A peine les deux premiers arrivés, la question de l’avenir du Vendée Globe se pose à nouveau, avec le retour du débat entre la monotypie et la prototypie. C’est Bruno Retailleau lui-même qui a relancé la question en salle de presse en venant discuter avec quelques journalistes spécialisés.
Le président de la SAEM Vendée nous a avoué avoir commandé un rapport sur le sujet à Alain Gautier, vainqueur de la 2e édition en 1993 et Monsieur Sécurité de la course depuis 2004. Bruno Retailleau lui a donné trois critères de travail.
- Le premier concerne l’esprit de la course : le passage éventuel à la monotypie est-il compatible avec l’esprit du Vendée Globe ?
- Le deuxième concerne la fiabilité des bateaux. La monotypie est-elle la meilleure solution pour rendre les 60 pieds toujours plus fiables ?
- Et le troisième point s’attache à l’accessibilité de la course. La dimension budgétaire d’une part avec le souhait que les entreprises de taille intermédiaire puisse toujours avoir accès à la course. Mais aussi conserver les concurrents qu’on appelle souvent les “aventuriers“ et qui écrivent eux aussi les grandes pages de l’histoire de cette course, à l’image cette année de Tanguy de Lamotte et d’Alessandro di Benedetto.
Bruno Retailleau se donne également tout le mois de février pour auditionner un certain nombre de protagonistes : les différents vainqueurs du Vendée Globe, l’ISAF, la FFVoile, l’Imoca et quelques skippers actuels. Il demandera également une contribution écrite aux sponsors et à une agence de communication de sonder aussi l’avis du public.
La décision sera prise rapidement puisque le président de la SAEM compte annoncer son choix la première quinzaine de mars.
Si le choix se portait sur la monotypie, cela ne s’appliquerait qu’à partir de 2020, pour la 9e édition du Vendée Globe. Une édition de transition qui accueillerait les deux catégories, prototypes et monotypes, avant le passage à la monotypie stricte en 2024.


sujet interessant. Il ne faut pas oublier que le “open design brief” de la Classe IMOCA a largement inspire celle des Whitbread60 surtout celle des Volvo70, qui a desormais adopte le one-design. Le chapitre d’evolution architecturale des monocoques de cette taille (50-70ft) pour la course oceanique sera cloture pour longtemps si le Vendee Globe adoptait un une classe one-design. La Volvo repondra avant le Vendee Globe sur la question de la fiabilite (un facteur important pour securiser des sponsorships commerciaux et perenniser la course elle-meme), et je pense que cette lecture pourra etre plus aisee apres la prochaine Volvo Ocean Race en Farr65.
Ne peut on pas “tout simplement” faire un rating proportionnel au budget : plus on dépense et plus on est taxé au rating. Cela exige “simplement” de produire des comptes de campagne (comme les politiques!). Certains vont alors crier à la complexité, au risque de triche, de fausse compta, etc. Et le dopage? qui en parle? La triche financière serait un moindre mal et limitée par nature.
Que faire de “simple” face à ces armadas techniques et financiers qui nous le savons intuitivement tuent le Vendée et les autres courses-aventures?
Selon moi, la Volvo n’a plus aucun intérêt spécifique (!!!) en tant que course A LA VOILE, en tout cas pas plus qu’un match de foot qui se passe au stade à 20km de chez moi ou un marathon. Est ce cela qu’il faut souhaiter pour le Vendée? Quelle misère…
Non, la monotypie est juste la réponse souhaitée par les sponsors et les organisateurs pour se simplifier la vie et gagner encore plus de fric, de notoriété, ou autre, et surtout un assurance pas chère et très efficace pour que tout se passe “comme sur des roulettes”. Mais alors quel intérêt de partir si loin et si longtemps. Je crois que ceux qui posent ces questions sont soit mal intentionnés, très cyniques donc, soit des imbéciles qui croient que la simplification et même le simplisme est une réponse idéale à tous les problèmes complexes. Comme dit l’autre : “si c’était si simple…”
Si l’organisateur pose réellement ces 3 questions en ces termes, elles sont tellement orientées qu’on peut se demander si le choix de préserver le fonctionnement actuel n’est pas déjà fait.
Je trouverai ça tellement dommage de passer à la monotypie.
Selon moi un bateau correspond à un skipper, jamais un monotype ne pourra convenir exactement à chaque skipper. Chacun a sa manière de naviguer.
Une monotypie juste pour la coque de coque alors (comme certaines séries) ? Je ne pense pas non plus que ce soit une solution, les sponsors qui auront de l’argent dépenseront les même fortunes pour des petits détails.
En plus de tout ça, un Vendée Globe c’est aussi une course à l’architecture. C’est sur cette course que sont développés les innovations que l’on retrouvera demain sur nos bateaux. La monotypie limiterai cette innovation technologique.
Pour finir, chaque sponsor a ses attentes, tous ne partent pas pour gagner la première place, mais comme le disent la plupart des skippers, “chaque arrivée est une victoire” tous ne font pas la même course. Chacun s’y retrouve en terme “investissement/retombé médiatique”. Un exemple très simple: Tanguy Delamotte a eu un important poids médiatique alors qu’il partait avec un petit budget sans prétention de gagner.