Alors que le calendrier – chargé ! – de la 34e Coupe de l’America vient d’être dévoilé, c’est l’occasion de rappeler un célèbre et incontournable triptyque – indissociable par définition – en matière de Coupe de l’America : du TEMPS, de l’ARGENT et des HOMMES.

 

Le TEMPS est un bien ultra précieux sur la Coupe de l’America. Car c’est avant tout un défi technologique. Et pour pouvoir dessiner un bon bateau, le tester, l’optimiser, l’améliorer, et que l’équipage le maîtrise sur le bout des doigts, il faut du temps. Vous pouvez avoir tout l’or du monde la veille de la régate, ça ne sert plus à rien si vous n’avez pas le temps de le dépenser !

 

L’ARGENT est le nerf de la guerre. Une maxime valable dans toute compétition, notamment en sport mécanique. L’argent permet d’embaucher les meilleurs designers, les meilleurs marins, d’utiliser les meilleurs matériaux, de réaliser différentes études ou tests. You don’t play if you don’t pay disent nos voisins anglo-saxons. L’argent, il en faut un minimum pour être compétitif. Mais on a vu par le passé que trop d’argent pouvait être nuisible. Car les recherches partent dans tous les sens et oublient de se concentrer sur l’essentiel.

 

Enfin les HOMMES ! Le temps et l’argent ne peuvent suffire si vous n’avez pas réunis le meilleur package architectes / marins. Car le bateau le plus rapide manœuvré par des pieds nickelés ne terminera pas la course. Inversement, les meilleurs régatiers du monde ne feront jamais d’une trapanelle un avion de chasse.

 

Une fois que c’est dit, comment analyser la prochaine Coupe de l’America à travers ce triptyque ?

 

Selon ces critères, Luna Rossa n’a que très peu de chance. Ils ont démarré tard, et n’ont pas une équipe réunissant le meilleur package architectes / marins. Ils n’auront qu’un seul AC72 (identique au premier des Kiwis), logiquement moins performant que le second AC72 de Team New Zealand.

 

Reste donc trois équipes qui répondent parfaitement au triptyque temps/argent/hommes. Oracle, Artemis et Team New Zealand ne manquent pas de moyens. Les Kiwis ont certainement le plus petit budget des trois, mais ils ont su compenser en démarrant plus tôt.

 

Mieux, quand Oracle Team USA recevait enfin sa deuxième aile pour reprendre les navigations après trois mois d’interruption, les Kiwis eux recevaient leur second catamaran. Et ils étaient les seuls à avoir réalisé le plein d’entraînement dans la limite des 30 jours avant le 31 janvier.

 

Bilan :

Pour l’ARGENT, on peut sans souci donner l’avantage à Oracle.

Pour le TEMPS, Team New Zealand a pour l’instant bien mieux géré son agenda que ses deux principaux adversaires.

Et pour ce qui est des HOMMES, les trois syndicats semblent à égalité avec du talent à revendre à tous les étages dans les trois équipes.

Artemis apparaît comme le plus équilibré des trois, sans avantage certain dans un domaine, mais sans faille non plus. Le temps pour Oracle à cause du chavirage et l’argent chez Team New Zealand qui doit plus cibler ses recherches.