La semaine dernière, les design team des différents challengers potentiels ont reçu le draft de la jauge des futurs catamarans à aile rigide de la 35e America’s Cup.

 

Ce draft (littéralement avant-projet en anglais) leur a été envoyé avant d’être rendu public afin d’avoir un dernier retour de leur part et, éventuellement, apporter des dernières retouches à la future jauge.

 

Pas de surprise par rapport aux rares révélations lâchées par Russell Coutts dans la presse et aux rumeurs qui bruissaient autour des futurs bateaux de la Coupe de l’America.

 

Comme déjà indiqué dans ce blog, les catamarans ne mesureront plus que 62 pieds au lieu de 72 lors de la dernière édition à San Francisco l’été dernier et ne seront plus menés que par huit équipiers au lieu de onze auparavant – une façon de réduire un peu les coûts. La jauge est si restrictive que les plateformes devraient se ressembler comme deux gouttes d’eau, contrairement à la grande liberté laissée sur les AC72 avec des géométries radicalement différentes à l’instar d’ Oracle Team USA et de Team New Zealand.

 

En revanche, les ailes – qui passent de 40 à 30 mètres – ne seront pas monotypes au sens strict du terme. Il n’y aura pas un fabricant pour tous. Une solution inenvisageable pour des questions d’assurance et de respect de ladite monotypie. En revanche, ses dimensions et caractéristiques seront obligatoires. Ce qui revient à une quasi monotypie. La seule liberté concerne donc sa structure et ses réglages.

 

Par conséquent, les foils restent le dernier grand champ d’exploration sur lequel les design team vont pouvoir se creuser les méninges (ou continuer à le faire pour ceux qui n’ont pas vraiment arrêté depuis la dernière Coupe). Si le réglage d’incidence des foils ne sera pas totalement automatisé, il le sera quand même en partie afin d’éviter d’avoir à contourner cette règle comme a pu le faire Oracle avec son mechanical feedback révélé dans le numéro 513 de novembre dernier de Voiles et Voiliers.

 

Enfin, pour que l’équipage puisse manœuvrer de tels engins à seulement huit équipiers (avec qui plus est un poids moyen par équipier en baisse par rapport à la jauge précédente), des accumulateurs seront autorisés à bord afin de stocker de l’énergie et d’éviter à l’équipage de passer son temps à mouliner pour charger les systèmes hydrauliques.

 

Conclusion : cette nouvelle jauge très restrictive devrait donner des bateaux très similaires, visuellement comme en performances. La réduction de la taille des ailes de 40 à 30 mètres devraient redonner de l’importance aux voiles d’avant, et donc aux manœuvres de l’équipage. Comme Russell Coutts l’avait annoncé, il souhaite que ce soit l’équipage qui fasse plus la différence que l’architecture du bateau.