Depuis jeudi, nous connaissons l’identité du 8e challenger officiel pour la prochaine Coupe de l’America : Green Comm Racing.

 

 

Dans cette info à la hune sur les challengers publiée le 17 juin, nous émettions l’hypothèse d’un syndicat espagnol ou italien. Il s’agit finalement d’un défi espagnol dirigé par des Italiens… :-) )

 

Ancien Finniste, médaillé d’argent aux JO de Sydney en 2000, Luca Devoti occupait déjà le rôle de team manager du syndicat italien +39 Challenge lors de la 32e Coupe de l’America, en 2007 à Valence. Avec un budget annoncé de 30 millions d’euros, l’équipe italienne s’était classée 9e sur 11 challengers, juste derrière Areva Challenge.

 

Déjà à l’époque, Luca Devoti s’était appuyé sur un contingent de régatiers olympiques, et notamment d’anciens Finnistes, dont Iain Percy, celui-là même qui l’avait battu à Sydney en décrochant l’or olympique. De nouveau bombardé directeur sportif, Luca Devoti applique la même méthode. Parmi ses recrues probables, on compte Ed Wright, vainqueur de la Finn Gold Cup 2010, Zach Railey, médaillé d’argent à Qingdao aux JO 2008 et le jeune Français Jonathan Lobert.

 


Découvrez Luca Devoti à travers cette vidéo à la hune réalisée par François Déliac où Luca, dans un très bon français, nous présente le D-One qu’il a dessiné. © photo : D.R.

 

Ce nouveau défi espagnol n’a donc rien à voir avec l’ancien Desafio Espanol 2007 qui s’était classé 4e de la Louis Vuitton Cup et avait fait trembler Team New Zealand en remportant deux matchs lors des demi-finales.

 

Team New Zealand et Artemis, les deux plus sérieux challengers de la prochaine édition, peuvent dormir tranquille. Pas de budget annoncé. Pas de sponsor principal. Pas de grands noms de la Coupe de l’America ou du multicoque. En l’état, Green Comm Racing ne devrait pas leur faire trop d’ombre. Mais qu’importe !

 

Pour certains, participer suppose d’avoir les moyens de gagner. Mascalzone a abandonné pour cette raison. Les trois projets français ne veulent pas se contenter de participer. C’est louable. Mais lorsqu’on vise la victoire sur la 35e Coupe de l’America, vaut-il mieux participer à la 34e avec un petit budget pour apprendre ? Ou bien renoncer pour tenter de réunir au plus vite le budget pour l’édition suivante ?

 

De mon point de vue, il vaut mieux participer. Je prendrais comme exemple la suprématie actuelle en Formule 1 de l’écurie Red Bull. Serait-elle aujourd’hui championne du monde en titre si, auparavant, elle n’avait pas joué les seconds rôles en fond de grille il y a quelques saisons ? Aurait-elle pu être championne du monde dès sa première saison, en débarquant sur un circuit où des grosses écuries sont déjà bien rodées ? Je ne pense pas.

 

Et il me semble que c’est pareil pour la Coupe de l’America. Imaginer débarquer en 2016 ou 2017 avec un nouveau projet et prétendre gagner serait assez utopique, à moins de débourser 200 millions d’euros pour s’offrir la dream team avec tous les meilleurs architectes, constructeurs et marins de la planète – comme l’avait parfaitement réalisé Alinghi en 2003. Dans les autres cas, mieux vaut participer à la 34e à San Francisco, même avec un budget moindre. Il y a tant à apprendre d’une première expérience… Et aucune honte à jouer les seconds rôles !