sont engagés cette année sur le circuit RC 44 sous la bannière de l’Aleph Sailing Team (patron Hugues Lepic), tout en gardant l’objectif manqué de peu l’an passé de décrocher le titre de Champion du Monde de Match-Racing. Pour rappel, ils ont été en tête toute l’année et terminent Vice-Champions du Monde sur la dernière épreuve qui compte double.

 

Ce télescopage des calendriers est d’autant plus malheureux que l’épreuve marseillaise, courue en J80, réussit plutôt bien à Mathieu qui l’avait remportée en 2010.

 

Avec les départs cette année du WMRT de Ben Ainslie, champion en titre, et d’Adam Minoprio, champion 2009, j’avais déjà évoqué dans ce blog l’absence d’une partie des meilleurs mondiaux. Et lorsqu’on regarde les listes d’inscrits des deux épreuves, on peut même se demander lequel des deux championnats est le plus relevé.

 


Des RC 44 entourés de montagne sur un un lac autrichien. © photo : Hans Osterauer / RC44 Class Association

 

D’un côté, le RC 44 : Paul Cayard (double vainqueur de la Louis Vuitton Cup), Russell Coutts (quadruple vainqueur de l’America’s Cup), Peter Holmberg (double vainqueur du WMRT 2001-02), Cameron Appleton, Peter Evans, Michele Ivaldi et quelques autres.

 


Depuis plusieurs années, le Marseille International Match Race ouvre la saison du World Match Racing Tour. © photo : Gilles Martin-Raget / Sea & Co

 

De l’autre le WMRT : Ian Williams (double champion du monde de match-racing 2007-2008), Peter Gilmour (triple vainqueur 2004-05-06), Bertrand Pacé (vainqueur en 2000), Jesper Radich (vainqueur en 2003), Francesco Bruni, Damien Iehl, et là encore quelques autres.

 

La différence entre les deux compétitions ?

 

Le circuit RC 44 compte six épreuves. Toutes se courent sur le monotype RC 44, selon les initiales de son concepteur Russell Coutts. Les équipages doivent se composer à 50% d’amateurs. Chaque épreuve est divisée en deux parties. D’abord des régates en flotte avec le propriétaire à la barre. Ensuite des épreuves de match-racing avec un professionnel aux commandes.

 

Le World Match Racing Tour s’étale sur neuf épreuves. Mais six seulement seront prises en compte pour établir le classement final. Les coureurs changent de bateau à chaque étape. J80 à Marseille, Bavaria 35 en Allemagne, KM 36 en Corée, etc. Il n’y a évidemment que du match-racing et les règles n’imposent pas de quotas d’amateurs à bord.

 

Pour parler grisbi, il y a d’un côté ceux qui encaissent des gros chèques pour naviguer avec des propriétaires fortunés, et de l’autre ceux qui sont mal payés mais qui espèrent décrocher le gros lot car les épreuves du World Tour sont de mieux en mieux dotés chaque année.

 

Cette année, Mathieu Richard va tenter de jouer sur les deux tableaux. Rien de tel que de découvrir un nouveau circuit pour continuer à progresser. Espérons juste que leur absence à Marseille en ouverture de la saison ne sera pas préjudiciable pour la course au titre.

 

A noter qu’un autre équipage français a obtenu cette année son sésame pour le WMRT, c’est celui de Damien Iehl, refoulé l’an passé alors qu’il occupait le 3e rang mondial de la ranking list ISAF. Avec Mathieu Richard et Damien Iehl, l’équipe de France de match-racing compte deux pointures capables de remporter le titre. Bonnes saisons à tous les deux…
 

Nouv’aile mode !

Par

Depuis que la Coupe de l’America s’est tournée vers le multicoque à aile rigide, les ailes poussent un peu partout. Sur des Moths à foil, sur le Mirabaud LX plus récemment et même sur le plus célèbre et le plus populaire de tous les dériveurs…

 

L’Optimist !

 

© photo : Terry Nicholas

 

Bien sûr, les ailes ne sont pas autorisées pour régater en Optimist. Ce sont des membres du design team d’Oracle Racing qui se sont amusés à en installer une sur la caisse à savon de leur progéniture à l’occasion du championnat de Nouvelle-Zélande d’Optimist. Pour le plus grand amusement des marmots…

 

Mais parmi tous ces champions en herbe kiwis (peut-être les futurs Russell Coutts ou Dean Barker), six d’entre eux ont eu le privilège d’aller naviguer – et même de barrer – un AC45 au côté de James Spithill !

 


Souvenir inoubliable pour les jeunes champions d’Optimist néo-zélandais que d’aller naviguer et barrer un AC45. De quoi susciter de belles vocations… © photo : Gilles Martin-Raget / Sea&Co

 

Le cauchemar !

Par

16 jours de course. De fatigue. De stress.
Une arrivée hallucinante avec 2 minutes 45 s d’écart entre les deux premiers !
Le troisième termine à seulement 5 minutes 42 s du vainqueur.
Cette première Transat Bénodet-Martinique était palpitante à suivre.
Une belle réussite.
Bravo à tous !

 

Patatras… Le Jury est passé par là et a magnifiquement gâché la fête !

 

Nicolas Lunven, dont personne ne remet en cause ni le talent ni l’honnêteté, vient d’écoper de 35 minutes de pénalité – et donc de dégringoler à la 5e place – pour avoir embarqué… un Thermos !
Oui, vous avez bien lu.
Ce n’est pas un téléphone satellite ou tout autre système interdit par la classe.
Non, il a juste été contrôlé avec un Thermos… de trop !
Les règles de course autorisent 25 litres. Et pas un dé à coudre de plus…

 

Le pauvre Nicolas, qui vit un cauchemar au lieu de savourer tranquillement sa belle victoire, a eu le malheur d’embarquer son Thermos le matin du départ en même temps que son sandwich du jour. Une faute grave et impardonnable visiblement puisqu’elle lui coûte la victoire.

 

Oui mais voilà ! La règle, c’est la règle diront certains…
Eh bien, je ne suis pas de cet avis.

 

Dans la vie, il y a des lois ou des règles. Il y a des tribunaux, des juges ou des jurys pour les faire respecter. Mais aussi pour les interpréter. En fonction de la situation. Si la vie se limitait à l’équation : une faute = une sanction. Tous ces gens de lois ne serviraient à rien. Et la tolérance n’existerait pas.

 

Or, dans le cas présent, il paraît évident qu’il n’y a pas volonté de tricher.

 

Le pire dans cette histoire est que ce contrôle a été effectué au départ et non à l’arrivée.

 

Le jaugeur a demandé à Nicolas de débarquer avant le départ une bouteille d’eau 1,5 litre en compensation. Mais l’infraction était commise, et la sanction inévitable. C’est malheureusement la règle dans la classe Figaro.

 

Même pas sûr dans cette histoire que Thomas Rouxel, qui n’a rien demandé à personne non plus, apprécie vraiment d’être déclaré vainqueur de la Transat Bénodet-Martinique dans ces conditions.

 

Pour finir ce sujet navrant, voici la déclaration de Pierre Bojic, le directeur de Pen Duick, organisateur de l’épreuve. Juste et parfaitement tournée. A lire entre les lignes…
« Je prends acte des décisions du jury de la Fédération Française de Voile qui applique les règles de la Classe Figaro Bénéteau. Mais la performance sportive de l’ensemble des skippers reste tout à fait exceptionnelle, unique et incontestable. Je salue cet exploit. »

 

PS : l’affaire n’est pas terminée. Nicolas Lunven a demandé conseil à son sponsor et aux avocats de celui-ci pour savoir quel recours il pouvait intenter.

 

PS 2 : Anthony Marchand et Francisco Lobato ont écopé de la même pénalité pour la même raison. Erwan Tabarly a pris 17min 30s de pénalité pour deux plombs cassés au niveau de son radeau de survie.
 

MAJ 03.05 : 

Mon confrère Philippe Eliès du Télégramme, qui suit de près toutes les courses Figaro, m’a envoyé un mail suite à ce billet pour m’informer que :

- Nicolas Lunven aurait été prévénu par les jaugeurs de son infraction avant de partir. 

- que les 35 minutes de pénalité correspondent à 1 minute par tranche de 100 milles de course sur le parcours de 3474 milles.

- que le président de la commission jauge-monotype de la classe Figaro n’est autre que… Nicolas Lunven. 

- Qu’en 2006, sur la première étape de la Solitaire, Gérald Véniard, vainqueur, avait vécu la même mésaventure. 24 minutes de pénalité pour poids excédentaire du matériel embarqué.

- Et que les coureurs s’engagent à ne pas poursuivre le Jury devant des tribunaux. Le seul recours possible est donc le jury d’appel de la FFVoile. 

Merci Philippe pour toutes ces précisions…


2e MAJ 03.05 :

 

Le site OuestFrance.fr rapporte la réaction de Nicolas Lunven suite à cette pénalité :

« Pour rouvrir le dossier, il faut apporter un fait nouveau. On me reproche d’avoir embarqué une gamelle dont l’utilisation première, principale et unique est de me faire à manger, c’est une thermos avec un couvercle, on me reproche de pouvoir y mettre de l’eau. Un contenant même vide est considéré comme plein. Un bidon avec des piles ne rentre pas dans cette catégorie. Et il y a trois semaines, j’ai couru et gagné la Solo des Sables dans la même configuration ; j’ai été contrôlé et autorisé par le jaugeur. Entre-temps c’est devenu un contenant liquide. Il y a deux poids et deux mesures, c’est vraiment jouer avec les mots. On me reproche un excèdent d’eau mais la pénalité sort un article qui sanctionne les kilos en trop. On est trois à avoir la même gamelle, les jurés ne se sont pas posé la question. Je vais essayer de me battre, Generali est à fond derrière moi car mon métier c’est avant tout de faire du bateau. Cela vaut le coup pour moi, pour les copains, pour Thomas (Rouxel) qui n’est pas heureux de la situation. Dimanche soir, je me suis enfermé dans ma chambre mais j’ai reçu des messages et des sms des dix premiers. Je ne veux pas ressembler à un tricheur, on sait tous l’investissement qu’on met dans ces bateaux et dans une course. Et on me reproche 1,2 litre. À Bénodet, on m’a demandé de faire descendre une bouteille d’eau d’1,5 litres, pourquoi pas la gamelle si je l’ai embarquée pour tricher ? Et pendant toute la traversée, j’ai pu constater qu’elle n’était pas étanche. »