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Monthly Archives: juillet 2013

Franck amasse !

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Incroyable Franck Cammas et son équipage de Groupama 34 ! Ils n’ont pas dominé le Tour de France à la Voile, ils l’ont survolé, écrasant la concurrence comme jamais dans la longue histoire du Tour.

 

Cammas ne pouvant se contenter d’une petite victoire, il n’a rien lâché, jusqu’au bout, même quand la victoire finale était acquise trois jours avant la fin de l’épreuve. Entre Dunkerque et Marseille, l’équipage de Groupama 34 a remporté six étapes de ralliement sur neuf et seize parcours techniques sur vingt-huit ! En plus du classement général, Groupama remporte le classement général « technique » et le classement général « au large ». Une première depuis l’instauration de ces trois classements distincts ! Les autres n’ont eu le droit qu’aux miettes…

 

L’équipage de Groupama 34 vainqueur du Tour de France à la Voile 2013. © photo : Yvan Zedda / Groupama.

 

Pourtant, la concurrence, bien que peu nombreuse cette année (seulement 12 inscrits), ne manquait pas de qualité avec Courrier-Dunquerke 3 (Daniel Souben), Bretagne-Crédit Mutuel (Nicolas Troussel) et Sodebo (Thomas Coville). Mais voilà, Franck Cammas est un boulimique de victoires qui, parmi ses nombreux talents, possède celui des grands patrons de savoir très bien s’entourer.

 

Ainsi, pour remporter la Volvo Ocean Race l’an passé, Cammas avait fait appel au meilleur architecte de l’épreuve, Juan Kouyoumdjian, et recruté un équipage mélangeant l’expérience de la Volvo et du Figaro. Pari réussi.

 

Cette année, son objectif de la saison était le Tour de France à la Voile. Et une nouvelle fois, il a su mettre toutes ses chances de son côté, et a soigné son recrutement pour y arriver. Son équipage était ainsi composé d’un fidèle et ancien tacticien des années Orma, Tanguy Cariou (ex-Alinghi) et d’une partie de l’équipage vainqueur l’an dernier sur TPM-COYCH, dont le skipper Fabien Henry. Sans oublier Yann Riou, talentueux media man du tour du monde en équipage, et le désormais indispensable tacticien-navigateur Erwan Israël, déjà équipier sur la Volvo Ocean Race, et vainqueur du Tour 2012 sur TPM.

 

Le reste de l’équipage ne manquait pas de talent avec Christophe André, Maxime Paul, Arnaud Jarlegan, Devan Le Bihan, Julien Villon, Sébastien Marsset, Louis Viat, Malo Bessec et Matthieu di Russo.

 

A force de gagner toutes les courses auxquelles il participe, Franck Cammas possède l’un des plus beaux palmarès de la voile française. La Solitaire du Figaro, la Route du Rhum, la Volvo Ocean Race, trois Transat Jacques Vabre, le Tour de France à la Voile, le Trophée Jules Verne et six titres de Champion du Monde Orma comptent parmi ses plus prestigieuses victoires. Ne lui manque plus que le Vendée Globe et la Coupe de l’America pour parfaire son tableau de chasse !

 

Mais comme le solitaire ne l’attire plus, c’est vers la Coupe de l’America que Franck souhaite se tourner désormais. Un défi à la hauteur de ses ambitions. Avec Oracle Racing en 2009 et Luna Rossa l’hiver dernier, il a pu goûter l’expérience de la Coupe de l’intérieur d’une équipe. Alors qu’on assiste à une Coupe de l’America 2013 aussi palpitante technologiquement que frustrante sportivement, on peut rêver d’une future équipe française pour la prochaine édition. Et pourquoi pas d’une union sacrée entre Franck Cammas et Loïck Peyron (actuellement chez Artemis), nos deux marins les plus expérimentés en multicoques, qui ont les mêmes rêves de Coupe de l’America, la même soif de victoires et le même plaisir de relever des défis technologiques…

 

 

Big Flou !

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Enfin ! Artemis Racing vient de naviguer sur son second AC72 baptisé Big Blue… avec près de trois semaines de retard sur le calendrier annoncé.

 

Mais personne ne jettera la pierre à l’équipe suédoise d’avoir mis plus de temps que prévu. Après leur terrible chavirage de mai, on peut comprendre qu’ils préfèrent prendre leur temps et ne pas brûler les étapes. D’ailleurs, lors de la mise à l’eau lundi, les différentes interviews de Paul Cayard, le patron de l’équipe, ou de Nathan Outteridge, l’un des deux barreurs avec Loïck Peyron, laissaient clairement entendre qu’Artemis planifie toujours son entrée dans la compétition le 6 août pour la demi-finale face à Luna Rossa.

 

 Dès sa première sortie, Big Blue a volé dans la baie de San Francisco. Cette image montre également que le maître bau de l’aile rigide est plus bas que celui de ses adversaires. Et sa corde semble plus prononcée… © photo : Sander van der Borch / Artemis Racing

 

C’est là où le communiqué de presse d’hier d’ACEA, l’organisateur de la Coupe, est assez troublant. Un communiqué qui laisse entendre qu’Artemis pourrait éventuellement entrer dans la danse plus vite que prévu. Alors ? 6 août ou bien dès samedi 27 ou mardi 30 juillet ? Pas très clair.

 

Pas plus que la question du surpoids d’Artemis !

 

Mardi, les trois challengers Team New Zealand, Luna Rossa et Artemis ont signé la Notice 2013/207 afin de permettre à Artemis de régater avec un bateau plus lourd que ne l’autorise la jauge des AC72 (règle 5.10 : poids en navigation compris entre 5700 kg et 5900 kg). Pour mémoire, dans la construction de son second AC72, Artemis avait pris en compte l’une des 37 recommandations du Directeur de Course Iain Murray désirant alourdir de 100 kg le poids du bateau pour soi-disant augmenter la sécurité des AC72. Recommandation devenue règle obligatoire le 28 juin (Regatta Notice 2013/189) avant d’être retoquée par le Jury International le 11 juillet puisque, selon ce Jury, le Directeur de Course n’a pas autorité pour modifier les règles de jauge. Trop tard pour Artemis ! Qui avait laissé entendre à ce moment-là qu’il se gardait le droit de contester la décision du Jury…

 

Autre inconnue, la position du Defender Oracle Team USA. Cette Notice 2013/207 ne concerne que la Louis Vuitton Cup. Que se passerait-il alors si Artemis devenait le challenger officiel de la 34e America’s Cup ? Serait-il déclaré hors jauge ? Dans un flou aussi épais, il va falloir régater à vue…

 

 

Les Kiwis volent !

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Les ornithologues du monde entier vont devoir retourner à leurs études. Comme l’autruche, le kiwi, oiseau emblématique de la Nouvelle-Zélande, ne vole pas. Le kiwi, oui, mais les Kiwis non !

 

Le Kiwi, oiseau sans ailes symbole de la Nouvelle-Zélande. © : DR.

 

 

Plaisanterie mise à part, la première vraie régate en AC72 a été éloquente sur l’aisance de l’AC72 néo-zélandais par rapport à son adversaire italien. Les Kiwis volent et survolent cette 8e Louis Vuitton Cup.

Team New Zealand et son équipage ont été plus performants que Luna Rossa dans tous les secteurs de la régate, ne cessant d’augmenter leur avance à tous les passages intermédiaires, de 8 secondes à la première marque, à plus de 5 minutes sur la ligne d’arrivée.

 

Dean Barker et Ray Davies, le barreur et le tacticien d’ETNZ, ont parfaitement maîtrisé et dominé la phase de départ, bloquant Chris Draper et Francesco Bruni à leur vent. Dès la ligne de départ franchie, Team New Zealand comptait plus de trois longueurs d’avance… Net et sans bavures.

 

Si ce premier match manquait rapidement de suspense, il n’en était pas moins spectaculaire à regarder. Le plus impressionnant, à mon sens, étant l’aisance de l’équipage Kiwi dans les manœuvres, notamment les empannages sans reposer les coques. Et que dire de leur approche de la porte sous le vent à 35 nœuds avec un enroulé de bouée au cordeau comme une F1 dans un virage à Monaco. A se demander s’ils ne vont pas finir par prendre des G latéraux dans les virages ! On n’avait jamais vu ça en régate…

 

Bref, avec une telle domination des Kiwis – même si les Italiens devraient progresser et réduire un peu l’écart – cette Louis Vuitton Cup se présente comme une mise en bouche avant l’America’s Cup en septembre. Les deux grandes inconnues concernent désormais Artemis et Oracle. L’équipe suédoise pourra-t-elle rivaliser avec Luna Rossa en demi-finale ? Et Oracle sera-t-il aussi à l’aise et rapide que Team New Zealand ?

Premiers éléments de réponse le 6 août pour la première question et le 7 septembre pour la seconde…

 

Aotearoa est à la fois le nom maori de la Nouvelle-Zélande et le nom de baptême du second AC72 néo-Zélandais. En Maori, Aotearoa signifie “Pays du Long Nuage Blanc”, à l’image de de la longue traînée d’écume derrière le catamaran kiwi lancé à plus de 40 noeuds… © photo : Gilles Martin-Raget / ACEA.

 

 

Jamais vu ça !

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Enfin, la 34e America’s Cup vient de débuter. Ou plutôt la 8e Louis Vuitton Cup, la série éliminatoire des challengers. Ou plutôt la non régate du premier Round Robin… Franchement, je n’avais jamais vu ça !

 

- Non, jamais vu une Coupe de l’America démarrer par une régate à un seul bateau ! De ce point de vue, c’était assez grotesque. Que les Américains changent les règles à une semaine de la compétition est une chose tout à fait contestable. Que les Italiens refusent de régater et privent des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs dans le monde de la première régate de cette Coupe de l’America révolutionnaire en est une autre.

 

- Jamais vu non plus un bateau voler à 40 nœuds avec autant d’aisance sur l’eau. En moins de deux ans, les Kiwis ont réalisé ce qu’a fait l’Hydroptère en vingt-cinq ! Pas la même époque bien sûr, pas les mêmes technologies évidemment, et pas les mêmes moyens, bien que l’Hydroptère n’en a pas manqué à certains moments. Mais cette capacité à voler et à manœuvrer est véritablement impressionnante. Vivement les premiers duels et les batailles d’empannages…

 

Team New Zealand en plein vol lors du premier Round Robin de la Louis Vuitton Cup. Un spectacle unique au monde ! © photo : Gilles Martin-Raget / ACEA.

 

 

- Jamais vu aussi un décor aussi splendide pour accueillir la Coupe de l’America. Newport est certes une jolie petite ville de la Côte Est, mais les régates se déroulaient au large, à l’extérieur de la baie. Idem pour Fremantle. Les conditions étaient parfaites, mais le décor limité. Le Golfe d’Hauraki était superbe avec le volcan Rangitoto et la SkyTower d’Auckland derrière. Quant à Valence, inutile de s’étaler sur la question, ce n’était pas son point fort. Mais tout ça n’a rien à voir avec la baie de San Francisco. Le Golden Gate Bridge, Alcatraz et le centre-ville de San Francisco avec ses rues rectilignes qui descendent en escalier vers le front de mer forment un décor majestueux, à la hauteur de ces bateaux uniques au monde.

 

- Jamais vu enfin un tel amateurisme de la part des organisateurs qui décident d’annuler la veille au soir la retransmission par satellite de cette première régate avant de changer d’avis à une heure du coup d’envoi. Sans parler de l’absence de son d’ambiance qui ne permet même pas d’entendre les bruits du bateau, des marins, ni même du vent ou de la mer. Mais peut-être est-on trop exigeant…

 

La prochaine régate est prévue samedi 13 juillet à 21h (heure française). Espérons que d’ici là, le Jury International aura réglé le litige sur les safrans entre Luna Rossa et la Direction de Course afin d’assister (enfin) au premier match de cette 34e America’s Cup.