Décidément, Bernard Stamm et le Vendée Globe, c’est une histoire compliquée. C’est déjà la quatrième (ou presque) participation de Bernard Stamm qui ne sera toujours pas classé sur le Vendée Globe. Reviendra-t-il une cinquième fois ?

 

En 2000, sans le sou et sur un bateau (plan Rolland) construit de ses mains mais préparé à la hâte sur la fin, il avait dû abandonner après 10 jours de course à cause de problèmes récurrents de pilote.

 

En 2004, le Suisse n’a pas pu prendre le départ. En juin de cette année-là, son 60 pieds monocoque a perdu sa quille sur la Transat Anglaise. Impossible d’en construire une autre à temps et de se requalifier avec. Il jette l’éponge avant même de partir.

 

En 2008, à cause de problèmes d’axes de safran sur son plan Farr (ex-Virbac Paprec), il tente de faire escale aux Kerguelen pour réparer. Mais à cause du vent très fort et de la difficulté de la manœuvre, son bateau s’échoue sur les rochers. Drossé à la côte, le 60 pieds est détruit. Les dégâts sont trop importants pour le réparer.

 

En 2012, c’est encore une histoire d’escale qui va lui coûter son Vendée Globe. En voulant mouiller dans l’archipel des îles Auckland (au sud de la Nouvelle-Zélande) pour réparer ses fixations d’hydrogénérateur, son tout nouveau plan Kouyoumdjian a dérapé. Pour ne pas revivre l’horreur de 2008, Bernard s’est résolu à accepter l’aide d’un navire scientifique russe et de s’y amarrer.

 

Mais toute aide extérieure est interdite sur le Vendée Globe. Article 3.2. Aucune assistance n’est autorisée. La décision du jury de disqualifier Bernard Stamm était malheureusement assez prévisible. Aussi déchirant soit-il pour le skipper.

 

Ce cas n’est d’ailleurs pas une première sur le Vendée Globe. En 1989, lors de la première édition, l’Américain Mike Plant, sur Duracell, avait tenté de mouiller à l’île Campbell, non loin de celle d’Auckland de Bernard. Son ancre avait chassé. Et comme les gens de l’île l’avait aidé pour sauver son bateau, Mike s’était auto-proclamé “disqualifié“ avant de repartir et de finir son Vendée Globe hors course.