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Monthly Archives: mars 2015

Une Coupe au rabais ?

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Dans leur blog toujours très documenté (à lire ici) sur la Coupe de l’America, François Chevalier et Jacques Taglang, véritables historiens de l’aiguière d’argent, se demandent où s’arrêtera la dégringolade. L’annonce de la réduction des coûts en changeant de support pour passer des ex-futurs AC62 aux futurs ex-AC45 a de quoi surprendre les passionnés de la Coupe.

 

Il est vrai qu’hormis le petit catamaran à aile Stars & Stripes de 60 pieds barré par Dennis Conner en 1988 lors du Mismatch, les voiliers de la Coupe de l’America n’ont jamais mesuré moins de 63 pieds. C’était l’époque des fameux 12 Mètre JI de 1958 à 1987. Les Class America mesuraient 25 mètres de long et les Class J plus de 30 mètres. Au début du XXe Siècle, les plus grands voiliers de la Coupe de l’America mesurait jusqu’à plus de 40 mètres de long !

 

C’est aussi ça qui rend cette épreuve exceptionnelle… La majesté, et le caractère unique des voiliers qui tentent de remporter le vieux pichet d’argent.

 

Avec les AC45, la Coupe de l’America se disputera pour la première fois sur des bateaux aussi petits. Moins de 14 mètres de long !

 

D’où cette illustration de François Chevalier qui se demande jusqu’où ira la Coupe… et de suggérer ironiquement qu’elle se dispute un jour en Moth à foils !

 

 © François Chevalier

 

Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

 

 

La Barcelona quoi ?

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C’est dans l’indifférence quasi générale que se terminera demain la troisième Barcelona World Race avec la victoire – annoncée depuis plus de deux mois ! – de Bernard Stamm et Jean Le Cam sur Cheminées Poujoulat. Les organisateurs de la course et la classe IMOCA ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes. Comment expliquer un tel fiasco ?

 

1) Le calendrier : tout le monde sait que le Vendée Globe est la plus grande course du circuit IMOCA. Pas de débat là-dessus ! Et donc que les skippers établissent leur calendrier en fonction de cet Everest de la voile. Résultat : aucun bateau neuf au départ de la Barcelona World Race cette année– trop marginal le monocoque de Nandor Fa n’est pas compté. Les nouveaux bateaux commencent à être mis à l’eau ce printemps.

Vouloir alterner les années paires avec le Vendée Globe est donc une fausse bonne idée. Car il ne peut pas y avoir de nouveaux bateaux au départ ! Ce qui est forcément une source d’intérêt pour les médias… Mieux vaudrait disputer la Barcelona l’hiver précédent le Vendée Globe, comme ce fut le cas de la première édition en 2007-2008. Sur les neuf bateaux au départ cette année-là, sept disputaient le Vendée Globe un an plus tard. Un excellent moyen finalement de se préparer au Vendée ? Et pour la Barcelona d’avoir un plateau relevé de nouveaux bateaux…

 

2) Peu de vrais sponsors : autre conséquence du calendrier, la Barcelona n’attire pas les sponsors – notamment français – qui préfèrent mettre le paquet sur la Route du Rhum deux mois plus tôt. Sur les huit bateaux au départ, deux seulement sont véritablement sponsorisés par des partenaires durables : Cheminées Poujoulat et Hugo Boss. Les autres sont des sponsors ponctuels trouvés par l’organisateur pour aider des skippers et aligner au moins huit bateaux au départ. GAES, Neutrogena, Renault et We Are Water étaient déjà partenaires de concurrents en 2011-2012, mais sans continuité entre les deux éditions. Cette année, on peut ajouter Pharmaton, et cela fait cinq bateaux sur huit avec des sponsors éphémères.

 

3) Pas de suspense : cette année, l’intérêt de la course s’est réduit à néant avec l’abandon d’Hugo Boss au Brésil après moins de 15 jours de course. Mais pas sûr que le suspense aurait été plus intense sans cet abandon tant la différence de potentiel entre les bateaux étaient immense sur cette 3e édition. Le bateau d’Alex Thomson était le seul de dernière génération. Il s’agit de l’ex-Virbac Papre 3 (plan VPLP/Verdier 2010) vainqueur de la 2e édition avec le duo Jean-Pierre Dick/Loïck Peyron. Son principal rival, Cheminées Poujoulat est un plan Farr 2007 (l’ex-Foncia vainqueur du Vendée Globe 2008-2009 avec Michel Desjoyeaux). Quatre autres monocoques sont de la même génération 2007 et auraient pu offrir une certaine concurrence à Cheminées Poujoulat : on retrouve trois plans Farr, GAES (exGitana Eighty), Neutrogena (exEstrella Damm) et We Are Water (ex-Paprec Virbac 2) et un plan Finot-Conq, Renault Captur (ex-Brit Air). Mais les équipages de ces quatre bateaux n’avaient ni l’expérience ni le talent du tandem Bernard Stamm/Jean Le Cam pour pouvoir rivaliser avec les deux vieux loups de mer.

 

Le seul point positif dont peuvent se réjouir conjointement les organisateurs espagnols et la classe IMOCA est le très faible taux d’abandon sur la course. Un seul sur huit concurrents au départ. Merci aux escales techniques autorisées qui ont permis d’éviter trois abandons supplémentaires. Ce qui aurait porté le taux à 50%, l’équivalent du Vendée Globe

 

Difficile semaine !

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Il n’est jamais facile d’écrire après une disparition aussi soudaine et tragique. La mort de Florence Arthaud nous renvoie à la fois les merveilleuses pages qu’elle a écrites dans l’histoire de la course au large et la violence avec laquelle une vie peut être arrachée.

 

Beaucoup de choses viennent d’être écrites ces derniers jours sur Florence, ainsi que sur Camille Muffat et Alexis Vastine, les deux autres grands champions disparus dans l’accident d’hélicoptère. Mais je m’étonne que les cinq autres victimes françaises, les journalistes, cameramen et réalisateurs de la production, n’aient reçu aucun hommage. A peine quelques lignes dans la presse, et encore…

 

Pourtant, eux aussi ont perdu la vie et elles ne valaient pas moins que celles des trois autres. L’émotion n’est pas la même car ils n’étaient pas connus, n’ont pas suscité de grandes émotions collectives comme les sportifs peuvent le faire grâce à leurs exploits. Mais leurs familles et leurs amis sont tout aussi endeuillés. Sans oublier les deux pilotes argentins dont seule l’enquête pourra déterminer leurs responsabilités ou non dans cet accident. C’est donc aux sept autres victimes, Lucie Mei-Dalby, Brice Guilbert (32 ans), Volodia Guinard (36 ans), Laurent Sbasnik (40 ans), Edouard Gilles (61 ans) et les pilotes Juan Carlos Castillo et Cesar Roberto, très peu mentionnés dans les médias, que je veux dédier ce post.

 

Cette semaine, je pensais d’abord écrire un post sur le rapport réalisé et publié par une entité indépendante sur l’échouement de Team Vestas Wind dans la 2e étape de la Volvo Ocean Race. Un rapport complet de 77 pages qui tente de ménager mais est bien obligé de pointer les erreurs commises par l’équipage. Et notamment celles du navigateur Wouter Verbraak et du skipper Chris Nicholson, qui était de quart au moment de l’échouement, dans leur préparation de cette étape puis dans la gestion sur l’eau de la navigation aux abords de ces récifs que les deux hommes prenaient pour des hauts-fonds. Moi qui ai régulièrement critiqué dans ce blog le verrouillage de la communication de l’organisation de la Volvo Ocean Race, je tenais à souligner cette fois-ci leur transparence appréciable dans le résultat de cette enquête.

 

Je voulais aussi revenir sur l’affaire Dean Barker qui secoue toute la Nouvelle-Zélande. Débarqué de son double rôle de barreur et directeur sportif, Deano a refusé l’offre du board de TNZ de devenir coach du team et responsable de la performance. Glenn Ashby, régleur de l’aile, devient le nouveau directeur sportif tandis que le jeune et ultra talentueux Peter Burling prend la barre des différents bateaux kiwis. Une chose est sûre : l’expérience de Dean Barker devrait intéresser d’autres syndicats qui préparent la 35e America’s Cup. Reste à savoir chez qui pourrait rebondir le barreur qui a disputé quatre finales de la Coupe (pour une seule victoire en 2000)…

 

On aurait pu aussi parler du cyclone Pam dont les vents de plus de 100 nœuds menacent la Nouvelle-Zélande et ont obligé le report de la 5e étape de la Volvo Ocean Race, entre Auckland et Itajai (Brésil) de dimanche à mardi ou mercredi. Dans L’Equipe de ce vendredi, sous la plume d’Anouk Corge, Pascal Bidégorry plaisante à propos de ce cyclone : « Dimanche, ça ressemble à la fin du monde mais lundi c’est sûr, c’est la fin du monde ! »

 

Malheureusement, en Argentine, lundi dernier, c’était vraiment la fin du monde pour dix personnes.

 

Dongfeng loin devant !

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Après quatre étapes (avec quatre vainqueurs différents), la hiérarchie prend forme sur la Volvo Ocean Race. Dongfeng Race Team et Abu Dhabi Ocean Racing (ADOR) se détachent seuls en tête avec huit points chacun (sachant qu’une victoire rapporte 1 point, la 2e place 2, etc.). Ils comptent six points d’avance sur Team Brunel et huit sur le duo Team Alvimedica et Mapfre.

 

Mais quel serait le classement provisoire si la Volvo Ocean Race se disputait encore au temps, ce qui était le cas de son ancêtre la Whitbread ?

 

L’équipe franco-chinoise de Charles Caudrelier serait seule en tête avec 5h30 d’avance sur Abu Dhabi Ocean Racing et 12h29 sur Team Brunel ! Quant aux filles de Team SCA, elles auraient 4 jours et 6 heures de retard…

Lorsqu’ils ne gagnent pas une étape (comme la 3e), Caudrelier et ses boys terminent à quelques minutes du vainqueur. 2e au Cap avec seulement 12 minutes de retard sur ADOR. 2e à Abu Dhabi 16 minutes derrière Team Brunel. Et 3e à Auckland avec un écart encore plus mince… 8 minutes de retard sur le vainqueur Mapfre, et à 4 minute du deuxième ADOR. Bref, une régularité de métronome !

 

Espérons qu’à l’arrivée à Göteborg fin juin il en soit encore ainsi et que le classement au point reflète également cette belle régularité de l’équipe franco-chinoise.