Depuis mercredi matin, les photos et vidéos du chavirage de l’AC72 USA 17 d’Oracle tournent en boucle sur Internet.

 

Le premier chavirage d’un AC72 ! Ça se regarde pour essayer de comprendre, et apprendre.

 

© photo : Guilain Grenier / Oracle Team USA

 

USA 17 a chaviré par 25 nœuds de vent en plantant les étraves après une abattée (à voir ici sur le site de Ouest France). Rien de très surprenant jusque-là puisqu’on sait que l’abattée est l’un des moments critiques pour ces machines, qu’elles mesurent 45 ou 72 pieds. L’aile provoque un surcroît de puissance et une accélération violente.

 

Mais ce qui est plus étonnant est finalement la demie lenteur avec laquelle les étraves s’enfoncent avant de stopper net le catamaran. Il se passe près de 10 secondes entre le moment où les étraves plongent dans l’eau et le moment où le catamaran est planté jusqu’au mât, et donc irrécupérable. Dix secondes, c’est assez long. Et pendant ces dix secondes, l’équipage n’a semble-t-il pas pu (ou su) rattraper la situation.

 

Autre enseignement de cette deuxième vidéo (visible ici sur notre site), la difficulté à redresser une telle machine. Ce n’est pas un cata de plage ni même un AC45. Tandis que l’équipe tente de basculer le catamaran sur le côté, l’aile finit par céder et le cata se retourne complètement. Du coup, ils ont fini par le remorquer à l’envers jusqu’au Pier 80 de San Francisco où Oracle Team USA est basé.

 

Tel un sous-marin, USA 17 entre à l’envers dans le port de San Francisco. © photo : Guilain Grenier / Oracle Team USA

 

C’est un sacré coup dur – et un coup d’arrêt – pour l’équipe américaine qui n’avait navigué que huit jours sur sa nouvelle machine. Heureusement, cela tombe sur l’équipe la plus fortunée qui a les moyens humains et financiers de surmonter une telle avarie. Nul doute que Team New Zealand, Artemis et Luna Rossa, les trois challengers, vont étudier ce chavirage pour éviter de le vivre à leur tour.