Vincenzo Onorato, le patron de Mascalzone Latino, a annoncé la semaine dernière interrompre sa campagne pour la prochaine Coupe de l’America. C’est le premier des quatorze challengers officiellement pré-inscrits qui se retire la 34e édition. D’autres suivront très certainement. Notamment en France malheureusement…

 

Vincenzo Onorato, patron du défi italien Mascalzone Latino (les Lascars Latins). © photo : D.R.

 

Mais revenons à Mascalzone. Le désormais ex-challenger of record a souvent été critiqué pour son allégeance envers le defender Oracle Racing alors que le rôle d’un challenger of record est de négocier au mieux le prochain Protocole pour conserver un maximum d’équité – même si on sait que la Coupe de l’America n’a jamais été une compétition fair-play.

 

Dans une interview accordée au quotidien italien La Reppublica, traduite de l’italien à l’anglais par Pierre Orphanidis, grand animateur du site Internet www.vsail.info (ex-Valencia Sailing), on peut y lire des propos étonnants de la part d’un homme qui a participé deux fois à la Louis Vuitton Cup en 2002 et 2007. Pour rappel, en 2002 il avait terminé dernier (9e) avec le plus petit budget et en 2007 à la 6e place (sur 11) avec un budget de 60 millions d’euros, très correct, mais loin des 100 millions du vainqueur Alinghi.

 

Nouvelle traduction de l’anglais vers le français :

 

La Repubblica : Les commentaires sur les blogs internationaux et chez les médias spécialisés sont plutôt durs à votre encontre !
Vincenzo Onorato : C’est aussi une démonstration d’affection. A l’évidence, ils nous aiment !

 

La Repubblica : Sur le fond, ils se demandent comment est-il possible que vous ayez écrit les règles, conçu le format de la compétition, choisi les paramètres économiques, et que vous êtes le premier à ne pas trouver d’argent ?
Vincenzo Onorato : C’est faux ! Nous avons trouvé l’argent pour participer à la Coupe. Et je remercie les sponsors qui nous ont fait confiance.

 

La Repubblica : Alors pourquoi abandonner ?
Vincenzo Onorato : Parce que nous n’avons pas trouvé assez pour être effectivement compétitif face aux grosses équipes. C’est-à-dire, pour essayer de gagner la Coupe. Je suis un compétiteur. Un navigateur et un compétiteur. Je n’ai vraiment aucun intérêt à participer sans être compétitif.

 

La Repubblica : Très bien. Mais alors il semble que ceux qui pensent que les règles que vous avez édictées sont une farce ont raison. Ces règles prétendent faciliter la participation d’un plus grand nombre d’équipe et laisse finalement à un seul, le plus riche, Oracle, la chance de gagner.
Vincenzo Onorato : Encore un débat idiot. La Coupe de l’America n’a jamais été, dans sa longue tradition, une compétition pour petits budgets. Cela a toujours été un événement avec une escalade de budget.

 

Virement sur l’aile donc pour le patron italien de la compagnie maritime méditerranéenne Moby Lines. Pour ses deux premières participations, le manque de budget ne lui posait aucun problème. Aujourd’hui, oui ! Il sait pourtant mieux que quiconque que participer, même avec un petit budget, permet d’accumuler une grande expérience qui sera toujours fort utile pour la fois d’après. Abandonner aujourd’hui signifie donc qu’il renonce définitivement à la Coupe de l’America. Soit. Mais en décalage complet avec ces précédents discours. Du coup, c’est Artemis Racing qui endosse le maillot de challenger of record. Certes, il n’y a plus grand-chose à négocier, mais c’est encore un syndicat pieds et poings liés avec Oracle Racing.

 

Finalement, Grant Dalton et Team New Zealand avaient vu juste en voulant s’inscrire dès l’ouverture des inscriptions le 1er novembre pour devenir le challenger of record en cas de retrait des Italiens. Mais Artemis en avait fait de même. Et les Suédois, menés par l’Américain Paul Cayard, avait payé par chèque tandis que les Kiwis avaient fait un transfert bancaire… qui a mis deux jours à arriver ! A quoi ça tient finalement…