On ne sait plus où donner de la tête en ce moment sur la planète voile !

 

Entre les premières courses spectaculaires des AC45 à Cascais, la Solitaire du Figaro toujours palpitante à suivre, le Test Event de Weymouth à un an des Jeux Olympiques et la Rolex Fastnet Race, l’actualité vélique a frisé l’overdose ces derniers jours – sans oublier le Semaine de Cowes qui marquait la 5e étape des Extreme Series.

 

Mais c’est peut-être vers le Fastnet qu’il y avait le plus de choses à retenir.

 

Mystérieux, légendaire, réputé, attrayant et craint à la fois, le rocher du Fastnet continue de fasciner les marins de toutes religions (monos ou multicoques). Ses tempêtes y sont terribles. Mais même par pétole, il y règne une atmosphère particulière, entre brumes et longue houle venue de l’Atlantique.

 

Cette année, c’était plutôt ambiance 30 noeuds au près et mer très forte. Résultat : cette 44e édition fut notamment marquée par le chavirage de Rambler 100 au passage du phare. Le super-maxi dessiné par Juan Kouyoumdjian et qui remporte toutes les courses depuis sa mise à l’eau a soudainement perdu sa quille ! Heureusement, l’ensemble de l’équipage (16 personnes) a été récupéré sain et sauf par les sauveteurs irlandais.

 


Image toujours troublante d’un monocoque chaviré sans sa quillle. © photo : D.R

 

 

Mais il y avait d’autres points à retenir de cette 44e édition de la Fastnet Race.

 

- D’abord, le nouveau record de participation : 350 bateaux au départ, contre 303 en 1979 (terrible année où la tempête emporta 19 marins).

 

 

- Un autre record, celui du chrono du parcours décroché par Banque Populaire V (plan VPLP) en 1 jours 8 heures 48 minutes et 46 secondes (18,5 nœuds de moyenne sur les 608 milles du parcours). Au passage, Loïck Peyron, le nouveau skipper du plus grand trimaran de course au monde (40 mètres) ravit le record de l’épreuve vieux de 12 ans à un certain Peyron Loïck, à bord du trimaran Orma Fujicolor (18 mètres)… Il est vraiment partout ce Peyron ! (lire post précédent)

 


Nouveau record pour Banque Populaire V et Loïck Peyron après le SNSM et le Tour des Iles Britanniques. © photo : Carlo Borlenghi / Rolex

 

 

- Cette 44e édition avait une saveur toute particulière aussi pour les équipiers de Franck Cammas. C’était en effet la première confrontation de Groupama 4 (encore un plan Kouyoumdjian) avec d’autres VO70. A l’arrivée, l’équipe française termine deuxième sur trois, à seulement quatre minutes d’Abu Dhabi (1 jours 18 heures 39 minutes), mené par l’Anglais Ian Walker. Team Sanya de Mike Sanderson (sur l’ex-Telefonica Blue) ferme la marche à près d’une heure du vainqueur.

 


Groupama 4 bord à bord avec Team Sanya dans le Solent, au départ de la Rolex Fastnet Race. © photo : Yvan Zedda / Groupama

 

 

- C’était également une autre grande première, pour les MOD 70 (plan VPLP). Steve Ravussin (Race For Water) et Roland Jourdain (Veolia Environnement) disputaient leur toute première course sur leur trimaran monotype. De retour dans le Solent, Bilou et son équipage (1 jours 10 heures 6 minutes 55 secondes) l’emportent devant les Suisses avec seulement 3 minutes et 23 secondes d’avance ! Ç’a du bon la monotypie…

 


Les deux premiers MOD 70 au coude à coude. Le troisième, celui de Michel Desjoyeaux (Foncia) sera mis à l’eau à Lorient jeudi 18 août. © photo : Yvan Zedda / Sea&Co / www.zedda.com / MOD S.A.

 

 

- Encore une première course attendu, pour un 60 pieds Imoca cette fois-ci. Après l’Artemis Challenge, rapide tour de l’île de Wight avalé en 4 heures, Bernard Stamm avait pour la première fois l’occasion de tester son tout nouveau Cheminées Poujoulat (encore un plan Juan Kouyoumdjian, décidément !) face à trois autres monocoques 60 pieds signé Verdier / VPLP. Après 1 jours 23 heures 21 minutes et 27 secondes, c’est finalement l’équipage de Vincent Riou (PRB) qui l’emporte après une bagarre serrée avec Jean-Pierre Dick et Guillaume Lebrec (Virbac Paprec 3) qui terminent 4 minutes plus tard et Bernard Stamm à moins de deux minutes derrière. Marc Guillemot, sur Safran, complète la flotte Imoca avec plus de 45 minutes de retard sur le vainqueur.