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Monthly Archives: août 2013

La mauvaise défense du Defender

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Oracle Team USA, Defender de la 34e America’s Cup, est en pleine tourmente avec l’affaire des poids illicites sur leurs AC45 et va devoir se défendre devant le Jury International pour ne pas être sanctionné sur la Coupe de l’America qui démarre le 7 septembre.

 

Rappel des faits :

 

- Le 9 août, lors de la mesure de jauge des AC45 d’Oracle et de BAR Racing (l’équipe de Ben Ainslie dont le bateau appartient à Oracle) en vue de la Red Bull Youth America’s Cup du 1er au 4 septembre, les jaugeurs découvrent du plomb illicite à bord des deux catamarans.

 

- Dans un premier temps, Oracle Team USA se défend, par l’intermédiaire de Russell Coutts, en déclarant que ce serait l’œuvre d’une poignée de membres de l’équipe à terre qui auraient pris cette initiative seuls, sans en référer au navigant ni à la direction de l’équipe, qui n’était pas au courant de cet acte illégal. Néanmoins, Oracle décide de se retirer du classement des quatre derniers America’s Cup World Series de 2012 et 2013, soit les trois épreuves aux Etats-Unis l’an dernier (Newport et deux fois à San Francisco) et celle de cette année à Naples, et du classement final de cette deuxième saison.

 

- Viennent ensuite les échanges de déclarations entre Russell Coutts et Grant Dalton, le patron de Team New Zealand, qui accuse Oracle de tricherie. Coutts se défend en certifiant que cela n’a pas eu d’impact sur la performance des AC45. Ce à quoi répond très justement Dalton « si ça ne sert à rien, pourquoi tricher ? »

 

- Rebondissement le 21 août lorsque Paul Lewis, journaliste du New Zealand Herald, révèle qu’au moins deux navigants seraient impliqués dans la tricherie. Si c’est le cas, ce serait la fin de la carrière sportive des coupables.

 

- Une audience du Jury International est prévue mardi 27 août. Elle compte entendre les témoignages d’au moins neuf membres d’Oracle. On est désormais loin des un à trois préparateurs évoqués par Russell Coutts dix jours plus tôt !

 

- Nouvelle gaffe d’Oracle hier, le 22 août, en déposant une plainte devant le Jury contre Team New Zealand et Luna Rossa, accusés d’intrusion à bord des AC45 américains. Une plainte rapidement retirée par Tom Ehman, Directeur des Affaires Extérieures de l’America’s Cup, et vice-commodore du Golden Gate Yacht Club, détenteur de l’aiguière d’argent. Une indécision qui laisse perplexe sur l’intention réelle de porter plainte, si ce n’est pour détourner l’attention.

 

- Les rumeurs, qui justifieraient la prétendue intervention de membres des challengers kiwis et italiens sur les AC45 américains, rapportent que le plomb illégalement placé à bord ne serait que la partie émergée de l’iceberg des tricheries américaines.

 

Bref, Oracle Team USA, qui doit défendre l’aiguière d’argent à partir du 7 septembre, n’est pas dans les meilleures dispositions pour aborder cette échéance sereinement. D’autant moins si le Jury International décide de pénaliser l’équipe (Points en moins ? Disqualification ?) en vertu de la règle 69 des Règles de Course, relative à la tricherie, et de l’article 60 du Protocole de la 34e America’s Cup qui a pour objet de protéger la réputation de l’America’s Cup.

 

Conclusion, cette affaire n’a pas fini de polluer le Defender américain.

 

Et si la tricherie s’avère organisée et de grande ampleur, cela pourrait devenir le plus grand scandale de l’histoire de l’America’s Cup qui fêtait, hier, ses 162 ans d’existence !

 

 

Enfin un match !

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Que faut-il retenir du premier match entre Luna Rossa et Artemis de mardi soir ?

 

- Qu’on a assisté au premier vrai match avec un peu de bagarre, notamment au départ.

 

- Que les Italiens ont encore raté leur départ, coupant la ligne 1,5 longueur derrière Artemis

 

- que Nathan Outteridge a été le plus offensif avant le départ

 

- que l’équipage d’Artemis a complètement raté son premier empannage, beaucoup trop lent, ce qui a permis à Luna Rossa de doubler – le premier dépassement en AC72 ! – Artemis dans le premier bord de portant.

 

- Qu’Artemis a un déficit de vitesse au portant par rapport à Luna Rossa

 

- Que pour la première fois, un bateau a réduit son retard sur un bord. Dans le premier près, Artemis a réduit de 30 à 21 secondes son retard sur Luna Rossa. Grâce à une tactique différente, mais aussi une bonne vitesse au près et des manœuvres bien réalisées.

 

- Que l’équipage d’Artemis, avec seulement 8 jours de navigation sur Big Blue contre 80 jours pour Luna Rossa, ne peut rivaliser encore dans la qualité des manœuvres, notamment les empannages. Les Italiens arrivent presque à rester en vol pendant cette transition, tandis que les Suédois repassent systématiquement par une phase où les deux coques sont posées sur l’eau.

 

- Et enfin, qu’avec 1’57’’ de retard à l’arrivée, c’est le plus petit écart entre deux AC72 depuis le début de la compétition.

 

 

Au passage de la première marque, Artemis compte près de 80 mètres d’avance sur Luna Rossa. Un avantage de courte durée… © photo : Gilles Martin-Raget / ACEA.

 

Reste maintenant à Luna Rossa à améliorer ses départs et à Artemis à améliorer ses empannages et trouver le moyen de rivaliser en vitesse au portant. Un sacré challenge pour l’équipe suédoise puisqu’elle n’a que quatre jours pour corriger le tir et éviter d’être éliminée sur le score de 4-0 dès samedi soir. Mais elle a relevé un challenge bien plus difficile depuis le 9 mai dernier…