Cette semaine se disputent à la fois une étape du circuit RC 44 en Autriche – qui comprend une régate en match-racing – ainsi que la première épreuve du World Match Racing Tour (WMRT) à Marseille.

 

Etonnant de ne pas avoir réussi à s’accorder sur les calendriers lorsqu’on propose deux circuits parallèles de match-racing !

 

Ce qui empêche au passage Mathieu Richard de disputer l’épreuve marseillaise. Car Mathieu et ses équipiers habituels (Greg Evrard, Thierry Briend, Olivier Herlédant et Yannick Simon) se sont engagés cette année sur le circuit RC 44 sous la bannière de l’Aleph Sailing Team (patron Hugues Lepic), tout en gardant l’objectif manqué de peu l’an passé de décrocher le titre de Champion du Monde de Match-Racing. Pour rappel, ils ont été en tête toute l’année et terminent Vice-Champions du Monde sur la dernière épreuve qui compte double.

 

Ce télescopage des calendriers est d’autant plus malheureux que l’épreuve marseillaise, courue en J80, réussit plutôt bien à Mathieu qui l’avait remportée en 2010.

 

Avec les départs cette année du WMRT de Ben Ainslie, champion en titre, et d’Adam Minoprio, champion 2009, j’avais déjà évoqué dans ce blog l’absence d’une partie des meilleurs mondiaux. Et lorsqu’on regarde les listes d’inscrits des deux épreuves, on peut même se demander lequel des deux championnats est le plus relevé.

 


Des RC 44 entourés de montagne sur un un lac autrichien. © photo : Hans Osterauer / RC44 Class Association

 

D’un côté, le RC 44 : Paul Cayard (double vainqueur de la Louis Vuitton Cup), Russell Coutts (quadruple vainqueur de l’America’s Cup), Peter Holmberg (double vainqueur du WMRT 2001-02), Cameron Appleton, Peter Evans, Michele Ivaldi et quelques autres.

 


Depuis plusieurs années, le Marseille International Match Race ouvre la saison du World Match Racing Tour. © photo : Gilles Martin-Raget / Sea & Co

 

De l’autre le WMRT : Ian Williams (double champion du monde de match-racing 2007-2008), Peter Gilmour (triple vainqueur 2004-05-06), Bertrand Pacé (vainqueur en 2000), Jesper Radich (vainqueur en 2003), Francesco Bruni, Damien Iehl, et là encore quelques autres.

 

La différence entre les deux compétitions ?

 

Le circuit RC 44 compte six épreuves. Toutes se courent sur le monotype RC 44, selon les initiales de son concepteur Russell Coutts. Les équipages doivent se composer à 50% d’amateurs. Chaque épreuve est divisée en deux parties. D’abord des régates en flotte avec le propriétaire à la barre. Ensuite des épreuves de match-racing avec un professionnel aux commandes.

 

Le World Match Racing Tour s’étale sur neuf épreuves. Mais six seulement seront prises en compte pour établir le classement final. Les coureurs changent de bateau à chaque étape. J80 à Marseille, Bavaria 35 en Allemagne, KM 36 en Corée, etc. Il n’y a évidemment que du match-racing et les règles n’imposent pas de quotas d’amateurs à bord.

 

Pour parler grisbi, il y a d’un côté ceux qui encaissent des gros chèques pour naviguer avec des propriétaires fortunés, et de l’autre ceux qui sont mal payés mais qui espèrent décrocher le gros lot car les épreuves du World Tour sont de mieux en mieux dotés chaque année.

 

Cette année, Mathieu Richard va tenter de jouer sur les deux tableaux. Rien de tel que de découvrir un nouveau circuit pour continuer à progresser. Espérons juste que leur absence à Marseille en ouverture de la saison ne sera pas préjudiciable pour la course au titre.

 

A noter qu’un autre équipage français a obtenu cette année son sésame pour le WMRT, c’est celui de Damien Iehl, refoulé l’an passé alors qu’il occupait le 3e rang mondial de la ranking list ISAF. Avec Mathieu Richard et Damien Iehl, l’équipe de France de match-racing compte deux pointures capables de remporter le titre. Bonnes saisons à tous les deux…