D’habitude, à moins d’un mois du coup d’envoi de la Louis Vuitton Cup, c’est l’excitation générale autour de l’America’s Cup. Qui sont les favoris ? Quelles évolutions va-t-on découvrir sur les Class America ? Quelles sont les dernières histoires d’espionnage ou de secrets mal gardés ?

 

Cette année, difficile de s’enthousiasmer, notamment depuis la tragique disparition d’Andrew Simpson le 10 mai dernier lors du chavirage de l’AC72 d’Artemis. Pourtant, ces catamarans à aile de 22 mètres de long sont des machines hors du commun, capables de voler sur l’eau et d’accélérations phénoménales. Mais le nombre très limité de challengers et les malheurs d’Artemis ont largement terni l’image de cette 34e édition.

 

Depuis ce terrible accident, la Coupe a vécu au ralenti, au rythme des enquêtes et des rapports d’experts. Fin mai, Iain Murray, le Directeur de Course, a présenté 37 nouvelles recommandations pour améliorer la sécurité en course.

 

Parmi elles, on notera celle de réduire de sept à cinq le nombre de Round Robin de la Louis Vuitton Cup en juillet afin de permettre aux équipes d’avoir plus de jours de maintenance de leurs catamarans.

- Une autre abaisse de 10 nœuds la limite de vent maximum pour régater. Cette limite ne sera plus que de 20 nœuds en juillet, 21 nœuds en août et 23 nœuds en septembre pour l’America’s Cup Match.

- Pour limiter les risques d’accident, cameraman et invité ne sont plus autorisés à monter à bord en course.

- La procédure de départ pourrait également être modifiée pour réduire les phases critiques.

- Deux bateaux de sauvetages devraient accompagner chaque équipe avec à bord de chacun un plongeur et un nageur de sauvetage prêts à intervenir.

 

- Enfin, une dernière mesure est spécialement taillée pour Artemis. La suppression des amendes si une équipe ne participe pas à une régate. Ça tombe bien puisque l’équipe suédoise a annoncé qu’elle ne mettra à l’eau son second AC72 que début juillet (soit quelques jours avant le début de la Louis Vuitton Cup le 7 juillet) et ne pourra pas régater avant fin juillet, c’est-à-dire avant les demi-finales.

Bref, si la règle des amendes est maintenue, Artemis devrait régler 1 million de dollars d’amendes (10 x 100 000 $) pour son forfait aux dix régates des Round Robin. Pour lui éviter cela, Team New Zealand et Luna Rossa avaient proposé de repousser le début des régates au 19 juillet, de réduire à seulement trois le nombre de Round Robin et de supprimer les demi-finales. Une proposition à laquelle Artemis s’est opposé grâce à son veto en tant que Challenger of Record.

 

Du coup, le mois de juillet va se limiter à un duel entre Team New Zealand et Luna Rossa pour savoir lequel des deux rejoindra directement la finale, et lequel attendra Artemis en demi. Autre conséquence, il n’y aura plus que cinq matchs au lieu des quinze prévus entre les trois challengers.

 

Cinq matchs en un mois, cela risque de paraître un peu long…