Si vous suivez la Volvo Ocean Race (passionnante malgré le plateau famélique), vous êtes peut-être dubitatif du classement et de la position de Groupama 4, tout seul ce mardi le long du Maroc à 3 nœuds de vitesse quand les autres filent à 12 nœuds plein ouest vers Madère.

 

Groupama 4 est le minuscule bateau orange au ras des côtes marocaines. Telefonica (bleu) et Puma (rouge) mènent la flotte, suivi à 20 milles par Camper TNZ (blanc). Je sais, c’est petit, mais je voulais montrer à la fois Gibraltar et les Canaries… © photo : Volvo Ocean Race

 

Eh bien moi, je suis ravi que nos petits frenchies ne fassent rien comme les autres. Preuve d’une certaine indépendance d’esprit d’une part. Et d’une belle confiance en soi d’autre part.

 

Et je parierais même volontiers qu’il seront en tête à la sortie des Canaries, ou peut-être même avant. Pourquoi ? Parce que je suis joueur… Mais aussi parce que ma faible expérience personnelle m’en a donné une amère leçon dans ces mêmes parages il y a tout juste dix ans.

 

En septembre 2001, à la veille de l’arrivée à Lanzarote (aux Canaries) de la première étape de la Transat 6.50, j’étais en tête des Minis de série depuis sept jours (elle en a duré 12 !), devant Olivier Desport (futur vainqueur de la course) et Michel Mirabel. Météo France étant en grève à ce moment-là, nous n’avions aucune idée de la situation météorologique. Grand ciel bleu, mer plate et un vent oscillant entre 0 et 5 nœuds…

Derrière moi, peu avant le coucher du soleil, je vois Desport qui part au large (vers l’ouest) et Mirabel qui file plein sud vers le Maroc. Que faire ? Impossible de les marquer tous les deux. Et comme on ne sait pas d’où le vent va revenir, j’opte de mon côté pour la route directe. Tout droit.

Le lendemain matin, Mirabel était en tête avec 15 milles d’avance sur moi, et de mon côté, j’en avais aussi une quinzaine sur Desport.

A l’arrivée, Mich’ Mir’ était trop content de nous raconter que pour sa troisième Mini Transat, il savait que lorsqu’il n’y a pas de vent synoptique dans la région, il faut aller chercher le thermique qui souffle jusqu’à 40 milles des côtes marocaines grâce au puissant Sahara !

 

Dix ans plus tard, j’aimerais bien cette fois-ci que son analyse se vérifie pour l’équipage de Groupama 4.