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Monthly Archives: avril 2012

Le crunch

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C’est ainsi que sont surnommés les matchs de rugby opposant la France et l’Angleterre.

 

Philippe Gouard, le DTN de la FFVoile, n’a jamais caché ses ambitions pour les Jeux de Londres. Rapporter six médailles et prendre la première place des nations aux Anglais qui dominent la voile olympique depuis quelques années.

 

Vu les résultats de la SOF, qui rappelons-le est désormais une étape de la Coupe du Monde ISAF, tous les espoirs sont permis.

 

Les Français ont décroché sept médailles, contre quatre pour nos meilleurs ennemis.

 

Sur leurs sept médailles, nos tricolores en ont rapporté trois en or grâce à Julien Bontemps (RS:X), Manu Dyen et Stéphane Christidis (49er) et l’incontournable Damien Seguin (2.4mR), contre deux pour les Anglais avec Iain Percy et Andrew Simpson (Star) et le trio John Robertson/Hannah Stodel/Steve Thomas (Sonar).

 

Certes, les Britanniques, ultra dominateurs en Finn avec Ben Ainslie, Giles Scott et Ed Wright, n’avaient pas fait le déplacement à Hyères. Mais on sait aussi que nos Quatre-Septistes Hommes Pierre Leboucher et Vincent Garos, sont aussi capables de mettre tout le monde d’accord sur une compétition. Que les filles du match-racing tricolore Claire Leroy, Marie Riou et Elodie Bertrand ont longtemps occupé la place de numéro 1 mondial. Et que Jonathan Lobert en Finn a déjà rivalisé avec Big Ben.

 

Il est aussi intéressant de noter que derrière les deux médailles d’or anglaises sur la SOF se trouvent immédiatement deux équipages français en argent – Xavier Rohart/Pierre-Alexis Ponsot (Star) et Bruno Jourdren/Nicolas Vimont Vicary/Eric Flageul (Sonar) –  qui rêvent forcément d’inverser les places à Weymouth en août prochain.

 

Bref, le crunch ne sera pas facile à remporter cette année aux JO de Londres, mais nos sélectionnés ont de vrais atouts à faire valoir.

 

ps : ne manquez pas sur notre site les deux excellentes vidéos réalisées par François Déliac et Manon Borsi qui sont allés à la rencontre des sélectionnés français pour les JO. A voir ici (pour le RS:X Homme, Match Race, Finn et Laser) et là (pour le 49er, le RS:X Femme, le Star et le 470 Homme)

 

 

Chassé-croisé

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C’est un peu l’histoire des deux trains qui partent de Paris et Brest à des heures décalées et avec des vitesses différentes. Quand et à quel kilométrage vont-ils se croiser ? Un problème qui a donné des sueurs froides à des générations d’écoliers !

 

Le revoici dans une version “marinisée“…

 

D’un côté, 16 Figaros Bénéteau partis samedi de Concarneau pour 3890 milles jusqu’à Saint-Barth, avec un crochet à faire par les Canaries.

De l’autre, cinq VOR 70 qui ont quitté Itajai au Brésil dimanche en direction de Miami, distant de 4800 milles. Les deux parcours se croisent au large des Antilles.

 

Sachant qu’en 2010, Armel Le Cléac’h et Fabien Delahaye (Brit Air) avait remporté l’AG2R à la moyenne théorique de 7,10 nœuds, et que Telefonica s’est imposé sur la première étape de la Volvo Ocean Race à 12,2 nœuds de moyenne sur l’Atlantique, qui de la flotte des Figaro ou du quintet de la Volvo croisera devant l’autre ? Y aura-t-il route de collision ? A vos calculettes…

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ps: ceux qui n’ont pas de calculette n’auront pas de mal à deviner la bonne réponse en cherchant tout simplement sur Internet les ETA de chaque flotte. Autour du 6 mai à Miami pour les VOR70 et du 12 mai à Saint-Barth pour les Figaristes… CQFD !

 

La der de Team New Zealand ?

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La 34e Coupe de l’America à San Francisco en 2013 pourrait marquer la dernière participation de Team New Zealand. En cas de défaite, l’équipe de Grant Dalton ne reviendrait certainement pas disputer la 35e édition, surtout si Oracle Racing conserve l’aiguière d’argent.

 

 

Les raisons sont d’abord financières. Difficile pour ce petit pays de moins de 5 millions d’habitants de réunir les fonds pour participer avec les moyens de gagner. Ce qui représente un budget de 70 à 100 millions d’euros !

 

D’après Dean Barker, le skipper de TNZ, la 34e édition en AC72 à San Francisco coûtera bien plus cher que la 32e en Class America à Valence. Il estime que les heures de construction sont multipliées par cinq, passant de 25 000 heures de travail pour un Class America à 125 000 heures pour un AC72 ! Autre exemple des prix pharaoniques : une seule dérive coûterait 200 000 euros. Comme ils ont le droit d’en construire dix, soit cinq paires, cela fait un budget “dérives” de 2 000 000 d’euros…

 

En cas de victoire, les Kiwis reviendraient au monocoque, dans l’esprit des AC90 imaginés un moment par Alinghi pour la 33e édition. Sinon, la Coupe de l’America risque de se passer des All Blacks de la voile pour la première fois depuis leur apparition en 1986…

 

Quelle pénalité pour Telefonica ?

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C’est ce jeudi que doit se réunir à Itajai le jury de la Volvo Ocean Race pour statuer sur l’infraction commise par Telefonica lors de la 4e étape entre Sanya et Auckland. En l’occurrence, avoir embarqué une trinquette en plus des huit voiles autorisées à bord.

 

Une faute lourde, aux conséquences bien plus importantes que d’embarquer une bouteille d’eau ou une gamelle de trop ! (référence à l’affaire Lunven l’an dernier qui lui a coûté la victoire finale sur la Transat Bénodet-Martinique)

 

De combien de points vont être pénalisés les Espagnols. 5 points, soit l’équivalent d’une place ? 10 points ? Ou seront-ils carrément disqualifiés de cette étape ? Ce qui les priverait des 20 points inscrits à Auckland pour leur 3e place. Soit l’écart au général entre Telefonica et Groupama 4 !

 

D’après un membre éminent de Team New Zealand rencontré à Naples, les Espagnols n’écoperont d’aucune pénalité. Ou alors de 1 ou 2 points, ce qui serait dérisoire eu égard à l’infraction commise. Pourquoi ? Pour des raisons politiques ! D’après lui, la Volvo Ocean Race, installée en Espagne, souhaiterait ardemment la victoire finale de Telefonica. On verra si la sanction lui donne raison… ou pas !

 

Personnellement, ça m’embêterait qu’il ait raison…

 

 

 

Petit budget, énorme chance !

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En onze participations étalées sur près de 40 ans, la France n’a jamais brillé sur la Coupe de l’America.

 

Une finale des challengers en 1980 avec Bruno Troublé, deux demi-finales de la Louis Vuitton Cup en 1986 et 1992 avec Marc Pajot, voilà nos meilleurs résultats. Le reste n’est pas très glorieux…

 

A l’exception de 1992 et 1995, la France n’a jamais vraiment eu les moyens financiers de jouer dans la cour des grands. Aujourd’hui encore, le dernier défi français en lice, celui d’Energy Team des frères Peyron, n’a toujours pas bouclé son budget.

 

Pourtant, la France n’a jamais eu en 40 ans une aussi belle occasion de remporter la Louis Vuitton Cup et de disputer la vraie Coupe de l’America, c’est-à-dire le match face au Defender.

 

D’abord parce qu’il n’y a pour l’instant que trois challengers officiels, contre une bonne dizaine sur les sept dernières éditions. Ensuite et surtout, parce que l’accord architectural passé avec le Defender Oracle donne l’opportunité aux Français de disposer du probable meilleur bateau de tous les challengers. Ce qui n’a jamais été vraiment le cas par le passé…

 

Cet accord, dévoilé au début du mois, va permettre à Energy Team de bénéficier gratuitement de toutes les données architecturales du Defender afin de construire le même (ou presque) AC72 que les Américains. Une grande première dans l’histoire de la Coupe de l’America.

 

Du coup, le budget initialement recherché de 50 millions d’euros sur trois ans a été ramené à seulement 15 millions d’euros sur deux ans, soit moins de 8 millions par an. Pour rappel, Groupama dépense plus de 17 millions d’euros par an sur trois ans pour la Volvo Ocean Race. Soit le double !

 

Un budget donc largement abordable pour nombre de grandes entreprises françaises qui pourraient décrocher le jackpot. Un faible investissement pour des retombées énormes. Car la prochaine Coupe de l’America aura un grand retentissement médiatique dans le monde entier par sa nouveauté, les images spectaculaires des catamarans à aile et la qualité de la production télévisuelle. Les America’s Cup World Series en sont un bon avant-goût.

 

Mais quel intérêt pour les Américains ?

 

D’abord, s’assurer qu’un quatrième challenger s’inscrive. Parce qu’à trois, il n’y a même pas de quoi faire des demi-finales ! Ce serait un échec de la nouvelle formule.

 

Ensuite, il ne faut pas oublier la célèbre phrase de Dennis Conner : « La Coupe de l’America, il faut la gagner, puis changer les règles pour la conserver ! » Larry Ellison l’a gagnée et a changé les règles… Pour l’aspect spectaculaire bien sûr, mais aussi parce que les Américains avaient une grande avance sur la recherche en matière d’aile rigide. L’objectif final reste quand même de la conserver.

 

Et en offrant les plans de leur premier AC72 aux Français, ils introduisent un espion parmi les challengers. Car l’AC72 d’Energy Team, sistership du premier d’Oracle, permettra au defender de comparer les performances des Français par rapport à Team New Zealand, Luna Rossa et Artemis lors de la Louis Vuitton Cup. Une mine d’informations en vue de leur duel final !

 

Et si les Français venaient à remporter la Louis Vuitton Cup, les Américains auraient comme adversaire un catamaran qu’ils connaissent par cœur puisqu’ils l’ont dessiné ! Et on peut penser que leur deuxième AC72, qui en sera une évolution, sera plus performant. Leur chance de conserver la Coupe augmente de facto. CQFD !

 

Heureusement, ce sont aussi les hommes qui peuvent faire la différence. L’espoir de remporter la Coupe de l’America et de descendre les Champs Elysées avec le plus vieux trophée sportif au monde n’a donc jamais été aussi immense en France. Reste à boucler le budget dans les deux mois pour continuer de rêver…

 

 

 

Un démâtage à 15 points !

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Chapeau les frenchies ! Franck Cammas et ses hommes ont réussi à monter sur la 3e marche du podium en terminant cette redoutable 5e étape avec… un gréement de fortune. Ce n’est pas commun !

 

Malheureusement, sur le plan comptable, ce démâtage coûte cher à Groupama 4, en tête au moment de l’avarie. Si les Français avaient remporté cette 5e étape –  du coup Telefonica aurait terminé 3e – ils auraient repris 10 des 15 points de retard qu’ils avaient sur les Espagnols. Cela aurait mis une sacrée pression sur l’équipage d’Iker Martinez pour la fin de l’épreuve.

 

Au lieu de ça, ils perdent 5 points sur Telefonica qui en a inscrit 25 sur cette étape pour seulement 20 aux Français. Au classement général provisoire, Groupama 4, toujours 2e, compte donc 20 points de retard (147 à 127)… et non 5 s’ils n’avaient pas démâté ! Dommage !

 

Mais avec encore quatre étapes et cinq régates In-Port à disputer, il reste un maximum de150 points à récolter. Rien n’est donc joué. Espérons juste qu’à Galway (Irlande) début juillet, ces 15 points perdus sur casse mécanique ne coûtent pas la victoire finale aux Français qui viennent de réaliser deux étapes de très grande qualité.

 

Remporter la 4e étape à Auckland avec l’art et la manière, puis mener la flotte une grande partie de la 5e étape (notamment au passage du Cap Horn), prouve en tout cas que les Français vont faire peur aux Espagnols jusqu’au bout… Suspense garanti !

 

 

Tous derrière les frères Peyron !

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Ironie de l’histoire, c’est le jour où Loïck Peyron est à l’honneur au Musée de la Marine pour recevoir le magnifique Trophée Jules Verne (une longue coque épurée qui ne flotte pas sur l’eau, mais dans l’air, maintenue en apesanteur par un champ magnétique) que Aleph, l’autre prétendant français, annonce « officiellement » avoir renoncé à la prochaine Coupe de l’America.

 

Les lecteurs de ce blog ne sont pas surpris. Il y a exactement un mois, le 3 mars dernier, Marcus Hutchinson, responsable de la communication d’Aleph, m’avait déjà révélé cette information. Mais trop tôt, au grand dam de son directeur général. Apparemment, Philippe Ligot aurait préféré conserver la primeur de cette triste annonce vu le tollé que ce post trop bien informé a suscité le mois dernier. Mais passons…

 

Si personne ne se réjouit de ce retrait, tout comme celui d’All4One, il est temps d’appeler maintenant à la mobilisation générale pour soutenir le dernier défi tricolore encore en lice, Energy Team, afin que la France soit présente l’année prochaine à San Francisco pour la 34e Coupe de l’America.

 

Ce serait quand même un comble, après quarante ans de participations sans interruption aux éliminatoires des challengers, que la France, pays du multicoque, ne dispute pas la prochaine édition !

 

Heureusement, toutes les nouvelles ne sont pas mauvaises en provenance de la Coupe de l’America. Bruno et Loïck Peyron doivent annoncer dans les prochains jours (normalement le 7 avril) une grande nouvelle concernant leur future participation. Un holp-up, comme l’a qualifié Bruno Peyron, qui pourrait faire des Français l’un des tout meilleurs challengers de la prochaine Louis Vuitton Cup !

 

Reste à boucler le budget. Un financement bien moins impressionnant qu’on ne peut l’imaginer. Disputer la Coupe de l’America devrait revenir nettement moins cher que de participer à la Volvo Ocean Race ! (Encore quelques jours de patience pour en connaître les détails)

 

La Coupe de l’America vit une véritable révolution. Par son passage aux multicoques avec des ailes d’abord. Mais aussi au niveau des moyens de production audiovisuelle qui rendent les régates incroyablement plus spectaculaires et compréhensibles du grand public.

 

En France, Canal+ l’a bien compris. Après le succès de la dernière régate en flotte de San Diego diffusée en direct sur Canal+ Sport, cette fois-ci toutes les régates de l’America’s Cup World Series de Naples seront retransmises en direct. Deux heures d’antenne tous les jours du mercredi 11 à dimanche 15 avril, entre 14h et 16h sur Canal+ Sport ! Du jamais vu en France pour des régates préparatoires.

 

Pour les futurs sponsors, les retombées de la 34e édition s’annoncent exponentielles par rapport à l’investissement. Il serait donc temps que les grandes entreprises françaises réalisent l’extraordinaire opportunité que représente une telle aventure.

 

Tous derrière les frères Peyron…

 

Bruno Peyron (à gauche), triple détenteur du Trophée Jules Verne, assiste en ce mardi 3 avril à la remise de ce magnifique Trophée à son frère cadet Loïck (au centre) et à tout l’équipage de Banque Populaire V au Musée de la Marine à Paris. © photo : Benoît Stichelbaut / BPCE