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Monthly Archives: juin 2012

La Coupe s’agite !

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Alors que débute demain la sixième épreuve des America’s Cup World Series à Newport, la Coupe de l’America est en effervescence en ce moment.

 

Pour preuve, ci-dessous cette photo à la hune (parue en scoop ici) que nous publiions lundi où l’on voit l’un des AC45 d’Oracle Team USA en plein vol grâce à ses foils en L.

 

© photo : Guilain Grenier (Oracle Team USA)

 

On y voit également que l’aile présente une protubérance dans sa partie basse qui ne correspond pas aux ailes monotypes utilisées sur le circuit des AC45. Pour info, Oracle possède quatre AC45. Deux régatent sur le circuit des ACWS avec James Spithill et Russell Coutts (de retour à la barre à la place de Darren Bundock). Les deux autres, basés à San Francisco, servent de laboratoire pour tester différentes ailes et différentes formules de foils.

 

Le 1er juillet les équipes pourront mettre à l’eau leur premier AC72. Nul doute que le defender américain sera le premier à sillonner la baie de San Francisco sur ces fabuleuses machines. En attendant de les voir naviguer, l’architecte naval François Chevalier (collaborateur de longue date de Voiles et Voiliers) a publié hier sur son blog (à voir ici avec les explications) les plans de la coque de l’AC72 de Team New Zealand, redessinée d’après des photos de l’arrivée des coques à Auckland ce week-end. Un AC72 qui a été en grande partie dessiné par une équipe d’architectes français réunis autour de l’architecte naval en vogue Guillaume Verdier.

 

© François Chevalier

 

Arrivée de l’une des coques du catamaran à aile AC72 de Team New Zealand sur Viaduct Basin, le port d’Auckland. © photo : TNZ

 

Team New Zealand compte tirer ses premiers bords fin juillet. Dans une interview au NZ Herald (à lire ici), Grant Dalton, le patron de l’équipe kiwi, dit s’entraîner tous les jours pour être suffisamment en forme. A 54 ans, Dalton ne voudrait surtout pas rater les premières navigations sur ces machines ultra puissantes.

 

Sans la casse de sa première aile à l’entraînement à Valence sur l’ex-60 pieds Orma Bonduelle rallongé à 72 pieds, Artemis aurait probablement été le premier à mettre à l’eau son AC72 dès le 1er ou 2 juillet. Mais cette casse a entraîné un certain retard pour le challenger suédois qui ne naviguera sur son AC72 à Valence que courant du mois de juillet. Les premières images de ces AC72 naviguant à San Francisco, Auckland ou Valence risquent d’être impressionnantes. Vivement les premiers vols !

 

 

 

L’aile vue d’oiseau

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Gilles Martin-Raget, photographe officiel de la 34e Coupe de l’America (et collaborateur de Voiles et Voiliers depuis plus de 30 ans), est l’un si ce n’est LE plus grand photographe de voile du moment.

 

On se souvient évidemment de son incroyable photo du trimaran Fujifilm de Loïck Peyron devant une vague d’Ouessant. Ou bien de ses photos toutes plus majestueuses les unes que les autres de l’aile d’Oracle lors de la 33e Coupe de l’America.

 

A Newport depuis l’arrivée des AC45 en cargo, il ne cesse de trouver des nouveaux angles pour nous surprendre, nous informer, nous ravir…

 

Voici une photo originale d’un AC45 prise depuis la grue qui permet de mâter et mettre à l’eau ces catamarans à aile. Une vue intéressante (bien que déformée par l’objectif fish eye) de l’aile d’Oracle Team USA qui donne un autre point de vue sur la forme du bord d’attaque, la ligne de cambrure et la forme de l’aile avec son fuselage d’avion.

 

 

© photo : Gilles Martin-Raget / America’s Cup.


Money Time

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Franck Cammas et les frères Peyron sont arrivés dans le Money Time*.

 

Pour Franck Cammas, en tête du classement général de la Volvo Ocean Race (au cas où vous ne le sauriez pas !), il lui manque 20 points pour être assuré de la victoire finale et réaliser l’un des plus grands exploits français de l’histoire de la voile.

 

Sachant qu’il ne reste que deux régates In-Port à Lorient et Galway et la dernière étape entre ces deux villes, l’équipage de Groupama 4 peut “se contenter“ de finir 4e de l’étape (soit 15 points) et 4e et 5e sur six concurrents des régates In-Port, ce qui leur rapporterait les 5 points manquants.

 

Pour rappel, l’équipage de Groupama 4 a terminé respectivement à la 3e, 4e, 2e, 1ère, 3e, 3e, 2e et 1ère place des huit premières étapes et a connu une superbe progression en régates In-Port avec des places de 5e, 5e, 2e, 5e, 3e, 1er, 2e et 1er.

 

Mais ce serait mal connaître Franck Cammas de penser qu’il va assurer tranquillement. Ce compétiteur né fera tout pour enfoncer le clou et remporter les trois dernières courses.

 

L’heure de récolter les fruits de deux ans de travail sur ce projet Volvo Ocean Race va bientôt sonner pour Franck Cammas et ses hommes.

 

Battre les Anglo-Saxons sur leur terrain favori, à savoir la course en équipage, est un plaisir que Bruno Peyron aimerait partager avec Franck Cammas.

 

Les frères Peyron sont aussi entrés dans le money time. Mais celui de la recherche de budget ! Il ne reste plus que 30 jours à Bruno et Loïck pour trouver les 10 millions d’euros manquant à leur budget de 15 millions afin d’assurer la participation d’une équipe française à la Louis Vuitton Cup 2013 à San Francisco. Le 1er août, il faudra verser les 200 000 $ d’inscription.

 

Grâce au talent de nos marins français (Loïck Peyron l’a prouvé en remportant l’étape vénitienne des America’s Cup World Series en mai), au savoir-faire des constructeurs hexagonaux et à l’accord architectural passé avec le defender Oracle Team USA qui assurera à nos tricolores de disposer d’un excellent AC72, on sait qu’Energy Team possède les atouts pour briller sur la Louis Vuitton Cup et pourquoi pas réaliser un exploit à la hauteur de celui qu’on souhaite ardemment à Franck Cammas.

 

Depuis quarante ans, la France a participé à toutes les épreuves éliminatoires des challengers qui précèdent la Coupe de l’America à proprement parlé. Soit onze participations consécutives ! A l’heure où la France brille en voile, des séries olympiques au Trophée Jules Verne en passant par la Volvo Ocean Race, il serait inimaginable qu’elle soit absente de la plus grande et la plus ancienne épreuve de voile au monde…

 

 

 

 

* Cette expression vient du basket américain et correspond aux dernières minutes de jeu, là où la victoire se joue lorsque le score est serré.

 

 

 

ENORME !

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Ce que Franck Cammas et ses équipiers sont en train de réaliser est tout simplement ÉNORME !

 

Claquer la régate In-Port de Lisbonne après avoir pris les commandes du classement général à l’arrivée de la 7e étape Miami-Lisbonne impose le respect. La confiance de l’équipage est totale ! Pourtant, au départ d’Alicante, les régates In-Port n’étaient pas la première qualité de Groupama 4 et de son équipage. Mais avec l’aide du coach Thierry Peponnet, Franck et ses équipiers ont travaillé dur pour gommer leurs défauts et remporter deux In-Port (Itajai et Lisbonne) en plus de la 4e étape Sanya-Auckland.

 

Si la victoire d’étape à Lisbonne a échappé aux Français pour seulement 5 minutes après 11 jours de course (au profit d’Abu Dabhi Ocean Racing), l’équipage de Groupama 4 s’est imposé avec la manière lors de la régate In-Port samedi. de bon augure avant le départ dimanche de la 8e étape entre Lisbonne et Lorient via Les Açores. © photo : Ian Roman / Volvo Ocean Race.

 

Avec désormais 8 points d’avance sur Telefonica, 13 sur Puma et 23 sur Camper TNZ, Groupama 4 devient le bateau à battre. Mais il ne reste que deux étapes et deux régates In-Port pour venir détrôner l’équipage français de plus en plus impressionnant. Autant dire que Groupama commence à prendre une petite option sur la victoire finale…

 

On rêve d’ailleurs d’une arrivée triomphale à Lorient le week-end prochain au terme d’une 8e étape qui se terminera dans le port d’attache du VO70 de Franck Cammas. La fête déjà énorme que prépare Lorient pour l’accueil de la Volvo Ocean Race pourrait prendre une dimension supplémentaire si les Français continuaient d’accroître leur avance.

 

La Volvo Ocean Race nous offre un final de plus en plus haletant…

 

Vague à l’âme

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Comme tout le milieu de la course au large, c’est avec beaucoup de tristesse que j’ai appris le décès de Jean Maurel, emporté dimanche soir à seulement 51 ans par une longue maladie.

 

J’ai eu la chance de travailler avec Jean sur les deux dernières Route du Rhum et la Transat AG2R 2006. En 2010, quelques jours avant son premier traitement, je lui avais proposé, pour lui changer les idées, de venir commenter avec moi sur Canal+ le duel Alinghi/Oracle de la 33e Coupe de l’America. Il n’avait pu commenter que le premier match, obligé de partir en soin avant le second.

 

Et malgré la maladie et l’angoisse du traitement si proche, il s’était révélé comme l’un des meilleurs consultants avec qui j’ai eu le plaisir de commenter des régates. Avec passion et enthousiasme, il avait su parfaitement raconter, partager, vulgariser le duel de ces incroyables machines. En plus du grand marin et excellent directeur de course qu’il fut, telle est l’image que je retiendrai de lui. Celle d’un passionné, d’un battant, qui ne se plaignait jamais de son sort et s’est battu jusqu’au bout sans baisser les bras.

 

Salut Jean…