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Monthly Archives: août 2011

Aotearoa

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© photo : D.R.

 

Tiens, un peu de tourisme pour une fois !

 

La Nouvelle-Zélande, vous connaissez ?

 

Oui, c’est sûr que ce n’est pas la destination la plus facile à rejoindre, puisque c’est l’exact antipode de chez nous (au moins 25 heures de vol et souvent deux escales). Mais ce pays incroyable envoûte généralement tous ceux qui ont eu l’occasion de s’y rendre. D’abord par la beauté à couper le souffle des paysages, ainsi que leur variété (souvenez vous de la trilogie Le Seigneur Des Anneaux entièrement tournée là-bas). Ensuite par la gentillesse de sa population où le mot stress ne semble pas faire partie du dictionnaire.

 

Pourquoi je vous parle de la Nouvelle-Zélande ? Parce que les trois prochaines années, 2011, 2012 et 2013 pourraient bien être celles de ce petit pays d’à peine 4 400 000 habitants (soit l’équivalent de la population bretonne répartie sur la moitié de la France).

 

Les trois sports majeurs en Nouvelle-Zélande sont le rugby, la voile et le cricket. Oublions le cricket, je n’ai jamais compris les règles et les Kiwis ne sont pas les meilleurs à ce sport (jamais finaliste d’une Coupe du Monde). En revanche, les fameux All Blacks dominent le rugby mondial depuis toujours. Et cette année, avec la Coupe du Monde de Rugby qui démarre la semaine prochaine en Nouvelle-Zélande, je parie volontiers ma chemise qu’ils soulèveront la coupe Webb Ellis des Champions du Monde. Comme en 1987, lors de la première édition disputée chez eux.

 

Mais ce qui nous intéresse plus précisément (du moins pour ce blog) sont les deux années suivantes, 2012 et 2013.

 

D’abord, parce que les Néo-Zeds sont de retour sur la Volvo Ocean Race (ex-Whitbread). Et là, attention danger ! Doubles vainqueurs de la Whitbread en 1990 et 1994, avec Sir Peter Blake puis Grant Dalton, les Kiwis seront de redoutables adversaires pour Franck Cammas et son Groupama 4. Mais aussi pour les trois autres nouveaux bateaux spécialement construits pour la prochaine édition (Puma, Telefonica et Abu Dhabi), ce qui nous promet une belle bagarre autour du monde. Team New Zealand, aujourd’hui dirigée par Grant Dalton, est devenue l’équipe référence dans le monde de la voile. Quel que soit le bateau sur lequel ils régatent (Class America, TP52, Extreme 40, AC45), les Néo-Zeds finissent toujours premiers ou deuxièmes. Ça laisse rêveur…

 


Le VO70 Camper Team New Zealand signé Marcelino Botin. © photo Chris Cameron / Camper

 

En 2013 se disputera la Coupe de l’America à San Francisco. Et encore une fois, les Kiwis seront probablement les seuls capables de rivaliser avec le defender Oracle Racing pour s’emparer du vieux pichet d’argent (qui fêtait la semaine dernière ses 160 ans). Avec Artemis (défi suédois mené par des Américains), Team New Zealand est le seul challenger au travail depuis maintenant un an sur le design de leur futur AC72. Et comme l’a montré le premier America’s Cup World Series à Cascais mi-août, Dean Barker et sa bande n’apprécient rien d’autre que la victoire. La prochaine étape de ces régates préliminaires fait escale à Plymouth du 10 au 18 septembre. Regardez les régates en direct sur www.americascup.com, ça vaut le détour. Dès qu’il y a 15 nœuds de vent, cela devient vraiment très spectaculaire…

 

Coupe du Monde de Rugby, Volvo Ocean Race et Coupe de l’America… La Nouvelle-Zélande pourrait réaliser en trois ans un triplé qui remettrait du baume au cœur à cette population traumatisée par les terribles séismes du début d’année.

 


Avec sa garde-robe rouge, difficile de ne pas repérer Emirates Team New Zealand souvent en tête des régates d’AC45 à Cascais. © photo : Gilles Martin-Raget / America’s Cup.

 

 

 

 

* Aotearoa est le nom maori de la Nouvelle-Zélande et signifie Pays Au Long Nuage Blanc.
 

Attention pirates !

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En annonçant la semaine dernière la modification du parcours à cause des pirates de l’Océan Indien, les organisateurs de la prochaine Volvo Ocean Race soulèvent quelques questions.

 

Mais d’abord, les faits.

 

Les deuxième et troisième étapes entre Le Cap (Afrique du Sud) et Abu Dhabi puis Abu Dhabi – Sanya (Chine), sont modifiées à cause du risque de piraterie dans le nord de l’Océan Indien.

 

- Dans quel port s’arrêteront-ils alors ? En Inde ? On ne sait pas encore.

 

- Les VO70 seront embarqués dans un port dit “refuge“ sur des cargos et remis à l’eau dans le Golfe Persique pour terminer l’étape en course jusqu’à Abu Dhabi. Mais où seront-ils remis à l’eau ? Pas de réponse non plus.

 

- Comment seront pris en compte dans le calcul du classement les minis sprints dans le Golfe Persique pour la “vraie-fausse“ arrivée et le “vrai-faux“ départ d’Abu Dhabi ? Pas d’info.

 

- Et qu’en est-il du Détroit de Malacca (entre Sumatra et la Malaisie) sur la 3e étape ? Les risques de piraterie y sont également très élevés. Mais pas de modification du parcours pour l’instant.

 

Bref, beaucoup de questions sans réponses à un peu plus de deux mois du départ.

 

Si l’on ne peut qu’approuver la prudence qui impose d’éviter la partie nord-ouest de l’Océan Indien, on peut se demander pourquoi les organisateurs réagissent si tardivement à ce problème, qui ne date pas d’hier. Pourquoi maintenir le détroit de Malacca sur le parcours ?

 

Pour une course où tout est millimétré, parfaitement maîtrisé, qui compte pas moins de six règlements différents (plus de 600 pages en anglais), cette soudaine décision semble précipitée et les problèmes inhérents pas vraiment anticipés. Knut Frostad, le patron de la course, a beau dire qu’ils y réfléchissent depuis longtemps, la communication brumeuse de la semaine dernière prouve qu’ils n’ont pas encore toutes les solutions aux problèmes de ces modifications de parcours.

 

J’entends déjà les anciens qui ne manqueront pas de rappeler qu’en conservant le parcours historique de la Volvo Ocean Race (ex-Whitbread) qui passait par les mers du sud, le risque de piraterie n’existerait pas. C’est vrai. Mais les subsides des Emirats et de Chine (et d’Inde et de Singapour sur la dernière édition) ont visiblement plus de poids que l’histoire…
 

Fastnet, mi-ange mi-démon !

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On ne sait plus où donner de la tête en ce moment sur la planète voile !

 

Entre les premières courses spectaculaires des AC45 à Cascais, la Solitaire du Figaro toujours palpitante à suivre, le Test Event de Weymouth à un an des Jeux Olympiques et la Rolex Fastnet Race, l’actualité vélique a frisé l’overdose ces derniers jours – sans oublier le Semaine de Cowes qui marquait la 5e étape des Extreme Series.

 

Mais c’est peut-être vers le Fastnet qu’il y avait le plus de choses à retenir.

 

Mystérieux, légendaire, réputé, attrayant et craint à la fois, le rocher du Fastnet continue de fasciner les marins de toutes religions (monos ou multicoques). Ses tempêtes y sont terribles. Mais même par pétole, il y règne une atmosphère particulière, entre brumes et longue houle venue de l’Atlantique.

 

Cette année, c’était plutôt ambiance 30 noeuds au près et mer très forte. Résultat : cette 44e édition fut notamment marquée par le chavirage de Rambler 100 au passage du phare. Le super-maxi dessiné par Juan Kouyoumdjian et qui remporte toutes les courses depuis sa mise à l’eau a soudainement perdu sa quille ! Heureusement, l’ensemble de l’équipage (16 personnes) a été récupéré sain et sauf par les sauveteurs irlandais.

 


Image toujours troublante d’un monocoque chaviré sans sa quillle. © photo : D.R

 

 

Mais il y avait d’autres points à retenir de cette 44e édition de la Fastnet Race.

 

- D’abord, le nouveau record de participation : 350 bateaux au départ, contre 303 en 1979 (terrible année où la tempête emporta 19 marins).

 

 

- Un autre record, celui du chrono du parcours décroché par Banque Populaire V (plan VPLP) en 1 jours 8 heures 48 minutes et 46 secondes (18,5 nœuds de moyenne sur les 608 milles du parcours). Au passage, Loïck Peyron, le nouveau skipper du plus grand trimaran de course au monde (40 mètres) ravit le record de l’épreuve vieux de 12 ans à un certain Peyron Loïck, à bord du trimaran Orma Fujicolor (18 mètres)… Il est vraiment partout ce Peyron ! (lire post précédent)

 


Nouveau record pour Banque Populaire V et Loïck Peyron après le SNSM et le Tour des Iles Britanniques. © photo : Carlo Borlenghi / Rolex

 

 

- Cette 44e édition avait une saveur toute particulière aussi pour les équipiers de Franck Cammas. C’était en effet la première confrontation de Groupama 4 (encore un plan Kouyoumdjian) avec d’autres VO70. A l’arrivée, l’équipe française termine deuxième sur trois, à seulement quatre minutes d’Abu Dhabi (1 jours 18 heures 39 minutes), mené par l’Anglais Ian Walker. Team Sanya de Mike Sanderson (sur l’ex-Telefonica Blue) ferme la marche à près d’une heure du vainqueur.

 


Groupama 4 bord à bord avec Team Sanya dans le Solent, au départ de la Rolex Fastnet Race. © photo : Yvan Zedda / Groupama

 

 

- C’était également une autre grande première, pour les MOD 70 (plan VPLP). Steve Ravussin (Race For Water) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) disputaient leur toute première course sur leur trimaran monotype. De retour dans le Solent, Bilou et son équipage (1 jours 10 heures 6 minutes 55 secondes) l’emportent devant les Suisses avec seulement 3 minutes et 23 secondes d’avance ! Ç’a du bon la monotypie…

 


Les deux premiers MOD 70 au coude à coude. Le troisième, celui de Michel Desjoyeaux (Foncia) sera mis à l’eau à Lorient jeudi 18 août. © photo : Yvan Zedda / Sea&Co / www.zedda.com / MOD S.A.

 

 

- Encore une première course attendu, pour un 60 pieds Imoca cette fois-ci. Après l’Artemis Challenge, rapide tour de l’île de Wight avalé en 4 heures, Bernard Stamm avait pour la première fois l’occasion de tester son tout nouveau Cheminées Poujoulat (encore un plan Juan Kouyoumdjian, décidément !) face à trois autres monocoques 60 pieds signé Verdier / VPLP. Après 1 jours 23 heures 21 minutes et 27 secondes, c’est finalement l’équipage de Vincent Riou (PRB) qui l’emporte après une bagarre serrée avec Jean-Pierre Dick et Guillaume Lebrec (Virbac Paprec 3) qui terminent 4 minutes plus tard et Bernard Stamm à moins de deux minutes derrière. Marc Guillemot, sur Safran, complète la flotte Imoca avec plus de 45 minutes de retard sur le vainqueur.