En annonçant la semaine dernière la modification du parcours à cause des pirates de l’Océan Indien, les organisateurs de la prochaine Volvo Ocean Race soulèvent quelques questions.

 

Mais d’abord, les faits.

 

Les deuxième et troisième étapes entre Le Cap (Afrique du Sud) et Abu Dhabi puis Abu Dhabi – Sanya (Chine), sont modifiées à cause du risque de piraterie dans le nord de l’Océan Indien.

 

- Dans quel port s’arrêteront-ils alors ? En Inde ? On ne sait pas encore.

 

- Les VO70 seront embarqués dans un port dit “refuge“ sur des cargos et remis à l’eau dans le Golfe Persique pour terminer l’étape en course jusqu’à Abu Dhabi. Mais où seront-ils remis à l’eau ? Pas de réponse non plus.

 

- Comment seront pris en compte dans le calcul du classement les minis sprints dans le Golfe Persique pour la “vraie-fausse“ arrivée et le “vrai-faux“ départ d’Abu Dhabi ? Pas d’info.

 

- Et qu’en est-il du Détroit de Malacca (entre Sumatra et la Malaisie) sur la 3e étape ? Les risques de piraterie y sont également très élevés. Mais pas de modification du parcours pour l’instant.

 

Bref, beaucoup de questions sans réponses à un peu plus de deux mois du départ.

 

Si l’on ne peut qu’approuver la prudence qui impose d’éviter la partie nord-ouest de l’Océan Indien, on peut se demander pourquoi les organisateurs réagissent si tardivement à ce problème, qui ne date pas d’hier. Pourquoi maintenir le détroit de Malacca sur le parcours ?

 

Pour une course où tout est millimétré, parfaitement maîtrisé, qui compte pas moins de six règlements différents (plus de 600 pages en anglais), cette soudaine décision semble précipitée et les problèmes inhérents pas vraiment anticipés. Knut Frostad, le patron de la course, a beau dire qu’ils y réfléchissent depuis longtemps, la communication brumeuse de la semaine dernière prouve qu’ils n’ont pas encore toutes les solutions aux problèmes de ces modifications de parcours.

 

J’entends déjà les anciens qui ne manqueront pas de rappeler qu’en conservant le parcours historique de la Volvo Ocean Race (ex-Whitbread) qui passait par les mers du sud, le risque de piraterie n’existerait pas. C’est vrai. Mais les subsides des Emirats et de Chine (et d’Inde et de Singapour sur la dernière édition) ont visiblement plus de poids que l’histoire…