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Monthly Archives: octobre 2013

C’est qui Bob ?

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Bob Oatley et son fils Sandy sont à la tête du Challenger of Record australien de la prochaine America’s Cup, 35e du nom. Robert (son vrai prénom) Oatley est un richissime producteur de vin qui a fait fortune avec le Chardonnay Rosemount et une variété de Shiraz fort appréciée aux Etats-Unis. Avant le vin, Bob a débuté le business dans les années 60 dans l’industrie de la coco et dans les graines de café qu’il importait de Papouasie-Nouvelle Guinée pour ensuite les revendre dans le monde entier.  Un commerce si florissant qu’il fut récompensé par la Reine Elizabeth II de la Médaille de l’Empire Britannique pour sa contribution à l’économie de l’Australie. Rien de moins…

 

En voile, Bob Oatley est connu dans le monde anglo-saxon pour avoir remporté l’Admiral’s Cup et surtout quatre Sydney-Hobart consécutive avec ses célèbres super Maxi Wild Oats. Selon la presse australienne, Bob Oatley serait donc la personne la plus à même de monter un projet pour l’America’s Cup. Ça tombe bien…

 

Mark Richards, le skipper de Wild Oats XI (à gauche) et Bob Oatley lors de la victoire sur la Sydney-Hobart 2008. © photo : DR.

 

Quant à l’Hamilton Island Yacht Club, le yacht club représentant ce nouveau challenge, il suffit d’aller voir les premières photos de son site Internet et de découvrir son bâtiment ultra design et les quelques splendeurs des alentours (Hamilton Island est au pied de la Grande Barrière de Corail australienne) pour se dire qu’on irait bien faire un reportage sur place pour enquêter un peu plus profondément sur ce Challenger of Record sorti du chapeau par Oracle Team USA… Enfin, j’me comprends !

 

Le Hamilton Island Yacht Club, moderne, design et confortable… © photo : HIYC

 

 

Une vue des environs de Hamilton Island. Tout est dit… © photo : HIYC.

 

La longue attente

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Déjà onze jours que la Mini Transat aurait dû partir de Douarnenez. Pas facile de gérer une aussi longue attente. Le village a refermé ses portes. Certains coureurs sont rentrés chez eux. D’autres n’ont pas voulu, ou pas pu, comme la majorité des étrangers. L’excitation du départ est retombée. Et maintenant que l’organisation – à l’instar des records océaniques – a adopté le système des codes rouge, orange et vert pour informer de l’imminence d’un départ et vient de passer en code orange, il faut se préparer dare-dare à peut-être prendre la mer dans les 48 heures ! Et ce n’est même pas sûr… Pas simple à gérer lorsqu’il s’agit de s’élancer seul sur l’Atlantique à bord d’un monocoque de 6,50 mètres.

 

Cette situation découle du retour de la Mini Transat aux Antilles, comme à son origine, plutôt qu’au Brésil, destination des six dernières éditions. Le problème des Antilles est le risque cyclonique dont la période la plus critique s’étend d’août à octobre. Il faut donc traverser l’Atlantique au mois de novembre pour éviter au maximum ces dangereux phénomènes. Mais comme l’ont prouvé les nombreux départs de Route du Rhum, de Vendée Globe ou de Transat Jacques Vabre, partir de France en novembre augmente considérablement les risques de prendre une bonne dépression dans la poire dès le départ…

 

Heureusement, à la différence des grandes courses océaniques, la Mini Transat bénéficie d’une escale aux Canaries qui permet de couper la traversée en deux parties.

Une solution aurait été de partir de France en septembre, pour éviter les dépressions d’automne, et attendre un mois aux Canaries que les risques cycloniques soient passés.

Une situation déjà vécue par la Mini Transat dans les années 90. Mais les anciens se rappellent qu’attendre un mois aux Canaries coûte cher et casse le rythme.

 

La solution intermédiaire de partir mi-octobre adoptée par les organisateurs cette année offre a priori le meilleur compromis entre éviter les cyclones et ne pas rester trop longtemps en escale aux Canaries. Mais, pas de chance, une dépression a planté sa tente au large de nos côtes depuis deux semaines…

 

 

 

Allez, courage les gars, elle va bien finir par partir !

 

Tout et son contraire*

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Tout, c’est Franck Cammas qui continue sa moisson de trophées. Deux semaines après avoir remporté la Petite Coupe de l’America, le skipper de Groupama s’est imposé avec Sophie de Turckheim sur la SOF à La Rochelle en Nacra 17 – encore un petit catamaran avec des dérives-foils !

 

 

Quel que soit le support, à la fin, c’est Franck Cammas qui gagne… © photo : Groupama.

 

 

Notre Franck national est tout simplement hallucinant ! Petite Coupe de l’America oblige, il n’a pas pu s’entraîner énormément en Nacra 17 ces derniers mois. Pas grave, il a progressé tout au long de la Semaine Olympique Française pour finalement l’emporter sur le fil lors de la dernière course, la Medal Race. En Angleterre, on l’appellerait déjà Sir Franck Cammas !

 

Son contraire, c’est malheureusement Jean-Pierre Dick et Roland Jourdain, dont le chavirage au large de Belle-Ile tourne en boucle sur Internet (ici sur notre site). Les deux hommes ont renoncé à participer à la Transat Jacques Vabre. Leur MOD 70 est trop abîmé, et JP s’est blessé au dos dans le chavirage. Ils ne seront du coup plus que deux MOD 70 au départ (Oman Air et Gitana) sur six trimarans construits. C’est triste…

 

Autre contraire, le départ de la Mini Transat reportée de jour en jour au point d’imaginer de scinder la première étape en deux parties avec une escale à Gijon avant de rejoindre Lanzarote. Bien que tout le monde comprenne la décision des organisateurs, les départs reportés ne sont jamais une bonne pub pour la voile. Surtout lorsqu’il fait un temps superbe à Douarnenez le jour du départ… Pas simple à expliquer au grand public.

 

* Titre emprunté à l’excellente rubrique de Philippe Vandel sur France Info.

 

Merci Stan !

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Sans Stan Honey, Directeur Technologique de la 34e America’s Cup, celle-ci n’aurait certainement pas connu un tel succès. C’est lui qui a vulgarisé cette 34e édition avec des incrustations qui ont permis au plus grand nombre de mieux comprendre les subtilités de la voile.

 

 

Un des exemples d’incrustations réalisées par LiveLine, le système créé par Stan Honey. © photo : DR.

 

 

Pour les fans de football américain, Stan Honey, est celui qui a inventé au milieu des années 90 la fameuse ligne jaune des 10 yards qui se déplace à chaque nouveau temps de jeu pour indiquer la distance à parcourir.

 

Pour les fans de voile, Stan Honey est un navigateur émérite qui a remporté le Trophée Jules Verne en 2010 à bord de Groupama 3. C’est d’ailleurs à bord du trimaran de Franck Cammas, pendant leur tour du monde record, que Stan a reçu un email de sa femme lui indiquant que Larry Ellison parlait de lui dans la presse. Le patron d’Oracle venait tout juste de battre Alinghi lors de la 33e America’s Cup et répondait à la question d’un journaliste lui demandant ce qu’il comptait faire désormais d’un point de vue télévisuelle avec la Coupe de l’America. Réponse de Larry : « Je vais recontacter un vieil ami navigateur, Stan Honey, et lui demander de mettre des lignes jaunes sur la mer ! » Les deux hommes avaient navigué ensemble en 1995 sur Sayonara, l’un des Maxis de Larry Ellison.

 

Le résultat est bien plus impressionnant que de simples lignes jaunes ! LiveLine, le système créé par Stan, ne s’est pas contenté de quadriller le plan d’eau. Le sillage et la vitesse des bateaux étaient incrustés dans l’image, tout comme de nombreuses autres informations, dont l’une des plus intéressantes étaient la traînée de l’aile matérialisée par des petites bulles bleues pour montrer la zone de vent perturbée par le bateau leader ou celui au vent. Parfait pour expliquer au grand public cette zone déventée. Une vraie réussite, récompensée par deux Emmy Winner for Technical Innovations in Sports TV Broadcast.

 

Pour Stan Honey, qui a également travaillé pour le baseball ou le championnat de Nascar, la technologie mise au point pour la Coupe de l’America est de loin la plus compliquée qu’il ait réalisée. Alors vraiment Stan, un grand merci…

 

Stan Honey, 58 ans, diplômé de Yale, élu Rolex Yachtsman of The Year 2010, et créateur de LiveLine, le système qui a permis de rendre l’America’s Cup compréhensible du plus grand nombre. © photo : Gilles Martin-Raget.

 

Et maintenant la grande !

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Large vainqueur de la Petite Coupe de l’America ce week-end, Franck Cammas vise désormais la grande… la vraie !

 

Et comme tout ce qu’il touche se transforme en or, on peut rêver de voir la France, non seulement participer, mais enfin rivaliser avec les meilleurs syndicats de la Coupe de l’America. A condition de trouver le budget !

 

Franck Cammas et Louis Viat à bord de Groupama C en vol vers une victoire écrasante dans la Petite Coupe de l’America. © photo : Yvan Zedda / Groupama.

 

Oublions un instant le début de carrière de Franck, entre 1997 et 2009, où il a notamment remporté tour à tour la Solitaire du Figaro, trois Transat Jacques Vabre, 35 Grand Prix Orma et six titres de Champion du Monde Orma à une époque où ce titre avait un sens – il y avait entre 10 et 20 trimarans sur les lignes de départ !

 

Et concentrons-nous sur les trois dernières années, depuis 2010. Cette année-là, Franck a juste décroché un nouveau record du Trophée Jules Verne et remporté sur le même maxi-trimaran la Route du Rhum avec un mât plus court et un petit vélo pour border ses voiles !

 

Dans la foulée, il lance le premier grand projet de participation française à la Volvo Ocean Race depuis l’échec de La Poste en 1993. Objectif : apprendre d’une première participation pour gagner la suivante. Ce ne sera pas nécessaire. La première fut la bonne ! Un triomphe planétaire dans l’épreuve favorite des Anglo-Saxons…

 

Il commence à penser, à rêver et même à évoquer la Coupe de l’America. Mais crise oblige, Groupama, son fidèle sponsor depuis 1998, est obligé de réduire la voilure. Pas grave, Franck va faire autre chose en attendant d’assouvir sa soif de conquête.

 

En 2013, Franck se contentera d’un titre de Champion de France de match-racing (objectif America, n’oubliez pas), de la victoire sur le Tour de France à la Voile dès sa première participation (objectif maintenir un équipage au haut niveau) et donc ce week-end du titre de Champion du Monde de Class C sur des petits catamarans à aile rigide (toujours l’America en ligne de mire !)

 

Bref, il a tout gagné ces trois dernières années…

 

Reste une question en suspend maintenant que la 35e édition de la Coupe de l’America est son prochain challenge, comment combiner cet objectif avec une préparation olympique en Nacra 17 ? Deux projets à temps plein !

 

Franck tranchera certainement en fonction du résultat de la recherche de budget pour la Coupe. Et de ce côté-là, le plus dur commence…