Que se passe-t-il sur la Coupe de l’America ?

 

Malscalzone Latino qui jette l’éponge.
Un candidat challenger anonyme refusé par le Golden Gate Yacht Club.
Seulement quatre challengers véritablement inscrits.
Des règles modifiées pour tenter d’arrondir les angles.
Grant Dalton qui demande des explications sur le nouveau challenger of record…

 

Il y a du grésillement sur les ondes du vieux pichet d’argent.

 

Résumé des épisodes précédents pour ceux qui s’intéressent de loin à la vieille dame.

 

Le 31 mars, 14 challengers potentiels s’étaient pré-inscrits en versant 25 000 $.
Depuis, Mascalzone Latino a jeté l’éponge (lire le post ci-dessous) et un autre challenger a tout simplement été refusé par le Golden Gate Yacht Club, sans préciser pourquoi ni de qui il s’agit. Il n’en reste donc plus que douze.

 

ACEA et ACRM (America’s Cup Event Authority et Race Management), les deux entités organisatrices de la 34e édition, ont longtemps tardé à annoncer le programme des ACWS (World Series). Ce qui ne facilite pas le travail de recherche d’un sponsor lorsque vous ne pouvez pas lui dire le programme à venir ! Certains sponsors potentiels ont même demandé à l’une des trois équipes françaises : « Etes-vous sûr que la Coupe de l’america aura bien lieu ? »

 

Résultat : des six manches prévues en 2011, il n’y en reste plus que trois. Et pas des plus glamours pour les futurs challengers lorsqu’il faut essayer de vendre un programme commercial à son futur sponsor. Cascais au Portugal, Plymouth en Angleterre et San Diego aux Etats-Unis. Soit trois pays où il n’y a pas de challenger! Cherchez l’erreur… Difficile de mettre plus de bâtons dans les roues des candidats à la Coupe.

 

En France, Marseille s’est porté candidat pour accueillir une étape du World Series. Mais l’organisation lui a réclamé 6 millions d’euros pour ça ! Impossible à notre époque pour la communauté phocéenne de débourser une telle somme. C’est probablement ce qu’avait payé Marseille en 2004 pour accueillir le premier Louis Vuitton Act. Mais c’était en 2004 justement… Bien loin de la crise actuelle ! Pourtant, une épreuve en France, lorsqu’il y a trois challengers déclarés dans le pays, ça se justifie amplement. Un tel exemple montre que l’organisateur ne semblait pas faire un maximum d’efforts pour soutenir les challengers.

 

Depuis, ACEA a dû revoir un peu ses prétentions à la baisse. Lorsque le 30 avril, seulement quatre challengers ont – d’après nos informations, puisque ACEA n’a toujours rien communiqué un mois après la date ! – payé les 200 000 $ de caution (Performance Bond), il a bien fallu modifier les règles. Sinon, tous les autres étaient déjà hors jeu ! Artemis, Team New Zealand, China Team et Venezia Challenge pourraient être les quatre challengers ayant acquitté leur inscription.

 

Un mois plus tard, suite à un challengers’ meeting le 30 mai, ACEA annonçait dans un communiqué que le Performance Bond était supprimé, remplacé par un droit d’entrée de 100 000 $. La seule manière de réintégrer 8 challengers indélicats qui n’arrivent pas à boucler leur budget.

 

Parallèlement, pour aider les retardataires, les AC72, qui devaient régater à partir d’avril 2012 sont repoussés à 2013. Les AC45 assureront donc tous les World Series 2011 et 2012. Et la mise à l’eau des premiers AC72 est repoussée de sept mois, du 1er janvier au 1er juillet 2012.

 

Bizarrement, ACEA qui tente d’assouplir les règles, met quand même un couteau en plastique sous la gorge des challengers en leur demandant de verser 50% du prix d’un AC45 (800 000 à 1 000 000 €) d’ici le 10 juin s’ils veulent faire partie du grand barnum de l’America. Allez comprendre !

 

Dernier grincement de dents, celui de Grant Dalton. Je vous ai déjà raconté comment Team New Zealand avait raté le coche pour être le premier challenger inscrit dès le 1er novembre. Mais le chèque d’Artemis avait été encaissé plus vite que leur virement bancaire. Cette semaine, suite au retrait de Mascalzone Latino, Dalton demande des explications sur l’attribution du statut de challenger of record à Artemis qui, tout le monde le sait, est copain comme cochon avec Oracle. Et donc ne remplira pas plus un vrai rôle de challenger que Mascalzone avant lui… Pas sûr que le Golden Gate Yacht Club lui réponde très vite à ce sujet !