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Monthly Archives: janvier 2013

Quel avenir pour le Vendée Globe ?

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A peine les deux premiers arrivés, la question de l’avenir du Vendée Globe se pose à nouveau, avec le retour du débat entre la monotypie et la prototypie. C’est Bruno Retailleau lui-même qui a relancé la question en salle de presse en venant discuter avec quelques journalistes spécialisés.

 

Le président de la SAEM Vendée nous a avoué avoir commandé un rapport sur le sujet à Alain Gautier, vainqueur de la 2e édition en 1993 et Monsieur Sécurité de la course depuis 2004. Bruno Retailleau lui a donné trois critères de travail.

- Le premier concerne l’esprit de la course : le passage éventuel à la monotypie est-il compatible avec l’esprit du Vendée Globe ?

- Le deuxième concerne la fiabilité des bateaux. La monotypie est-elle la meilleure solution pour rendre les 60 pieds toujours plus fiables ?

- Et le troisième point s’attache à l’accessibilité de la course. La dimension budgétaire d’une part avec le souhait que les entreprises de taille intermédiaire puisse toujours avoir accès à la course. Mais aussi conserver les concurrents qu’on appelle souvent les “aventuriers“ et qui écrivent eux aussi les grandes pages de l’histoire de cette course, à l’image cette année de Tanguy de Lamotte et d’Alessandro di Benedetto.

 

Bruno Retailleau se donne également tout le mois de février pour auditionner un certain nombre de protagonistes : les différents vainqueurs du Vendée Globe, l’ISAF, la FFVoile, l’Imoca et quelques skippers actuels. Il demandera également une contribution écrite aux sponsors et à une agence de communication de sonder aussi l’avis du public.

 

La décision sera prise rapidement puisque le président de la SAEM compte annoncer son choix la première quinzaine de mars.

 

Si le choix se portait sur la monotypie, cela ne s’appliquerait qu’à partir de 2020, pour la 9e édition du Vendée Globe. Une édition de transition qui accueillerait les deux catégories, prototypes et monotypes, avant le passage à la monotypie stricte en 2024.

 

 

La course la plus dure

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A force d’admirer le duel de tête entre François Gabart et Armel Le Cléac’h, on en oublierait presque qu’ils disputent le Vendée Globe. Mais en moins de 36 heures, la course la plus dure en solitaire vient de rappeler à quel point elle pouvait aussi être cruelle.

 

C’est d’abord Alessandro di Benedetto qui enchaîne les problèmes et pertes de voiles d’avant, avant de se casser une côte dans un empannage involontaire. Pour m’être “juste“ fêlée une côte en bateau, mais en équipage, je compatis terriblement et n’ose imaginer la douleur permanente que doit ressentir Alessandro à chaque manœuvre, chaque déplacement sur son bateau, voire peut-être à chaque respiration. Les dernières semaines de course vont lui paraître bien longues…

 

Ce matin, c’était au tour de Jean-Pierre Dick d’être frappé par l’adversité en perdant sa quille à 550 milles dans le nord-ouest des Canaries. Pauvre Jipé ! Au sud de l’Australie, il s’est fait décrocher par le duo de tête à cause d’un tout petit retard de 20 milles qui s’est transformé en quelques jours en 400 milles. Coup dur alors qu’il avait réalisé jusque-là une course impeccable. Encore pouvait-il rêver d’accrocher son premier podium après sa 6e place en 2005 et son abandon en 2008 au sud de l’Australie alors qu’il était en tête. Mais ce ne sera très probablement pas le cas. Décidément malchanceux !

 

Grâce à son expérience, son sens marin et sa rapidité d’intervention, Jean-Pierre a pu éviter à son monocoque de chavirer. Ballasts remplis, il navigue même à 8 nœuds… Mais vers où ? Il ne l’a pas encore précisé. Comme il n’a pas encore abandonné.

 

Peut-il terminer la course sans quille ? C’est techniquement possible. En 2005, Mike Golding avait perdu sa quille à une cinquantaine de milles de l’arrivée et avait été le premier à réussir à stabiliser son bateau à l’endroit. Il avait fini 3e. En 2009, Marc Guillemot avait perdu sa quille au nord des Açores à environ 1400 milles de l’arrivée. Les conditions météo favorables lui avaient permis de revenir aux Sables. Il avait fini 3e. Aujourd’hui, Jean-Pierre est encore à plus de 2100 milles de l’arrivée. Il pourrait établir un nouveau record de distance parcourue sans quille sur le Vendée Globe ! Mais prendra-t-il un tel risque ?

 

En 2009, Roland Jourdain avait perdu sa quille à environ 500 milles dans le sud-ouest des Açores qu’il avait réussi à rejoindre par ses propres moyens. L’idée de continuer jusqu’aux Sables l’avait effleuré un court instant. Très court ! Car comment oser prendre le risque de perdre son bateau entre les Açores et les Sables alors qu’on est passé à côté d’un port ? Comment expliquer à son assurance qu’on a privilégié la compétition à la sécurité du bateau et celle du marin ? Pour Bilou, la décision, aussi lourde soit-elle, s’était imposée d’elle-même…

 

2013, année de la Coupe !

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Eh oui, dans moins de sept mois auront lieu les premières régates de la Louis Vuitton Cup à bord des fameux AC72. Petits points sur les dernières nouvelles du monde de la Coupe :

 

- 3 Challengers ! On s’en doutait, mais pour l’instant il n’y a jamais eu de communication officielle d’ACEA, l’organisateur de la Coupe, pour annoncer le retrait de Team Korea, pourtant challenger officiel de la 34e édition. Le silence radio est total, en Corée comme à San Francisco. Pourtant, dans les derniers communiqués, l’organisateur ne parle plus que de trois challengers…

 

- Cadeau de Noël tardif pour Oracle Team USA qui vient de recevoir sa deuxième aile – la première ayant été détruite dans le chavirage du mois d’octobre. Construite en Nouvelle-Zélande, elle a traversé le Pacifique en diagonale, du sud-ouest au nord-est, d’Auckland (NZ) à Oakland (Californie) ! L’équipage ne devrait pas naviguer avant la fin du mois. Reste tout le travail de finition et de préparation de l’aile avant de pouvoir admirer de nouveau l’AC72 américain dans la baie de San Francisco.

 

- Autre cadeau de Noël en retard (ou très en avance par rapport à la concurrence !), le deuxième AC72 de Team New Zealand sera livré la semaine prochaine. Là aussi, il y a pas mal de travail avant de pouvoir naviguer. A commencer par remonter l’accastillage et l’hydraulique empruntés au premier catamaran de 22 mètres des Kiwis. Ainsi que la première aile (afin de tester d’abord la plateforme) en attendant l’arrivée de la deuxième en février. De toute façon, les hommes de Grant Dalton sont les seuls à avoir atteint le quota des 30 jours d’entraînement avant le 31 janvier. Ils ne peuvent donc pas naviguer avec leur nouveau jouet avant le 1er février.

 

- On reste en Nouvelle-Zélande avec Russel Coutts, sportif le mieux payé de son pays. Le P.D.G  d’Oracle Team USA, qui régate toujours – ce qui lui permet de conserver ce statut de sportif – a touché la modique somme de 13,4 millions de dollars néo-zélandais en 2012, soit 8,5 millions d’euros tout de même ! Il devance de très loin le joueur de foot kiwi du club anglais des Queens Park Ranger (5,2 M$) et trois joueurs de rugby, les fameux All Blacks Sonny Bill Williams (2,5 M$), Dan Carter (2,5 M$) et Richie McCaw (2 M$).

 

- Du côté d’Artemis, l’équipe s’entraîne toujours sur son AC72 et attend avec impatience qu’Oracle remette le sien à l’eau pour pouvoir s’entraîner à deux bateaux, à l’instar des Kiwis et des Italiens en Nouvelle-Zélande. En attendant, lorsque l’équipage désormais mené par Loïck Peyron ne navigue pas sur le 72 pieds, il s’entraîne en AC45, F18, Class A et même en Moth. La deuxième aile est presque terminée et pourra naviguer en février. Tandis que le second AC72 suédois sera livré en avril. L’équipe de Torbjorn Tornqvist et Paul Cayard n’a pas l’intention pour l’instant de s’entraîner avec ses deux grands catamarans à aile.

 

- Luna Rossa, seule équipe à ne construire qu’un seul AC72, espère atteindre le quota des 30 jours d’entraînement avant le 31 janvier – il lui en restait 13 début janvier. Max Sirelli, le patron de l’équipe italienne, semble satisfait de l’avancée de son équipe qui, d’après lui, aurait rattrapé son retard lié à son inscription tardive.

 

- Oracle Team USA reconnu coupable d’espionnage par le jury. L’équipe américaine devra verser une amende de 15 200 $ et sera privé de 5 jours d’entraînement.

 

- Pas d’America’s Cup World Series (ACWS) à New York comme prévu. Petit chamboulement dans le calendrier du circuit des AC45. A la demande des challengers, et voyant surtout que certains comme TNZ enverrait une équipe bis, ACEA a décidé d’annuler les deux étapes prévues sur la côte Est des Etats-Unis. Après l’annulation de Venise, il ne reste donc plus cette année que Naples du 16 au 23 avril pour apercevoir une dizaine d’AC45 régater en flotte.

 

Records de vitesse

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Les magazines et reportages de fond sur le sport sont très rares à la télévision. Canal+ diffuse en clair tous les samedis après-midi Intérieur Sport. Son dernier reportage, signé Stéphane Le Goff, était consacré à ses merveilleux fous volants au ras de l’eau : les chasseurs de record de vitesse. Alexandre Caizergues en kitesurf, le légendaire Antoine Albeau en planche à voile et le tenace Australien Paul Larsen avec son SailRocket II.

 

Ne cliquez pas sur la photo, mais sur le lien ci-dessous… © photo : Canal +

 

Un excellent reportage de 20 minutes que je vous invite à voir pour bien démarrer 2013…

 

A voir ici

 

Stamm le maudit

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Décidément, Bernard Stamm et le Vendée Globe, c’est une histoire compliquée. C’est déjà la quatrième (ou presque) participation de Bernard Stamm qui ne sera toujours pas classé sur le Vendée Globe. Reviendra-t-il une cinquième fois ?

 

En 2000, sans le sou et sur un bateau (plan Rolland) construit de ses mains mais préparé à la hâte sur la fin, il avait dû abandonner après 10 jours de course à cause de problèmes récurrents de pilote.

 

En 2004, le Suisse n’a pas pu prendre le départ. En juin de cette année-là, son 60 pieds monocoque a perdu sa quille sur la Transat Anglaise. Impossible d’en construire une autre à temps et de se requalifier avec. Il jette l’éponge avant même de partir.

 

En 2008, à cause de problèmes d’axes de safran sur son plan Farr (ex-Virbac Paprec), il tente de faire escale aux Kerguelen pour réparer. Mais à cause du vent très fort et de la difficulté de la manœuvre, son bateau s’échoue sur les rochers. Drossé à la côte, le 60 pieds est détruit. Les dégâts sont trop importants pour le réparer.

 

En 2012, c’est encore une histoire d’escale qui va lui coûter son Vendée Globe. En voulant mouiller dans l’archipel des îles Auckland (au sud de la Nouvelle-Zélande) pour réparer ses fixations d’hydrogénérateur, son tout nouveau plan Kouyoumdjian a dérapé. Pour ne pas revivre l’horreur de 2008, Bernard s’est résolu à accepter l’aide d’un navire scientifique russe et de s’y amarrer.

 

Mais toute aide extérieure est interdite sur le Vendée Globe. Article 3.2. Aucune assistance n’est autorisée. La décision du jury de disqualifier Bernard Stamm était malheureusement assez prévisible. Aussi déchirant soit-il pour le skipper.

 

Ce cas n’est d’ailleurs pas une première sur le Vendée Globe. En 1989, lors de la première édition, l’Américain Mike Plant, sur Duracell, avait tenté de mouiller à l’île Campbell, non loin de celle d’Auckland de Bernard. Son ancre avait chassé. Et comme les gens de l’île l’avait aidé pour sauver son bateau, Mike s’était auto-proclamé “disqualifié“ avant de repartir et de finir son Vendée Globe hors course.