Avec l’arrivée de la 6e étape de la Volvo Ocean Race à Miami, le classement général s’est resserré avec encore quatre prétendants (sur six) à la victoire finale. Telefonica n’a plus que 11 points d’avance sur Groupama 4, 15 points sur Team New Zealand et 17 points sur Puma. Jamais dans l’histoire de la Volvo Ocean Race, l’écart n’a été aussi serré à trois étapes de la fin. Ericsson 4 (2008-09), ABN Amro 1 (2005-06) et Illbrück Challenge (2001-02) ont tous les trois écrasé la concurrence lors des trois précédentes éditions.

 

Une situation qui rajoute encore un peu de piment à cette épreuve passionnante à suivre, malgré le nombre restreint de participants.

 

Mais qui va remporter cette onzième édition du tour du monde en équipage ?

 

Telefonica ?

L’actuel leader compte encore une petite marge d’avance sur les Français. Mais les Espagnols sont en perte de vitesse. Vainqueurs des trois premières étapes, les hommes d’Iker Martinez ont enchaîné par une 3e place à Auckland, une 2e à Itajai et une 4e à Miami, sans oublier la grossière erreur de bouée qui leur coûte la victoire sur l’In-Port d’Itajai. Le doute s’installe-t-il ? Sur la sixième étape, une mauvaise option à l’est des Caraïbes a ouvert la porte à Groupama qui en a profité pour les doubler. Et même dans la pétole, à la toute fin de l’étape, l’équipage de Telefonica n’a pas réussi à repasser devant les Français alors qu’ils étaient revenus bord à bord. Dur à encaisser…

 

Groupama ?

A l’inverse de Telefonica, Groupama a sauvé sa 6e étape en revenant de très loin. Les Français, bons derniers à cause d’une mauvaise option dès le départ, ont réussi à revenir sur la flotte et doubler Abu Dhabi puis Telefonica pour finir 3e et grappiller 5 points au classement général sur le leader. Chapeau ! Psychologiquement, être capable de revenir de loin, de rattraper une erreur et de résister aux Espagnols sur la fin doit faire le plus grand bien aux hommes de Franck Cammas. Encore faut-il réussir à évacuer cette mauvaise entame d’étape qui aurait pu coûter cher. Les Français, bien qu’en nette progression (victoire d’étape à Auckland, nette domination jusqu’au démâtage et victoire de régate In-Port à Itajai) restent encore irréguliers. Ils doivent reprendre confiance dans leur bateau et leurs réglages pour profiter de l’ascendant psychologique qu’ils ont sur les Espagnols.

 

Camper Team New Zealand ?

Les Kiwis n’ont pas le meilleur bateau de la flotte, tout le monde le dit. Mais cet équipage ultra expérimenté arrive néanmoins à tirer son épingle du jeu. Mieux, il a rivalisé avec Puma pendant toute cette sixième étape pour finir deuxième à Miami. De quoi regonfler leur moral et leur redonner des espoirs de victoire finale. Des espoirs qui s’étaient estompés lors des étapes précédentes marquées par une décevante 4e place à domicile à Auckland et une étape suivante compliquée avec avarie et escale à Puerto Montt (Chili) pour réparer. Ils ne sont pas les favoris des quatre prétendants à la victoire mais conservent néanmoins toutes leurs chances.

 

Puma ?

Vainqueur des deux dernières étapes, les Américains, bien que toujours quatrièmes, restent très dangereux. Victime d’un démâtage sur la première étape, les équipiers de Ken Read ont mangé leur pain noir et font leur retour aux avant-postes. Ils ont pris un ascendant psychologique indéniable sur les deux dernières étapes. Bien que la sixième étape n’ait pas été la plus dure physiquement, cette épreuve qui a commencé il y a six mois et demi laisse des traces dans les organismes. Les trois dernières étapes se joueront donc aussi sur la force mentale des équipages à se faire violence, à se surpasser. Par leur expérience de l’édition précédente et leur incroyable retour au classement général malgré l’abandon de la première étape, les Américains bénéficient peut-être de ce petit “plus“ psychologique qui peut faire la différence. Mais pour l’emporter, ils doivent réaliser un sans faute sur les trois dernières étapes afin de remonter leur retard de 17 points sur Telefonica, 6 points sur Groupama 4 et 2 points sur Camper TNZ. Pas facile avec une telle concurrence…